• Yanik Comeau

22 juillet

Mis à jour : août 1

Des naissances, des créations et un triste décès à souligner en ce 22 juillet. Que le rideau se lève!


1947: Naissance de Robert Lalonde

Photo: Annik MH de Carufel - Le Devoir


Natif d'Oka, Robert Lalonde est dramaturge, romancier et comédien, se partageant avec un habile équilibre entre le théâtre et la littérature. Acteur charismatique et nuancé, il joue autant les durs à cuire que les coeurs tendres, les intellectuels que les hommes de pouvoir depuis maintenant plus de quarante ans. À la télé, on a pu l'apprécier dans Quelle famille! de Janette Bertrand et Jean Lajeunesse, Le Parc des Braves de Fernand Dansereau, Unité 9 de Danielle Trottier et Au secours de Béatrice de Francine Tougas, entre autres. Au cinéma, on l'a vu dans Mémoires affectives, Alys en cinémascope, Elles étaient cinq, J’ai serré la main du diable et Émilie. Mais c'est au théâtre que l'on mesure toute la portée de son talent. Il a participé à plusieurs créations marquantes dont Les oranges sont vertes de Claude Gauvreau, le Macbeth de Michel Garneau, Being at Home with Claude, Le Printemps, monsieur Deslauriers et Bob de René-Daniel Dubois, Le Facteur réalité de René Gingras, Impératif présent de Michel Tremblay dans laquelle il joue Claude (du Vrai Monde?) plus âgé avec son père Alex (joué par Jacques Godin), Le Voyage du couronnement et Christine, la reine-garçon de Michel Marc Bouchard, Moi dans les ruines rouges de Sasha Samar et Olivier Kemeid, Le Syndrome de Cézanne de Normand Canac-Marquis qui lui mérite le prix du meilleur acteur de l'AQCT et. plus de trente ans plus tard, celle de L'État, du même auteur, dans une production du Théâtre La Rubrique. Il ravit tout autant dans les oeuvres de tous les répertoires, qu'il s'agisse du théâtre italien (La Locandiera de Goldoni et Six personnages en quête d’auteur de Pirandello), québécois (il remplace Jacques Godin quand La Charge de l’orignal épormyable de Gauvreau est reprise au TNM, il excelle dans HA! ha! de Réjean Ducharme toujours au TNM et dans la reprise de Les Feluettes de Michel-Marc Bouchard à Espace GO, remportant le Masque du meilleur comédien) ou européens contemporains et classiques (ART de Yasmina Reza, Amadeus de Peter Shaffer, Beaucoup de bruit pour rien de Shakespeare, Les Fourberies de Scapin de Molière...). On a pu apprécier son talent d'auteur sur les scènes de La Licorne (J't'aime mais c'est pas grave) et du TNM (Monsieur Bovary), entre autres. Ses romans, nouvelles et poèmes ont été primés et salués par la critique. Plusieurs sont traduits en anglais et certains en italien. Mentionnons C’est le cœur qui meurt en dernier, finaliste du Prix du gouverneur général 2014, et À l’état sauvage. En plus d'enseigner le théâtre dans plusieurs institutions (dont l'Option-Théâtre du Cépge Lionel-Groulx où j'ai eu la chance de profiter de son enseignement), il a assumé la direction artistique du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui en 1987-88 et celle du Théâtre de Quat’Sous en 1996-97. Bonne fête, Robert!


