• Yanik Comeau

6 décembre

Une naissance et un décès ont marqué le 6 décembre au fil des années, journée qui fut également tristement marquée par les événements de Polytechnique.


1957: Naissance de Denis Bernard


Natif de Lac-Etchemin en Beauce, le comédien et metteur en scène Denis Bernard, gradué du Conservatoire d'art dramatique de Québec, est un des fondateurs du Théâtre Repère avec Jacques Lessard et auquel se joint rapidement Robert Lepage et d'autres. Entre 1983 et 1987, il assume la direction artistique du Théâtre Blanc où il monte plusieurs pièces dont une qu'il écrit. Comme bien des comédiens de Québec, il est super occupé sur toutes les scènes de la Vieille-Capitale jouant autant Goldoni, Wesker, Shakespeare, Arthur Miller et Tom Stoppard que des créations de Marie Laberge, Reynald Robinson et Jacques Girard. Avec Feux Follets de Hume Cronin et Susan Cooper, coproduction du Trident et du Rideau Vert montée par Guillermo De Andrea, le public montréalais commence à le découvrir aussi. Il jouera régulièrement au TNM (Phèdre de Racine, Hedda Gabler d'Ibsen, Les Bas-Fonds de Gorki, Combat de nègre et de chiens de Koltès, À toi, pour toujours, ta Marie-Loude Tremblay... La Tempête et La Mégère apprivoisée de Shakespeare, dirigé par Lorraine Pintal, Brigitte Haentjens, Martine Beaulne...) et chez Duceppe (beaucoup d'Arthur Miller Ils étaient tous mes fils, Après la chute, La Mort d'un commis voyageur, Anthony Shaffer Échec et Mat, Ronald Harwood L'Habilleur, Aaron Sorkin Des Hommes d'honneur, Eugene O'Neill Désir sous les ormes, ... devenant pendant un moment le dauphin de Michel Dumont que celui-ci avait été pour Jean Duceppe), mais aussi des créations, tant dans des grosses compagnies (Le Gars de Québec de Tremblay d'après Gogol, Cent millions de Pierre Yves Lemieux d'après Feydeau) que des plus petites (Comédie russe de Lemieux et Je suis une mouette (non, ce n'est pas ça) d'après Tchekhov avec L'Opsis, Conte d'hiver 70 d'Anne Legault et As is (Tel quel) de Simon Boudreault au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui, Couples de Frédéric Blanchette à la Salle Jean-Claude Germain, Avaler la mer et les poissons d'Isabelle Vincent et Sylvie Drapeau à La Licorne, Grande écoute de Larry Tremblay avec le Théâtre PàP. Il signe aussi des mises en scène efficaces, tant de pièces étrangères (La Fin de la civilisation de George F. Walker au Quat'Sous, Les Événements de David Grieg, Le Pillowman de Martin McDonagh, Ce moment-là de Deirdre Kinahan, L'Année du championnat de Jason Miller, Des promesses, des promesses de Douglas Maxwell, Les Filles et les Garçons de Dennis Kelly) que des créations québécoises (Os, la montagne blanche et Ventre de Steve Gagnon, Coma Unplugged de Pierre-Michel Tremblay, Chaque jour de Fanny Britt). On le voit aussi dans la mémorable Annonce faite à Marie de Claudel montée par Alice Ronfard, le Vania de l'Opsis, Les Trois Soeurs chez Duceppe... et il assume la direction artistique de La Licorne/La Manufacture de 2009 à 2019. On l'a aussi vu à la télé (notamment dans le rôle titre de Robert et compagnie, téléroman écrit par Michel Dumont et Marc Grégoire, Les Hauts et les Bas de Sophie Paquin de Richard Blaimert, La Galère de Renée-Claude Brazeau, Fatale-Station de Stéphane Bourguignon, Yamaska d'Anne Boyer et Michel D'Astous, Feux de Serge Boucher et Appelle-moi si tu meurs de Pierre-Yves Bernard et Claude Legault). Au cinéma, on pense tout particulièrement à ses rôles dans L'Audition de Luc Picard et Ma Vie en cinémascope de Denise Filiatrault. Bonne fête, Denis!


1973: Décès de Pierre Boucher

Président de l'Union des Artistes de 1962 à 1966. le comédien Pierre Boucher est né à Québec le 7 août 1921 et est décédé à Longueuil à l'âge de seulement 52 ans. Il étudie à l'Université Laval à Québec. Il obtient d'abord une licence en droit avant de faire une maîtrise en sociologie et une licence en philosophie. Tout au long de ses études, il s'intéresse également au théâtre et fonde la Troupe des Comédiens de la Nef en 1944. Il séjournera à Paris de 1946 à 1948 et, à son retour, donnera «un cours d'étude de textes dramatiques par la mise en scène» et fondera les Comédiens de Québec en 1950, nous apprend Renée Noiseux-Gurik dans le Dictionnaire des artistes du théâtre québécois. En 1953, il accepte la vice-présidence de la Société des artistes de Québec. Très impliqué dans la cause de la place des artistes dans la société, il oeuvrera comme secrétaire général de l'UDA peu de temps après son arrivée à Montréal. Il assumera aussi le poste de secrétaire général de la Caisse de sécurité du spectacle et sera président de la Fédération Internationale des Acteurs (FIA) jusqu'à son décès. C'est lui qui transforme l'Union des Artistes en véritable syndicat. Même s'il est très occupé à ce niveau, ça ne l'empêche pas de jouer à la télé, au cinéma et au théâtre où il est de la création de Les Beaux Dimanches et Un Simple Soldat de Marcel Dubé. Il sera d'ailleurs du téléthéâtre de cette dernière pièce ainsi que de L'Héritière et Le Manteau de Nicolai Gogol, Le Juge de Malte de Denis Marion, La Mort dans l'âme de Claude Jasmin, Le Temps des lilas de Marcel Dubé et La Mercière assassinée d'Anne Hébert. Parmi les séries télé dans lesquelles il joue, mentionnons Radisson, Les Belles Histoires des pays d'en haut, Le Chenal du Moine, Les Filles d'Ève, Rue de l'Anse, Rue des Pignons et Le Paradis terrestre. Sur scène, il joue Knock ou le Triomphe de la médecine de Jules Romains aux côtés d'un de ses futurs successeurs à la présidence de l'UDA, Serge Turgeon, sur la scène du Rideau Vert, théâtre dont il foulera régulièrement les planches (Le Contrat de Francis Veber, La Cerisaie de Tchekhov, Treize à table de Marc-Gilbert Sauvajon, La Vie est un songe de Pedro Calderón de la Barca). Il jouera également à L'Égrégore (Victor ou Les Enfants du pouvoir de Vitrac), avec la Nouvelle Compagnie Théâtrale (dans la reprise d'Un Simple soldat, bien sûr, mais aussi dans L'Idiot de Dostoïevski), au TNM (Six Personnages en quête d'acteurs de Pirandello) et au Quat'Sous. Un parc porte son nom au coin des rues Gilford et Henri-Julien non loin du Conservatoire d'art dramatique de Montréal et le prix Pierre-Boucher du Ministère de la Culture et des Communications, destiné aux finissants des conservatoires, a été remis de 1988 à 1994.

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