• Yanik Comeau

16 mars

Journée faste pour le théâtre québécois que le 16 mars. Apprenez-en davantage en lisant ici!


1963: Naissance de Christian Bégin


Formé à l'Option-théâtre du Cégep Lionel-Groulx, le comédien, auteur, metteur en scène, animateur et humoriste Christian Bégin est un des cofondateurs de la compagnie Les Éternels Pigistes avec Pier Paquette, Isabelle Vincent, Marie Charlebois et Patrice Coquereau. Avec ses complices, il joue plusieurs textes de Pierre-Michel Tremblay dont Le Jeu du pendu, Quelques Humains, Le Rire de la mer et Mille-Feuilles avant d'écrire lui-même pour la compagnie Pi..?!, Après moi, Pourquoi tu pleures...?. Il écrit aussi - et interprète avec Martin Drainville - Circus Minimus qui connaîtra au beau succès au Théâtre d'Aujourd'hui dans une mise en scène de Dominic Champagne. Son Verchinine dans Les Trois Soeurs dans le cadre du Cycle Tchekhov de l'Opsis dans une mise en scène conjointe de Luce Pelletier et Denis Bernard ne passe pas inaperçu non plus. Il se créera également deux spectacles solo, Que reste-t-il de mes amours? et I've got a crush on you ou J'ai une orangeade sur toi autour des chansons de Frank Sinatra. Ces expériences l'amèneront à enseigner à l'École Nationale de l'Humour. Il triomphera aussi dans plusieurs pièces au théâtre, notamment La Société des Loisirs de François Archambault pour laquelle il remporte le Masque de l'interprète masculin en 2004. À la télévision, on le verra entre autres dans Rumeurs d'Isabelle Langlois, Trauma de Fabienne Larouche et Fragile de Serge Boucher. En 2020, il sera de Les Mecs, la nouvelle série de Ricardo Trogi. Au cinéma, il joue pour Robert Favreau (Nelligan), Jean Beaudin (Le Collectionneur), Érik Canuel (La Loi du cochon, Nez rouge, Cadavres) et Robert Morin (Le problème d'infiltration), entre autres. Plus récemment, il était de la pièce Histoire populaire et sensationnelle de Gabriel Plante. Bien sûr, ses émissions Curieux Bégin et Y a du monde à la messe à Télé-Québec ont aussi contribué à en faire une vedette chez nous... presqu'autant que les parodies de Marc Labrèche. ;-) Bonne fête, Christian !


1972: Création de Demain matin, Montréal m’attend de Michel Tremblay et François Dompierre dans une mise en scène d’André Brassard au Théâtre Maisonneuve de la Place des Arts (Montréal)


Ce sont les Productions Paul Buissonneau qui étaient derrière la création de la première comédie musicale (ou devrait-on plutôt dire le premier théâtre muslcal?) de Michel Tremblay. Sa collaboration avec François Dompierre a connu un succès formidable. André Brassard a fait appel à plusieurs membres de sa famille théâtral pour défendre les personnages du Red Light montréalais, certains qu'on avait retrouvés ou qu'on allait retrouver dans d'autres oeuvres comme Sainte-Carmen de la Main, Il était une fois dans l'Est, Hosanna, La Duchesse de Langeais...



À la création, certaines des Belles-Soeurs étaient de la partie: Denise Proulx, Denise Filiatrault, Odette Gagnon... certaines futures Belles-Soeurs aussi comme Louisette Dussault. Comme tête d'affiche, Louise Forestier dans le rôle de Louise Tétrault. André Montmorency, Claude Gai, Frédérique Collin, Louise Deschâtelets (!), Amulette Garneau, Marc Grégoire, Jean-Pierre Bergeron et Huguette Gervais (devenue une référence dans le monde du doublage chez nous) étaient également de la partie. Plus de 20 ans plus tard, Denise Filiatrault remontait le spectacle avec Élyse Marquis comme tête d'affiche, Sylvie Boucher dans le rôle de Lola Lee, Normand Lévesque dans le rôle de La Duchesse, France Castel en Betty Bird, Emmanuel Bilodeau en Marcel/Gérard et Nathalie Simard dans le rôle de Cream, entre autres. Puis, en 2017, après l'énorme succès de son adaptation des Belles-Soeurs en musical ainsi que celle - plus modeste mais tout aussi réussie - de Sainte-Carmen de la Main, toutes deux avec Daniel Bélanger, René Richard Cyr y allait de son adaptation de Demain matin, Montréal m'attend avec Hélène Bourgeois Leclerc, Marie-Andrée Lemieux, Benoit McGinnis, Laurent Paquin, Michelle Labonté et Kathleen Fortin, entre autres. On se s'en lasse pas !



