• Yanik Comeau

2 août

Théâtralités souligne des naissances aujourd'hui dans les éphémérides du théâtre québécois. Que le rideau se lève!


1839: Naissance d’Alphonse Victor Brazeau


C'est à Saint-Antoine-de-Verchères que le comédien, dramaturge, régisseur et journaliste Alphonse Victor Brazeau voit le jour. Selon la regrettée Renée Noiseux-Gurik dans le Dictionnaire des artistes du théâtre québécois, Brazeau était là dès les premiers balbutiements du théâtre québécois. Il a débuté comme comédien amateur au Théâtre Royal où il a interprété Cléante dans L'Avare de Molière avant de joindre une troupe de tournée professionnelle, Salle Bonaventure, pour jouer un rôle féminin dans Le Roman d'un jeune homme pauvre d'Octave Feuillet. Ainsi, il devenait le premier comédien professionnel de notre histoire. Plus tard, il a été de la création des pièces Papineau et L'Exilé de Louis Fréchette, jouant encore une femme dans cette dernière. À sa mort, nous raconte toujours Renée Noiseux-Gurik, le journal Le Passe-Temps écrit: «Il fut une de nos rares gloires théâtrales nationales.» Il avait 58 ans quand il est décédé à Montréal le 1er janvier 1898.


1914 : Naissance de Félix Leclerc

Surtout connu comme auteur-compositeur-interprète, poète et écrivain, Félix Leclerc se mérite néanmoins une belle place dans l'histoire du théâtre québécois grâce à ses pièces Le P'tit Bonheur (douze saynètes), Sonnez les matines, L'Auberge des morts subites et Qui est le père? qui ont toutes été produites professionnellement et reprises par plusieurs compagnies, professionnelles et amateures par la suite. Lors de la création de Sonnez les matines par le Théâtre du Rideau Vert au Monument National en 1956, c'est l'auteur lui-même qui signe la mise en scène. Elle sera reprise trois ans plus tard dans une nouvelle mise en scène d'Yvette Brind'Amour et en 1978 dans une mise en scène de Janine Sutto. Sa pièce L'Auberge des Morts Subites sera mise en scène par Yves Massicotte au Gesù en 1956 et c'est le même metteur en scène qui créera sa pièce Qui est le père? sur l'Île d'Orléans en 1973. Cette pièce est une allégorie sur la paternité de la nation québécoise, une oeuvre qui témoigne de l'engagement de Leclerc pour la souveraineté du Québec et la défense de la langue française. Félix Leclerc a aussi joué mais surtout à la radio dans des séries comme Rue principale, Vie de famille et Un Homme et son péché. Il écrira aussi des scénarios pour Radi0-Canada. Rapidement après son décès en 1988 à l'âge de 74 ans à Saint-Pierre de l'Île d'Orléans, plusieurs écoles, bibliothèques, rues sont baptisées ou rebaptisées Félix Leclerc. L'Autoroute 40 est aussi renommée en son honneur. Bien que son théâtre n'ait peut-être pas aussi bien vieilli que sa poésie et ses chansons, on ne peut nier sa contribution à notre dramaturgie. En 2019, les soeurs Gabrielle et Véronique Côté incluaient la poésie de ce natif de La Tuque dans leur spectacle Je me soulève, un collage de textes d'une trentaine de poètes québécois, présenté dans le cadre de la saison 2018-2019 du Théâtre du Trident.


1942: Naissance de Pierre Régimbald

Né à Montréal, Pierre Régimbald était un des marionnettistes et créateurs de marionnettes les plus connus du Québec. Pierre Régimbald a commencé dans la marionnette alors qu'il a été recruté comme animateur et marionnettiste par Le Vagabond, un théâtre ambulant qui se produisait dans les parcs de Montréal un peu comme La Roulotte. En 1964, il fonde Les Marionnettes Pierre Régimbald-Nicole Lapointe avec sa partenaire qui demeurera sa complice tout au long de leurs carrières. De 1964 à 1968, ils créeront des spectacles originaux qu'ils présenteront au Théâtre de la Place Ville-Marie, en tournée dans les écoles, dans les grands magasins et au Théâtre L'Estoc. De 1968 à 1977, ils s'associeront au Rideau Vert qui a l'habitude de présenter des spectacles pour enfants en matinée les fins de semaine. Regimbald et Lapointe y proposeront des adaptations de Pinocchio, Barbe-Bleue, Le Chat botté et des spectacles originaux comme Le Chapeau magique. Dans ces productions, des comédiens interviennent souvent en interaction avec les marionnettes à l'instar des Bobino, Sesame Street... À partir de 1970, le duo commence une fructueuse collaboration avec la télévision de Radio-Canada, proposant des marionnettes pour Les Histoires de Fanfreluche puis manipulant les vedettes de la série jeunesse Nic et Pic de 1972 à 1977. C'est alors qu'on leur confie la conception et la manipulation de la vingtaine de marionnettes qui représenteront l'univers familial et son environnement dans la série éducative Passe-Partout qui sera produite par le Ministère de l'Éducation et diffusée à Radio-Québec (175 épisodes, de 1977-1979 et 1983-1984). Après Passe-Partout, Pierre Régimbald créera La Très Belle Histoire de Noël avec Claude Lafortune en 2001. Le 22 juillet 2004, il est brutalement assassiné dans son appartement par un jeune homme troublé qui sortait de détention et avec lequel Pierre avait une relation de mentor ou de père adoptif mais qui a pris 12 ans avant d'avouer son crime pendant son deuxième procès après deux appels. Ce meurtre avait envoyé une onde de choc à travers le milieu culturel. Après son assassinat, le Théâtre Sans Fil a baptisé son atelier de production de la caserne Letourneux la Salle Pierre-Régimbald.


