• Yanik Comeau

15 mai

Qu'est-ce qui a marqué le théâtre québécois un 15 mai au fil des années? Des naissances de grands comédiens et de grands scénographes.


1938: Naissance de Claude Michaud

Natif de Sorel, Claude Michaud, un peu comme Michel Forget, a été un de nos grands comédiens comiques et grands entrepreneurs du théâtre privé. Un peu comme Forget aussi, Claude Michaud a tellement joué de la comédie, des bouffonneries même, qu'on oublie qu'il était aussi un acteur «sérieux». Le milieu l'a longtemps boudé à cause de ce type casting de bouffon, mais il avait néanmoins reçu une formation de Mme Audet, de Lucie de Vienne-Blanc et de François Rozet. Ses rôles dans des séries comme Les Brillant, Poivre et Sel, Catherine et des films comme Bingo avec Jean-Claude Lord et Tiens-toi bien après les oreilles à papa de Jean Bissonnette en ont fait un comédien très apprécié du grand public, friand de rire. Ainsi, il a aussi joué pendant plus de 35 ans dans des comédies estivales qui ont connu un succès montre. Dès 1978, il fonde La Relève à Michaud à Saint-Mathieu-de-Beloeil qui connaîtra beaucoup de succès jusqu'en 1991. C'est là qu'il jouera beaucoup de pièces de Jean Barbeau (La Vénus d'Émilio qu'il reprendra à Montréal au Théâtre des Variétés, Coeur de papa,...). Il fera son entrée dans les théâtres institutionnels quand Jean Duceppe lui offrira de jouer dans Les Gars de Jean Barbeau dans une mise en scène de Claude Maher. Metteur en scène et comédien deviendront de grands complices et Maher signera à peu près toutes les mises en scène de la Relève à Michaud. Il développera aussi une belle complicité avec Michel Dumont et Monique Duceppe qui les dirigera ensemble dans des pièces de Ray Cooney (Haute fidélité, Vice versa), Michael Pertwee, John Chapman et Francis Veber (Le Dîner de Cons). Chez Duceppe, en plus de jouer dans les comédies Bluff de Patrick Marber et Les Sunshine Boys de Neil Simon, cette deuxième toujours avec Michel Dumont et reprise en théâtre d'été, il jouera aussi dans des pièces plus sérieuses, Le Clan de George Sibbald, Douze hommes en colère de Reginald Rose,... encore dirigées par Claude Maher. Pour des générations de Québécois, il est encore le Arthur Laroche des Pierrafeu. En 2007, il reçoit un prix Hommage à la Soirée des Masques. Il avait 77 ans au moment de son décès.


1942: Naissance de Paul Bussières


Né à Sillery, le scénographe Paul Bussières a été des premiers balbutiements du renouveau théâtrale de la Vieille Capitale. Après des études au Collège des Jésuites et à l'École des Beaux-Arts, où il s'intéresse à l'architecture et à la décoration intérieure, nouvelle discipline à l'époque, il devient décorateur - on ne dit pas scénogaphe à l'époque - et comédien avec le Théâtre de L'Estoc, l'ancêtre du Théâtre du Trident. Il participera à une quarantaine de spectacles pour cette compagnie, concevant les décors, les costomes, les affiches et les programmes, travaillant étroitement avec André Richard et Jean-Louis Tremblay. Il participe à la fondation du Théâtre pour Enfants de Québec et crée des décors pour le Théâtre du Vieux-Québec et le Festival d'été de Québec. il apprend auprès de Robert Prévost et Jean-Claude Rinfret, deux scénographes aux pratiques bien différentes. Lorsque que naît le Théâtre du Trident, c'est lui qui signe le décor de la pièce inaugural, la création de O-71 de Jean Barbeau. Il créera ensuite des scénographies pour des pièces de tous les répertoires: Charbonneau et le Chef de McDonough, Mort d'un commis-voyageur de Miller, L'Opéra de Quat'Sous de Brecht, Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux, La Vie examplaire d'Alcide 1er, le pharamineux et de sa proche descendance d'André Ricard et Pygmalion de George Bernard Shaw. Il multiplie les collaborations avec des metteurs en scène de toutes les écoles: Paul Hébert, Guillermo de Andréa, Jacques Lessard. En 1968, il commence à enseigner la scénographie au Conservatoire d'art dramatique de Québec et devient directeur de sa section scénographie dès sa fondation en 1969. Il deviendra un mentor pour des centaines d'étudiants au fil des années. En juin 2013, PUL, Les Presses de l'Université Laval, lui consacrait un ouvrage très fouillé auquel contribuaient entre autres l'auteur André Richard, le scénographe Denis Denoncourt et le metteur en scène Jack Robitaille.