1954: Naissance de Pierre Lebeau

Né à Montréal, Pierre Lebeau amorce sa carrière en 1975 après avoir fait ses études à l'École Nationale de Théâtre du Canada. Il s'implique d'abord beaucoup dans le théâtre engagé, politique, mais lorsqu'il devient désabusé, il quitte le jeu pour un moment, se consacrant plutôt à l'écriture humoristique pour la revue Croc et des émissions de télé comme Samedi de rire et Pop Citrouille. Avant de prendre sa pause de jeu, il sera de la création de la pièce Le Temps d'une vie de Roland Lepage qui sera présentée au Théâtre d'Aujourd'hui puis au Festival d'Avignon. Lorsqu'il reviendra au jeu, sa grande polyvalence permettra à sa carrière d'exploser, tant au cinéma, à la télévision qu'au théâtre. Au grand écran, il joue autant des rôles caricatureux (Les Boys) que des rôles tout en finesse (Séraphin: Un homme et son péché lui méritera le Jutra en 2003). On le remarque aussi dans Bon Cop, Bad Cop, Matroni et moi, Le Siège de l'âme, La Turbulence des fluides, Dans l'oeil du chat, Enragés et Montréal la blanche. Ses collaborations avec Kim Nguyen (Truffe et La Cité des ombres) ainsi qu'avec Roger Cantin (Un cargo pour l'Afrique) ne passeront pas inaperçues non plus. À la télévision, il a joué dans Fortier (série pour laquelle il remporte un Gémeaux en 2001 et un MetroStar en 2004 pour son interprétation de Jean-Marie Dufour), Le Volcan tranquille, Urgence, Réseaux, Chambre No 13, Les Boys, Belle-Baie et Mensonges. Au théâtre, il a participé à plus de cinquante pièces parmi lesquelles on retient Le Procès de Kafka, L'Odyssée d'Homère, Les Oranges sont vertes de Gauvreau, Un Tramway nommé Désir de Tennessee Williams, Macbeth de Shakespeare, Cyrano de Bergerac de Rostand, En attendant Godot de Beckett au TNM, Sexe, drogue et rock & roll d'Eric Bogosian et Novecento d'Alessandro Baricco au Quat'Sous, Eddy de Jean-Marc Dalpé, Zone de Marcel Dubé et Des Souris et des Hommes de Steinbeck au Théâtre Denise-Pelletier et un nombre considérable de collaborations avec Alexis Martin et le Nouveau Théâtre Expérimental (Matroni et moi, Animaux, Révolution, Camillien Houde, le p'tit gars de Sainte-Marie) et avec Denis Marleau et UBU - compagnie de création (Othello, La Fin de Casanova, Maîtres anciens, Lulu, Merz Variétés, Woyzeck, Roberto Zucco, Les Ubs, Oulipo Show et Quelqu'un va venir). On a aussi pu le voir dans deux spectacles marquants du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui, Neuf [titre provisoire] de Mani Soleymanlou et Chansons pour filles et garçons perdus de Loui Mauffette et Benoit Landry. Son spectacle de poésie tout en musique et en images s'intitulait Lèvres. Bonne fête, Pierre!


1970: Création de Goglu de Jean Barbeau par le Théâtre Quotidien de Québec dans une mise en scène de Jean Guy.


Les comédiens Marc Legault (Goglu) et Raymond Bouchard (Godbout) créent cette pièce de Jean Barbeau qui sera reprise en janvier 1972 au Théâtre du Quat'Sous à Montréal. Cette fois, l'auteur et le comédien Marc Legault cosigneront la mise en scène, Legault reprendra le rôle de Goglu et Jean Ricard jouera Godbout dans une coproduction du Quat'Sous avec le Centre d'essai des auteurs dramatiques (CEAD) présentée en programme double avec une autre pièce de Jean Barbeau, Solange, un solo joué par Dorothée Berryman. En mars et avril 1973, Jean-Louis Roux dirigera Marc Legault et Jean Ricard dans Goglu au TNM dans le cadre de son «Théâtre-midi du TNM», présenté du lundi au vendredi. En 1987, c'est la Troupe Entre Nous qui offre une nouvelle production professionnelle de Goglu au Théâtre du Vieux-Laprairie, à La Prairie, en Montérégie, en programme double avec Joualez-moi d'amour de Jean Barbeau. Dans une mise en scène de Dominic Trudel, Yanik Comeau interprétera Godbout et Martin Fillion jouera Goglu. Enfin, en 1994, le Théâtre du Paradoxe offrira une autre production de Goglu mise en scène par Paule Savard et mettant en vedette Bobby Beshro et Tony Conte.