1976: Création de Septième Ciel de François Beaulieu dans une mise en scène de Jean-Louis Roux au Théâtre du Nouveau Monde (Montréal)


Dans le cadre de son Théâtre-midi, le TNM créait Septième Ciel de François Beaulieu. Carole Chatel et Daniel Simard (un des futurs directeurs de La Manufacture / La Licorne) jouaient tous les midis du lundi au vendredi du 16 mars au 7 mai. La pièce était ensuite reprise, toujours en formule théâtre-midi dans le cadre de l'événement Les 25 heures des 25 ans pour le 25e anniversaire du Théâtre du Nouveau Monde.


1978: Création de La Chambre pourpre de l’Archevêque, récitatif pour l’Acteur du Théâtre de Babylone de Pierre-A. Larocque au Théâtre de L’Eskabel

Toujours dans sa magnifique quête d'exploration, le Théâtre de L'Eskabel crée La Chambre pourpre de l'Archevêque. Le fondateur de L'Eskabel, Jacques Crête, qui jouera le rôle-titre, racontera, dans ses souvenirs: «Écrit par Pierre A. Larocque, [le texte] représente bien l'esthétique de L'Eskabel à cette époque : orgie de costumes, de perruques, de décors en stucs, d'espaces scéniques multiples. RIGOUREUX ET ÉTRANGE. De jouer L'Archevêque a été pour moi l'une de mes plus grandes satisfactions d'acteur. Beaucoup plus tard, à Trois-Rivières, en 2000, on reconnaîtra dans Loret Lojiault de La Reprise de Claude Gauvreau les accents de L'Archevêque. Je ne peux d'ailleurs être vraiment à l'aise que dans ce type de personnages. C'est bien connu : je suis un COMIQUE.» Sur scène, Crête est entouré de Monique Lapointe, Johanne Pellerin, Gilles Michaud, Ariane Lee, Johanne Rivard, Jean-Pierre MacDonald, Marie-Louise Buissières et Cadet Létourneau.


1988: Première de La Tempête de William Shakespeare dans une mise en scène d’Alice Ronfard, avec Françoise Faucher dans le rôle de Prospero, une production du Théâtre Expérimental des Femmes (TEF) (Montréal).


Encore dans sa toute petite salle de la rue Clark, le Théâtre Expérimental des Femmes, relativement nouvellement rebaptisé Espace GO, monte l'ambitieuse adaptation d'Alice Ronfard (avec la collaboration de sa mère, Marie Cardinal) de La Tempête de Shakespeare. Particulière aussi, cette production, parce que la jeune metteure en scène fait un pied de nez aux conventions de l'époque de Shakespeare et confie quelques-uns des rôles masculins à des comédiennes. C'est ainsi que Françoise Faucher devient un mémorable Prospero. que Louise Laprade et Louise Saint-Pierre deviennent Caliban et Ariel, respectivement, que Johanne Fontaine incarne Trinculo et que France Labrie se voit confier le rôle de Maître de l'équipage. Impressionnante production sur le plan technique, on intègre à la scénographie de Danièle Lévesque des projections vidéo, des effets visuels et sonores en direct, des passages pré-filmés, du travail de caméra en direct... Les costumes sont signés Ginette Noiseux qui assume la direction artistique seule depuis un an. Cette production est arrivée une année avant la toute aussi mémorable production d'Alice Ronfard de L'Annonce faite à Marie de Claudel.


