• Yanik Comeau

4 octobre

Bonne fête aux c0médiennes Denise Verville et Marie-France Lambert. Levons le rideau sur la création théâtrale au Québec!


1937: Naissance de Denise Verville

Une des comédiennes les plus remarquables de sa génération, Denise Verville est née à Québec, a gradué du Conservatoire d'art dramatique de Québec en 1965 et s'est taillée une carrière presque entièrement sur les planches de la Vieille Capitale. Comme bien des acteurs de Québec, elle joue dans plusieurs productions par saison, multipliant les rôles et les répertoires, du classique aux créations les plus contemporaines, des pièces américaines aux pièces américaines. En 2001, elle joue Violette Venable dans Soudain l'été dernier de Tennessee Williams, produite par le Théâtre du Trident, et se mérite le Prix Paul Hébert 2002. Elle s'était méritée le même prix en 2000 pour Première Jeunesse de Christian Giudicelli. Parmi les créations auxquelles elle a participé, mentionnons Le Faucon de Marie Laberge (création au Trident et chez Duceppe en simultanée, deux productions différentes), Messe solennelle pour une pleine lune d'été de Michel Tremblay (création simultanée aussi, chez Duceppe et au Trident, mises en scène d'André Brassard et Serge Denoncourt), O-71 de Jean Barbeau à l'ouverture du Grand Théâtre de Québec, Oublier de Marie Laberge à La Bordée et La vie exemplaire d'Alcide 1er, le pharamineux, et de sa proche descendance d'André Ricard au Trident. Elle a joué Tremblay (En pièces détachées, Albertine, en cinq temps, Les Belles-Soeurs, Thérèse et Pierrette à l'École des Saints-Anges), Racine (Andromaque), Corneille (Le Cid), Brecht (La Vie de Galilée), Bernard Slade (Chapeau!), Ronfard (Falstaff), Roland Lepage (La Complainte des Hivers Rouges) et combien d'autres. Elle a aussi signé plusieurs mises en scène dont Antigone d'Anouilh, Deux Tangos pour toute une vie de Marie Laberge, Un reel ben beau ben triste de Jeanne-Mance Delisle et À toi, pour toujours, ta Marie-Lou de Michel Tremblay en plus d'assumer la direction artistique du Théâtre de la Commune de 1989 à 1993 en plus d'enseigner la phonétique, la diction et l'élocution à l'Université Laval et au Conservatoire de Québec ainsi que dans des entreprises privées et gouvernementales. Elle a aussi été animatrice-annonceure à Radio-Canada à Québec et a faire des lectures radiophoniques. Toute une carrière! Bonne fête, madame Verville!


1964: Naissance de Marie-France Lambert

Native de Lachine, Marie-France Lambert a fait ses études en interprétation à l'Option-Théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe. Reconnue pour ses interprétations nuancées et riches, on fait souvent appel à elle pour jouer des femmes dures comme Marlène dans Top Girls de Caryl Churchill, Martine dans Les Muses orphelines de Michel-Marc Bouchard, Lora dans Les Enivrés d'Ivan Virapaev ou sa prestation dans Je disparais d'Arne Lygre. Elle excellent autant dans des créations (mentionnons L'An de grâce de Claude Poissant, Alexis Martin et René Richard Cyr, Aube d'Isabelle Leblanc, Les Enfants d'Irène de Claude Poissant, Le Langue-à-langue des chiens de roche de Daniel Danis, Jean et Béatrice de Carole Fréchette, Louisiane Nord (ça qu'on peut dire) de François Godin, Le Salon automate de Nathalie Claude et son solo mis en scène par Sophie Cadieux, Tu iras la chercher de Guillaume Corbeil) que dans une multitude de classiques de tous les répertoires (Lucrèce Borgia de Victor Hugo qui lui mérite le Prix du public de la NCT, Phèdre, Bajazet et Britannicus de Racine, L'Illusion comique de Corneille, Hamlet de Shakespeare, Les Précieuses ridicules et Les Femmes savantes de Molière, Les Troyennes d'Euripide et On purge bébé de Feydeau). Elle l'applaudit aussi dans Attends-moi de Kristen Thomson, Hollywood (Speed-the-plow) de David Mamet, Le Journal d'Anne Frank d'Éric-Emmanuel Schmitt, Nager en surface d'Adam Bock ainsi que dans des reprises de classiques québécois comme Ines Pérée et Inat Tendu de Réjean Ducharme, Le Vrai Monde? de Michel Tremblay et Au retour des oies blanches de Marcel Dubé. À la télé, on l'a vue dans L'Héritière de Grande Ourse, Vice caché, 30 Vies, Nouvelle Adresse, Au secours de Béatrice, Fugueuse et Victor Lessard. Au cinéma, elle a tourné avec Denis Villeneuve (Maelström), Jean-Philippe Duval (Matroni et moi), André Turpin (Cosmos), Ken Scott (Starbuck), Luc Picard (L'Audition), Jean-François Pouliot (La Grande Séduction), Jean-François Asselin (Nous sommes les autres), Patrick Demers (Jaloux), Steve Kerr (La Chasse au collet) et Léa Pool (La Passion d'Augustine, La Dernière Fugue). Bonne fête, Marie-France!


