• Yanik Comeau

2 octobre

Mis à jour : 7 oct. 2020

Tout en souhaitant bonne fête à Jean Asselin, nous vous parlons de deux des salles les plus vibrantes de création québécoise qui fêtent des anniversaires de création le 2 octobre: la Salle Fred-Barry et la Salle Jean-Claude Germain. Levons le rideau!


1948: Naissance de Jean Asselin

Né à Laval, Jean Asselin est comédien, metteur en scène et cofondateur d'Omnibus. Au fil des années, il s'est taillé une place de taille dans l'univers du théâtre de création au Québec. Il fait ses premières armes auprès de Paul Buissonneau et de sa Roulotte dès 1966. Il y parfait son talent naturel pour la pantomime, technique de jeu dont il attribue par ailleurs la pérennité en sol québécois à Buissonneau. C’est également là qu’Asselin fait ses premières mises en scène. Fort de cette expérience, il part pour l’Europe où, de 1972 à 1977, il perfectionne son art auprès de celui qui devient rapidement son maître à penser, Étienne Decroux, généralement reconnu comme le père de la pantomime moderne. À son retour à Montréal, à la fin des années 1970, il fonde avec sa compagne Denise Boulanger la troupe Omnibus. Débute alors une riche période où Asselin est actif devant et derrière la scène; il développe une dialectique de jeu où prédomine la maîtrise du corps, à mi-chemin entre la pantomime et la danse. Par cette approche novatrice, il est de fait à l’origine des œuvres les plus influentes de Robert Lepage, de Gilles Maheu et de la troupe Carbone 14. Au cours de sa carrière, il dirige des créations pour plusieurs grands théâtres québécois, dont son inoubliable mise en scène du Roi Lear de Shakespeare au Théâtre du Nouveau Monde en 1992. Au-delà de toutes ces réalisations, c’est en tant que pédagogue qu’il se démarque. On lui doit notamment au sein de l’École de Mime de Montréal dont il est le co-fondateur, la formation d’un bon nombre d’interprètes. Enfin, outre ses nombreuses collaborations avec des auteurs dramatiques, il est lui-même l’auteur d'Adieu Ararat ! et de Beautés divines.


1980: Création de Meurtre pour la joie de Jean-Marie Lelièvre dans une mise en scène de Pierre Saint-Amand à la Salle Fred-Barry de la Nouvelle Compagnie Théâtrale (Montréal)


La pièce Meurtre pour la joie de Jean-Marie Lelièvre, un one-man show joué à la création par le grand Jacques Lavallée, un des comédiens les plus sous-estimés de notre colonie artistique, est un texte saisissant que j'ai eu la chance de relire il y a quelques semaines à peine. Une pièce que l'on gagnerait peut-être à revisiter, recréer. À la création, la mise en scène était signée Pierre Saint-Amand que j'ai eu comme prof à Sainte-Thérèse. Spécialiste de l'éclairage, il donnait un cours aux comédiens pour que nous connaissions mieux les aspects techniques de notre métier. La Salle Fred-Barry poursuivait son mandat de faire découvrir de nouvelles voix, de nouveaux textes. Jacques Lavallée était accompagné sur scène par le violonceliste Russel Gagnon.



2018: Création d’Okinum d’Émilie Monnet, mise en scène de Émilie Monnet, Emma Tibaldo et Sarah Williams, Productions Onishka, à la Salle Jean-Claude Germain du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui (Montréal)


Pendant sa résidence à la Salle Jean-Claude Germain, Émilie Monnet a créé cette pièce qui a fait salle comble et pour laquelle on a ajouté 3 supplémentaires vendues en quelques jours. Tellement que je n'ai pas pu la voir! Grrr... :) Pièce trilingue (langue anishnabemowin, français et anglais), Okinum mettait en scène l'auteure-metteure en scène avec sa complice Jackie Gallant. Les voix de Véronique Thusky, Benjamin Wawatie, Craig Commanda, Amanda Roy et Alexandre Nequado s'ajoutaient, pré-enregistrées. Okinum signifie barrage et a été inspiré par le rêve récurrent d'un castor géant. La pièce se voulait «une réflexion intime sur la notion de barrages intérieurs, une ode au pouvoir du rêve et à l’intuition. La parole est libérée afin de remonter la rivière de la mémoire des ancêtres et pour se réconcilier, avant tout, avec les différentes facettes d’une identité multiple.» Dans sa création, Émilie Monnet «allie théâtre, son et vidéo au moyen d’une dramaturgie unique, circulaire et envoûtante. Se tisse ainsi une série de tableaux oniriques, où l’espace-temps n’est pas conçu de façon linéaire, véritable témoignage d’une filiation qui inspire.» Sara Dion et Élizabeth Bourget contribuaient au spectacle comme dramaturges-conseils.


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