1999: Décès de Gratien Gélinas



Auteur, comédien, metteur en scène et directeur de théâtre, Gratien Gélinas est souvent désigné comme le père de notre dramaturgie. Né à Saint-Tite le 8 décembre 1909, il commence à faire du théâtre au Collège de Montréal avnat de faire ses débuts avec le Théâtre français du Montreal Repertory Theatre où il joue Shakespeare. En 1934, il fait ses débuts à la radio comme comédien avec la série Le Curé de village de Robert Choquette. Très vite, il commencera à écrire lui-même, créant à CKAC le personnage de Fridolin dans le cadre d'une émission qu'il écrit qui s'intitule Le Carrousel du rire. Celle-ci connaît un tel succès et son personnage est si apprécié du public qu'il décide de le porter vers le public en l'amenant sur scène. Ainsi naissent ses revues annuelles d'abord appelées Fridolinons puis rebaptisées Les Fridolinades. Fridolin, tel qu'incarné par Gélinas, est un petit coquin qui commente l'actualité et critique l'autorité et les incongruités sociales avec une telle désinvolture qu'il réussit toujours à passer sous le radar de la censure. Le public en redemande! Les textes des Fridolinades seront publiés, joués un peu partout et repris avec un succès hallucinant en 1988 sous la houlette de Denise Filiatrault, une production du Centre National des Arts d'Ottawa repris au Rideau Vert à Montréal. Deux des sketchs des Fridolinades, Le Conscrit et Le Retour du conscrit, seront si appréciés du public que Gélinas sera inspiré à créer une pièce autour de ce personnage. Ainsi naîtra Tit-Coq qu'il jouera, mettra en scène, adaptera pour le cinéma et présentera plus de 500 fois sur scène. Sa deuxième pièce aussi, Bousille et les Justes, dont il tient encore le rôle principal et signe la mise en scène, connaître un grand succès (330 représentations). C'est son désir de créer un théâtre national pour les francophones du Québec qui le poussera à acquérir l'immense théâtre Gaiety's (maintenant le TNM) et le baptiser Comédie-Canadienne en 1957. Malgré le succès des pièces qu'il y présente, la salle est trop vaste pour qu'il puisse la rentabiliser et il finit par céder son bail aux Gascon, Roux et compagnie en 1972. Gélinas continuera à jouer à la télé et au cinéma (Agnes of God de Norman Jewison et Les Tisserands du pouvoir de Claude Fournier, entre autres) mais reviendra à l'écriture théâtrale dans les années 90s pour écrire La Passion de Narcisse Mondoux, sa dernière pièce, un duo d'acteurs qu'il jouera en français et en anglais d'un océan à l'autre pendant trois ans avec sa deuxième femme, Huguette Oligny. Ses pièces sont jours jouées aujourd'hui, considérées comme les premiers classiques de notre dramaturgie. Gratien Gélinas s'est éteint le 16 mars 1999 à l'âge de 89 ans comme la grande Juliette Huot deux ans après lui jour pour jour, celle qui avait créé les rôles de Germaine dans Tit-Coq et La Mère dans Bousille et les Justes.


2001: Décès de Juliette Huot

Née le 9 janvier 1912 à Tétreaultville (l'arrondissement Mercier-Est-Hochelaga-Maisonneuve de Montréal), comme plusieurs comédiennes et comédiens de sa génération, Juliette Huot commence très jeune à jouer dans des productions amateures. Dans le Dictionnaire des artistes du Théâtre québécois, Véronique Lamontagne nous apprend qu'en 1938, elle fera ses débuts à la radio dans Un homme et son péché. Celle qui deviendra rapidement le chouchou des auditeurs et, plus tard, des téléspectateurs québécois et qui multipliera les rôles de mère et de grand-mère (souvent plus vieux qu'elle !) sera de la création de Tit-Coq et de Bousille et les Justes de Gratien Gélinas après avoir été fidèle à ses Fridolinades pendant toute la Deuxième Guerre Mondiale. Plus tard, elle jouera un peu moins au théâtre, trop prise par la radio et la télévision, mais on la verra quand même dans Un simple soldat de Marcel Dubé et la pièce solo Dis-moi le si je dérange que Janette Bertrand écrit pour elle et qu'elle jouera longtemps à Montréal, en tournée et en téléthéâtre. Au cinéma, elle sera l'inoubliable maman Plouffe dans l'adaptation de Gilles Carle en 1981 après avoir marqué la télé dans les incontournables Cré Basile et Symphorien. Vers la fin de sa carrière, elle formera un couple attachant avec Gérard Poirier dans Les Héritiers Duval, téléroman de Guy Fournier. Son implication dans plusieurs oeuvres caritatives et comme porte-parole des Petits Frères des Pauvres a été un exemple pour plusieurs artistes qui ont prêté leur nom à des causes pour faire avancer les choses dans notre société. Elle avait 89 ans au moment de son décès à Brossard au Québec.

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