• Yanik Comeau

16 avril

Théâtralités souhaite un très joyeux anniversaire au metteur en scène Serge Denoncourt dans ses éphémérides du théâtre québécois.


1962 : Naissance de Serge Denoncourt



Né à Shawinigan et formé en interprétation au Cégep Lionel-Groulx entouré de Pierre Yves Lemieux, Luce Pelletier et Annick Bergeron avec qui il créera le Théâtre de l'Opsis, Serge Denoncourt a joué, bien sûr, entre autres dans Harold et Maude auprès de Janine Sutto au Théâtre Denise-Pelletier et dans Névrose à la carte de Christopher Durang auprès de Luce Guilbeault, Germain Houde et Jean-Pierre Bergeron qui l'avait dirigé dans Le Théâtre de la Maintenance de Jean Barbeau à la NCT. Il s'est cependant rapidement imposé comme un des metteurs en scène les plus audacieux de la nouvelle génération. C'est d'abord avec de fines comédies amusantes de Pierre Yves Lemieux, Rosemary's Boutchoux ou Un Cadavre à l'entracte et En attendant bébé dans un théâtre d'été de l'Estrie qu'il se fait la main avant d'attirer l'attention des critiques et du public avec son Il Campiello de Goldoni pour l'Opsis et presque toutes les premières mises en scène de la compagnie (À Propos de Roméo et Juliette, des productions du Cycle Tchekhov dont sa célèbre Je suis une mouette (non ce n'est pas ça) et du Cycle Oreste dont Oreste: The Reality Show) tout en multipliant les mises en scène dans tous les grands théâtres où il monte Tennessee Williams (Rien à voir avec les rossignols pour Duceppe, Un Tramway nommé désir pour le Rideau Vert), Botho Strauss (Le Temps et la Chambre au TNM), Bertholt Brecht (Le Cercle de craie caucasien pour Le Trident), Christopher Hampton (Les Liaisons dangereuses pour Duceppe), Arthur Miller (Ils étaient tous mes fils pour Duceppe, Mort d'un commis-voyageur pour le Rideau Vert), Sophocle (Électre à Espace Go) et bon nombre de créations de Michel Tremblay (L'Oratorio de Noël, Fragments de mensonges inutiles et Messe solennelle pour une pleine lune d'été pour Duceppe en plus d'un Hosanna mémorable pour le TNM). Sa complicité avec Michel Marc Bouchard est aussi légendaire et depuis quelques années, il monte presque toutes les premières productions québécoises de ses pièces: Le Chemin des Passes-Dangereuses chez Duceppe, Le Peintre des Madones pour Espace GO, La Divine Illusion, Christine, la reine-garçon et La Nuit où Laurier Gaudreault s'est réveillé au TNM sans parler de sa reprise de Les Feluettes ou La Répétition d'un drame romantique à Espace GO. Depuis plusieurs années, il connaît énormément de succès avec le Théâtre Juste pour rire, des productions comme Cyrano de Bergerac, Les Choristes, Edmond et Arlequin, serviteur de deux maîtres à l'été 2020 (si la #covid19 n'interrompt pas la production comme elle a causé le report de sa Mademoiselle Julie de Strindberg au Rideau Vert au printemps), entre autres. Son spectacle GRUBB avec un groupe de jeunes Roms a aussi rayonné partout. Bonne fête, Serge!


1991: Création de William S d’Antonine Maillet dans une mise en scène d’André Brassard au Théâtre du Rideau Vert (Montréal).


Bien que nous la connaissions surtout pour son «théâtre acadien» (La Sagouine, Gapi, Mariaagélas, Évangéline Deusse), Antonine Maillet est une grande amoureuse de Shakespeare dont elle a beaucoup traduit et adapté les oeuvres avec finesse et talent. En 1991, elle arrivait avec une pièce d'une grande originalité et une prémisse délicieuse. Dans un amusant «envers du décor», elle invite certains personnages emblématiques du Grand Will (Juliette jouée par Linda Roy, Katherina-la-mégère incarnée par Marie Tifo, Hamlet joué par René Gagnon, Le Roi Lear incarné par Jean-Louis Roux, Falstaff joué par Michel Dumont, Lady Macbeth incarnée par Michelle Rossignol, Shylock joué par Jean-Guy Viau et la Nounou incarnée par Lénie Scoffié) à venir régler leurs comptes avec l'auteur (Guy Nadon). Malgré sa distribution incroyable et son metteur en scène chevronné, la pièce n'a pas reçu l'accueil qu'elle méritait, peut-être parce qu'on associait trop Antonine Maillet à ses personnages acadiens et que c'est ce que les spectateurs venaient chercher au théâtre. Pourtant, la pièce mériterait d'être revisitée, relue... peut-être montée au Théâtre Denise-Pelletier.



2003: Création de Les Noces de tôle de Claude Meunier, dans une mise en scène de Denis Bouchard, au Théâtre Jean Duceppe de la Place des Arts (Montréal), une production de la Compagnie Jean Duceppe


Après avoir connu deux productions à succès avec Les Voisins, Duceppe et son directeur artistique, Michel Dumont, étaient très heureux de pouvoir présenter cette toute nouvelle pièce de l'auteur de La Petite Vie. Avec une distribution béton, sur papier, cette pièce aurait dû s'avérer un des beaux souvenirs de spectateurs. Sans doute qu'elle a trouvé son public puisqu'elle a connu plusieurs supplémentaires et a même été reprise au Monument National l'hiver suivant, mais j'en garde un souvenir désolé. Martin Drainville, Pierrette Robitaille, Hélène Bourgeois-Leclerc, Diane Lavallée, Marc Messier, Luc Guérin et Pascale Desrochers composaient cette distribution cinq étoiles.



2019: Création de 21 de Rachel Graton dans une mise en scène d’Alexia Bürger à la Salle Jean-Claude-Germain du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui (Montréal)

Photo: Philippe Latour


En résidence de création à la Salle Jean-Claude-Germain, la comédienne et auteure Rachel Graton a connu un grand succès d'abord avec La Nuit du 4 au 5 puis avec 21, la deuxième création de sa résidence. Mise en scène par Alexia Bürger, cette pièce est un duel entre une adolescente (la phénoménale Marine Johnson) et une travailleuse sociale (Isabelle Roy) qui se rencontreront plusieurs fois dans le gymnase d'un centre jeunesse... parfois pour jouer au basketball, toujours pour discuter. La pièce a été très bien reçue et a eu droit à trois supplémentaires. Vous pouvez lire mes critiques des deux pièces en cliquant sur les liens.


Photo: Philippe Latour

  • Facebook Social Icon

© 2017 by Théâtralités.  Proudly created with Wix.com by TRIO