1952: Naissance d’Yvan Gaudin


Élève de Paul Bussières au Conservatoire d'art dramatique de Québec, le scénographe Yvan Gaudin est né à Mont-Louis. Dès sa sortie de l'école en 1974, il conçoit des maquillages et des coiffures pour le Théâtre du Trident et les théâtres estivaux de la région de Québec, le Théâtre Paul-Hébert de l'Île-d'Orléans, le Théâtre de la Fenière de L'Ancienne-Lorette et le Théâtre du Bois-Coulonge du Vieux-Québec. Il travaille avec de jeunes metteurs en scène tout autant qu'avec des vétérans. Il oeuvre en théâtre pour la jeunesse tout autant qu'en théâtre pour adultes. On trouve son nom dans les programmes des spectacles de La Bordée, du Café Rimbaud, du Théâtre du Gros-Mécano, du Théâtre des Confettis, du Trident à Québec, du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui, du Théâtre du Rideau Vert, de la Compagnie Jean Duceppe, du Théâtre du Nouveau Monde à Montréal. Il travaille avec Omnibus (décors et costumes du Cycle des rois et de La Dame de l'auto avec des lunettes et un fusil, deux mises en scène de Jean Asselin avec qui il collabore souvent), Les Deux Mondes (les maquillages de L'Histoire de l'Oie de Michel Marc Bouchard), le Théâtre Denise-Pelletier (Peines d'amours perdues de Shakespeare, mise en scène de Guillermo de Andrea, pour laquelle ses décors et costumes reçoivent le prix du public) et Ondinnok (La Conquête de Mexico de Yves Sioui Durand dans une mise en scène de Jean-Pierre Ronfard, une coproduction du NTE). C'est non seulement une carrière passionnante et multi-facette à laquelle a eu droit Yvan Gaudin... mais une carrière qui se poursuit ! Bonne fête, monsieur Gaudin !


1955: Naissance de Larry Michel Demers

Comédien, animateur et metteur en scène, Larry-Michel Demers aura eu une carrière tristement courte puisqu'il nous a quittés à l'âge de 37 ans. On a pu apprécier son jeu dans plusieurs créations théâtrales, notamment L'Inconception de Robert Marinier au Théâtre d'Aujourd'hui et au Centre National des Arts à Ottawa, de Marie-Antoine (Opus 1) de Lise Vaillancourt au Théâtre Expérimental des Femmes, de Panique à Longueuil de René-Daniel Dubois et de Fragments d'une lettre d'adieu lue par des géologues de Normand Chaurette au Théâtre de Quat'Sous, de La Statue de fer de Guy Cloutier au Théâtre du Nouveau Monde et d'Émile et une nuit de Jean Barbeau au Théâtre du Rideau Vert. Il a également connu quelques beaux étés dans les théâtres estivaux, souvent dans des pièces qui ont connu des tournées par la suite, notamment dans Un amour de décorateur. Il a aussi été entraîneur de l'équipe des Bleus à la Ligue Nationale d'Improvisation et a joué dans plusieurs téléthéâtres. Comme metteur en scène aussi, il a favorisé la création, signant les premières productions d'Arture de Claude Poissant et Marie-France Bruyère pour le Théâtre Petit à Petit et de Bobépine de Jean-François Caron pour La Bordée. On a pu l'apprécier à la télé dans Terre humaine, Boogie Woogie 47, La Pépinière, La Maison Deschênes, La Misère des Riches et comme animateur du quizz Comptant Content. Il aurait eu 65 ans aujourd'hui.

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