1968: Création de Bilan de Marcel Dubé dans une mise en scène d’Albert Millaire au Théâtre Port-Royal, une production du Théâtre du Nouveau Monde (Montréal)



Après en avoir créé une première version en téléthéâtre le 1er décembre 1960 à Radio-Canada, Marcel Dubé proposait une nouvelle version scénique au Théâtre du Nouveau Monde qui, à l'époque, n'était pas encore installé à la Comédie-Canadienne (84 rue Sainte-Catherine, là où il se trouve maintenant). La pièce était présentée au Théâtre Port-Royal de la Place des Arts (maintenant Théâtre Jean-Duceppe) et était mise en scène par Albert Millaire. La distribution était colossale: Jean Duceppe et Janine Sutto, Monique Miller, Andrée Lachapelle, Hubert Loiselle, Benoît Girard, Léo Illial, Francine Laverdière, Jean Perraud, Bertrand Gagnon, Guy L'Écuyer, Sylvaine, Emmanuelle Collin, Alphonse Piché et Jean-Léo Gagnon. Un jeune Olivier Reichenbach était directeur de scène, Jan-Rok Achard assumait la régie et Claude Pierrehumbert signait les maquillages. 31 représentations étaient données.





50 ans plus tard, moins de deux ans après le décès de Marcel Dubé, Lorraine Pintal proposait à son ancien étudiant du Cégep Lionel-Groulx, Benoît Vermeulen, cofondateur et codirecteur artistique du Théâtre Le Clou!, de remonter Bilan sur la scène du Théâtre du Nouveau Monde. Seulement quelques semaines après le décès d'Albert Millaire le 15 août, la nouvelle adaptation de Vermeulen, inspirée à la fois du texte créé à la scène et du téléthéâtre créé aux Beaux Dimanches dont on voyait des images projettées sur scène, le Bilan nouveau faisait son entrée en scène. Guy Jodoin et Sylvie Léonard reprenaient les rôles de WIlliam et Margot créées par Jean Duceppe et Janine Sutto. Mickaël Gouin, Rachel Graton, Christine Beaulieu, Jonathan Morier, Jean-Philippe Perras, Mathieu Quesnel, Rebecca Vachon, Philippe Cousineau, Joseph Bellerose et Denis Trudel. La scénographie était confiée à Raymond Marius Boucher, les costumes à Linda Brunelle, les éclairages à André Rioux, la musique à Nicolas Basque, la conception vidéo à David B. Ricard et le mouvement à Danielle Lecourtois. Après la série de représentations au TNM, la pièce partait en tournée en janvier 2019. Bien qu'elle n'ait pas fait l'unanimité auprès des critiques, il s'agissait d'une fascinante re-création d'une pièce qui, grâce à l'oeil de Benoît Vermeulen et de Lorraine Pintal, prenait tout son sens dans un monde contemporain. William, sous les traits de Guy Jodoin, avait des airs de Maurice Duplessis et de Jean Duceppe mais faisait penser aussi aux hommes d'affaires et politiciens d'aujourd'hui.


1979: Création d’Émile et une nuit de Jean Barbeau dans une mise en scène de Jean-Joseph Tremblay au Théâtre du Rideau Vert (Montréal)


C'est le Théâtre du Rideau Vert qui créait la nouvelle pièce de Jean Barbeau en 1979. Jean Marchand incarnait Émile, Aude Nantais jouait La Mort, Larry-Michel Demers était Onil Oneil et le metteur en scène Jean-Joseph Tremblay jouait Étienne.


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1993: Création de Natures mortes de Serge Boucher dans une mise en scène de Michel Tremblay au Théâtre de Quat’Sous (Montréal)

Sur la scène qui a créé En pièces détachées, Hosanna, À toi, pour toujours, ta Marie-Lou, Damnée Manon, Sacrée Sandra, Les Anciennes Odeurs, et Impératif présent, Michel Tremblay signait sa première et unique mise en scène sous la direction artistique éclairée de Pierre Bernard au Théâtre de Quat'Sous. Il s'agissait de la toute première pièce de Serge Boucher dont la première version avait été présentée en lecture publique par le Centre d'essai des auteurs dramatiques sous le titre Le Printemps de Stef. Dans Natures mortes, Tremblay dirigeait Pierre Rivard (Stéfane), Élise Guilbault (Diane) et Roger Léger (Jean-Guy). Déjà, la sensibilité et le rythme de l'écriture de Serge Boucher étaient palpables.



1996: Création de Jusqu’au Colorado de Jérôme Labbé, mise en scène d’André Brassard, au Centre du Théâtre d’aujourd’hui (Montréal)

D'abord écrite sous le titre Rêver comme on respire, la pièce Jusqu'au Colorado de Jérôme Labbé a été créée dans la salle principale du Centre du Théâtre d'aujourd'hui. Le directeur artistique René Richard Cyr en a confié la mise en scène à André Brassard. Il y dirigeait Vincent Bilodeau, Hugolin Chevrette, Éric Cabana, Frédérique Collin, Mario Saint-Amand et Suzanne Marier. La pièce raconte l'histoire de «Marco, prostitué notoire, trouvé mort dans son appartement aux murs couverts de graffiti: une balle dans la tête et le corps couvert de bleus. Suicide? Pour ceux qu'il laisse dans le deuil - sa mère, ses deux frères et son amant -, la survie devient urgente. Comment échapper aux cauchemars qui nous étouffent et au réel qui s'effondre, sinon en se raccrochant à son propre Colorado?» Une pièce que je n'ai pas eu la chance de voir mais que je me promets bien de lire bientôt. Je ne peux faire autrement que penser à l'écriture de Brad Fraser et aux pièces Being at Home with Claude de René Daniel Dubois et Tom à la ferme de Michel Marc Bouchard.

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