1972 : Naissance de Martin Labrecque

Photo: Patrick Rochon


Né à Montréal et formé à l'Option-Théâtre du Cégep Lionel-Groulx ainsi qu'au Broadway Lighting Master Class de New York, Martin Labrecque est un des concepteurs d’éclairages les plus doués et les plus réputés de sa génération. Artiste polyvalent, il passe du théâtre au cirque et à la danse avec une égale aisance et un égal bonheur. Primé à quatre reprises au Gala des Masques pour L’Homme en lambeaux de Mikhaïl Ougarov avec le Théâtre de l'Opsis (2001), Everybody’s Welles pour tous de Patrice Dubois (Production Montréal 2004, sur laquelle il collabore à la mise en scène avec l'auteur), Le Peintre des Madones de Michel Marc Bouchard à Espace GO (2004) et Hosanna de Michel Tremblay au TNM (2006), Martin Labrecque a signé plus de cent cinquante conceptions d’éclairages. Developpant des collaborations régulières avec plusieurs de nos plus grands metteurs en scène qui lui sont fidèles depuis des années, il a travaillé avec Alexis Martin (L’Iliade au TNM, Grid, Tavernes et Hitler au Nouveau Théâtre Expérimental), Claude Poissant (Unity, Mil neuf cent dix-huit, Abraham Lincoln va au théâtre avec le PàP, La Fausse Suivante de Marivaux au TNM, Art de Yasmina Reza au Rideau Vert), Martine Beaulne (Blue Heart de Caryl Churchil, Toutefemme de Peter Kárpáti, Marina, le dernier rose aux joues de Michèle Magny au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui), René Richard Cyr (Amadeus, Belles-Soeurs - Musical, 24 poses (portraits...), Michel Monty (La Société des loisirs de François Archambault, Exodus), Luce Pelletier (Oreste d'Euripide, Meurtres hors champ d'Eugène Durif, Monsieur Smytchkov de Pierre-Yves Lemieux, Comment j'ai appris à conduire de Paula Vogel...) et Carl Béchard (Le Malade imaginaire de Molière et Et Vian! dans la gueule au TNM), entre autres. Mais en plus de parfois signer des éclairages pour la même pièce à quelques années d'intervalle avec des metteurs en scène différents (Un Tramway nommé Désir de Tennessee Williams au TNM avec René Richard Cyr et à Espace Go avec Serge Denoncourt), c'est avec Denoncourt qu’il travaille le plus régulièrement, signant plus d’une trentaine d'éclairages dont un grand nombre de créations: Je suis une mouette (non, ce n’est pas ça) que Denoncourt écrit à partir de Tchekhov, Fragments de mensonges inutiles de Michel Tremblay chez Duceppe, Christine, la reine-garçon, La Divine Illusion et La Nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé, toutes de Michel Marc Bouchard, toutes au TNM, pour n’en nommer que quelques-unes. En danse, il travaille avec Estelle Clareton (Puzzle danse, Furies delta 4/24...), Ginette Laurin d'O’Vertigo (La chambre blanche et Onde de choc) et Manon Oligny. Il travaille aussi sur d'énormes spectacles comme les créations du Cirque du Soleil Kooza, Corteo et Michael Jackson: The Immortel Tour que met en scène Jamie King. Pour le Cirque Éloize, il illumine Nomade et Rain (nomination Drama Desk Awards, 2006). Il travaille aussi sur Paradis perdu de Dominic Champagne et sur Mutantès de Pierre Lapointe pour lequel il reçoit le Félix de concepteur d’éclairage de l’année en 2009. C'est aussi en 2009 qu'il collabore avec Wajdi Mouawad pour la première fois lors de la présentation du Sang des promesses dans la Cour d’honneur du Palais des papes au Festival d’Avignon. Mouawad deviendra un autre metteur en scène fidèle à Martin Labrecque! Il créera les éclairages de la trilogie Littoral, Incendies et Forêts. Toute une carrière qui ne semble pas vouloir ralentir. Bonne fête, Martin!

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