• Yanik Comeau

8 avril

Mis à jour : avr. 23

Le 8 avril s'avère une journée 100% masculine dans nos éphémérides du théâtre québécois. Voyez ce que l'on veut dire par là en lisant plus bas !


1961: Naissance de Patrice Coquereau


Né à Québec et formé en théâtre d'abord à l'Université d'Ottawa puis à l'École Nationale de Théâtre, Patrice Coquereau s'est surtout fait connaître du public de la télé par son rôle de Lewis, le barman, dans Le Coeur a ses raisons et pour son rôle dans Rumeurs, la première télésérie comique d'Isabelle Langlois. Il roulait déjà sa bosse au théâtre, travaillant beaucoup avec Denise Filiatrault (Les Fridolinades de Gratien Gélinas, Les Palmes de M. Schutz de Jean-Noël Fenwick, Picasso au Lapin d'argile de Charles D. Schmendiman, Le Bourgeois gentilhomme de Molière et plus récemment dans Le Repas des fauves de Vahé Katcha) et René Richard Cyr (L'Éveil du printemps de Wedekind, Un Simple Soldat de Marcel Dubé, Rhinocéros d'Ionesco et Le Misanthrope de Molière) et plongeant dans des créations avec Les Éternels Pigistes, compagnie dont il participe à la fondation (Quelques humains, Le Rire de la mer). Il sera aussi des créations de La Contre-Nature de Chrysippe Tanguay, écologiste de Michel Marc Bouchard avant même d'entrer à l'École Nationale, participera à la création de Donut de Jean-François Caron en 1986 et aux créations de deux pièces de Geneviève Billette, Crime contre l'humanité (1980) et Le Goûteur (1982), des productions du Théâtre PàP mises en scène de Claude Poissant. En 1987, il sera également le premier Claude dans Le Vrai Monde? de Michel Tremblay quand André Brassard créera la pièce au Centre National des Arts à Ottawa et au Théâtre du Rideau Vert à Montréal. Encore plus récemment, on a pu le voir sur scène dans Candide ou L'Optimisme de Pierre Yves Lemieux selon Voltaire au TNM dans une mise en scène d'Alice Ronfard et dans Le Malade imaginaire de Molière dans une mise en scène de Michel Monty, pièce dans laquelle il avait déjà joué Thomas Diafoirus fils dirigé par Carl Béchard et dans laquelle il jouait maintenant Diafoirus père. Bonne fête, Patrice !


1983: Création de Les Gars de Jean Barbeau dans une mise en scène de Claude Maher au Théâtre Port-Royal de la Place des Arts, une production de la Compagnie Jean Duceppe (Montréal)


Un grand succès à la Compagnie Jean Duceppe avant d'être présentée en tournée et en théâtre d'été, cette pièce de Jean Barbeau mettait en vedette Michel Dumont, Claude Michaud, Paul Savoie et Esther Lewis à sa création. À la reprise pour la tournée, Vincent Bilodeau remplaçait Michel Dumont et Dominique Guay remplaçait Esther Lewis, comme on peut le voir sur cette affiche tirée des archives de BAnQ.



1987: Création de Le Printemps, monsieur Deslauriers de René-Daniel Dubois dans une mise en scène de Daniel Roussel au Théâtre Port-Royal de la Place des Arts, une production de la Compagnie Jean Duceppe (Montréal)


Après le succès phénoménal de Being at Home with Claude, tout le monde s'arrachait René-Daniel Dubois et Jean Duceppe est tombé sous le charme de sa fresque familiale Le Printemps, monsieur Deslauriers que Dubois avait d'abord baptisée Moi, j'rêvais d'Watertown. Lorsqu'est arrivé le printemps 1987, le titre avait changé. La distribution colossale jouait sur une reproduction de patinoire d'aréna. On y retrouvait Gérard Poirier, Robert Lalonde, Patricia Nolin, Mireille Thibault, Jean-Louis Millette, Louise Saint-Pierre, Raymond Legault, Guy Nadon, Marc Béland et Jean-François Blanchard. Un souvenir impérissable!


1994: Décès de François Rozet



Né à Villars-les-Dombes en France en 1899, le comédien François Rozet connaît déjà une carrière impressionnante sur scène en France avant de venir s'établir à Montréal. Il joue Corneille et Racine, tout particulièrement à L'Odéon où il passe 7 des 20 ans de sa carrière parisienne aux côtés des Dullin, Copeau et même Sarah Bernhardt. Puis, pendant une tournée en Amérique du Sud pour la propagande française, comme nous l'explique Michel Vaïs dans le Dictionnaire des artistes du théâtre québécois, il est invité à venir à Montréal pour jouer à L'Arcade où il donnera 13 représentations par semaine d'une nouvelle pièce chaque semaine. Par la suite, il jouera sur toutes les scènes: le Théâtre du Nouveau Monde, la Nouvelle Compagnie Théâtre, le Théâtre du Rideau Vert excellant dans les classiques, bien sûr, Racine, Marivaux, Rostand, Shakespeare mais également des auteurs plus contemporains comme Claudel, Montherlant, Ionesco et Guitry (il donnera 100 représentations de Mon père avait raison au TNM!). Quand Jean-Louis Roux le dirige dans le solo de Beckett, La dernière bande, c'est le triomphe en 1969. Il sera aussi un grand pédagogue et plusieurs de nos grands comédiens le citaient comme un incontournable dans leur formation: Hélène Loiselle, Gilles Pelletier, Denise Pelletier, Gilles Latulippe, Yvon Deschamps... En 1971, il était nommé officier de l'Ordre du Canada et vingt ans plus tard, l'Association québécoise des critiques de théâtre lui remettait son prix Hommage. Il avait 95 ans au moment de son décès.

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