1981: Création de Le Printemps, troisième pièce de Vie et Mort du roi boiteux de Jean-Pierre Ronfard à L’École Nationale de Théâtre (Montréal)

Photo: Hubert Fielden


En ce troisième jour de création de Vie et Mort du roi boiteux, le Nouveau Théâtre Expérimental présentait Le Printemps du roi boiteux, troisième pièce du cycle qui en comptera six plus un épilogue. À l'été 1981, c'est cependant la dernière pièce qui sera présentée. Pour voir la suite, il faudra attendre l'été suivant. L'énorme distribution présentera plutôt les trois premières pièces en alternance pendant un mois. On pourra y voir jouer Robert Gravel, Jean-Pierre Ronfard, Michelle Allen, Guy Beausoleil, Danielle Bergeron, Roger Blay, Moussia Cardinal, Claude Chamberlan, Robert Claing, Yves Desgagnés, Régis Gauthier, Diane Miljours, Dominic Philie, Anne-Marie Provencher, Christian Saint-Denis, Janou Saint-Denis, Paul Savoie, Marthe Turgeon, Alain Zouvi, Jackie Bosveuil, Claude Laroche, André Melançon, Hélène Mercier, Ginette Morin, Luc Morissette, Patricia Nolin, Pier Paquette, Danielle Proulx, Mitsu Tung et Alice Ronfard accompagnés des musiciennes Catherine Gadouas, Céline Cléroux et Suzanne Nadeau.


2004: Décès de Pierre Régimbald

Né à Montréal, le 2 août 1942, Pierre Régimbald était un des marionnettistes et créateurs de marionnettes les plus connus du Québec. Le 22 juillet 2004, il était brutalement assassiné dans son appartement par un jeune homme troublé qui sortait de détention et avec lequel Pierre entretenait une relation de mentor ou de père adoptif mais qui a pris 12 ans avant d'avouer son crime pendant son deuxième procès après deux appels. Ce meurtre avait envoyé une onde de choc à travers le milieu culurel. Pierre Régimbald a commencé dans la marionnette alors qu'il avait été recruté comme animateur et marionnettiste par Le Vagabond, un théâtre ambulant qui se produisait dans les parcs de Montréal un peu comme La Roulotte. En 1964, il fonde Les Marionnettes Pierre Régimbald-Nicole Lapointe avec sa partenaire qui demeurera sa complice tout au long de leurs carrières. De 1964 à 1968, ils créeront des spectacles originaux qu'ils présenteront au Théâtre de la Place Ville-Marie, en tournée dans les écoles, dans les grands magasins et au Théâtre L'Estoc. De 1968 à 1977, ils s'associeront au Rideau Vert qui a l'habitude de présenter des spectacles pour enfants en matinée les fins de semaine. Régimbald et Lapointe y proposeront des adaptations de Pinocchio, Barbe-Bleue, Le Chat botté et des spectacles originaux comme Le Chapeau magique. Dans ces productions, des comédiens interviennent souvent en interaction avec les marionnettes à l'instar des Bobino, Sesame Street... À partir de 1970, le duo commence une fructueuse collaboration avec la télévision de Radio-Canada, proposant des marionnettes pour Les Histoires de Fanfreluche puis manipulant les vedettes de la série jeunesse Nic et Pic de 1972 à 1977. C'est alors qu'on leur confie la conception et la manipulation de la vingtaine de marionnettes qui représenteront l'univers familial et son environnement dans la série éducative Passe-Partout qui sera produite par le Ministère de l'Éducation et diffusée à Radio-Québec (175 épisodes, de 1977-1979 et 1983-1984). Après Passe-Partout, Pierre Régimbald créera La Très Belle Histoire de Noël avec Claude Lafortune en 2001. Après son assassinat, le Théâtre Sans Fil baptisera son atelier de production de la caserne Letourneux la Salle Pierre-Régimbald.

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