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  • Yanik Comeau

23 janvier

Que s'est-il passé un 23 janvier dans le monde du théâtre québécois? Nous soulignons une création historique et une naissance importante. Tirez le rideau!

1953: Création de Zone de Marcel Dubé dans une mise en scène de Robert Rivard au Théâtre des Compagnons par l’Équipe de La Jeune Scène (Montréal)


Une des pièces les plus jouées dans les écoles depuis sa création et les plus reprises de Dubé sur les scènes professionnelles, Zone est rapidement devenu un classique de notre dramaturgie. Écrite quand l'auteur n'avait que 21 ans, sa création en 1953 dans une mise en scène de Robert Rivard (déjà bien connu à l'époque) catapulte l'auteur dans la stratosphère. On sait qu'il écrira autant pour la télé que pour la scène par la suite, que ses pièces de théâtre seront transposées pour le petit écran et que certains de ses scénarios connaîtront même une carrière sur scène. À la création, Zone regroupait déjà des acteurs qui allaient faire partie de la «famille» de Dubé, des comédiens qui l'inspireront, pour lesquels il écrira spécifiquement: Jean Duceppe, Monique Miller, Guy Godin, tout particulièrement. Raymond Lévesque, Jean-Louis Paris, Yves Létourneau, Hubert Loiselle, Robert Rivard et Marcel Dubé lui-même complétaient la distribution.


1958: Naissance de Ginette Noiseux

D'abord conceptrice de costumes formée en scénographie à l'École Nationale de Théâtre du Canada, Ginette Noiseux a un parcours professionnel absolument fascinant. En sortant de l'école, influencée par le grand François Barbeau qui deviendra son mentor, elle signe les costumes d'une soixantaine de productions au Quat'Sous, au Théâtre Expérimental de Montréal, au TNM, au Centre National des Arts, à l'Opéra de Montréal et au futur Espace GO puisqu'elle se joint au Théâtre Expérimental des Femmes en 1981. Comme le raconte Christian St-Pierre dans le Dictionnaire des artistes du théâtre québécois, «elle collabore (ainsi) à l'écriture d'une page exceptionnelle de l'histoire du théâtre québécois». Bien sûr, de par son nom, le TEF donne une place importante aux femmes dans tous les postes de pouvoir et contribue à faire naître une dramaturgie nouvelle. Quand elle prend les rênes de la compagnie avec Lise Vaillancourt et Jeannette Laquerre en 1983, c'est le début d'une ère nouvelle. Le TEF deviendra Espace GO et déménagera de son petit théâtre de poche de la rue Clark au plus spacieux et maintes fois rénové et bonifié théâtre du boulevard Saint-Laurent. Sous sa direction générale et artistique, GO fera revivre des «chefs d'oeuvre oubliés» de Marivaux, Racine, Beckett, Claudel, Tardieu) et permettra la découverte de voix contemporaines étrangères importantes comme celles de Koltès, Vinaver, Copi, Minyana sans pour autant négliger les auteurs de chez nous: Danis, Tremblay, Bouchard... Elle créera des partenariats avec des metteurs en scène qui s'éclateront sous son toît, certains déjà bien établis, d'autres sur le seuil de grandes choses: Alice Ronfard, Brigitte Haentjens, Claude Poissant, Martine Beaulne, Louise Laprade, Serge Denoncourt, Denis Marleau et son Théâtre UBU,... Elle invitera des compagnies comme l'Opsis et le PàP à des résidences qui frapperont l'imaginaire. Bien qu'elle avait délaissé la conception de costumes pendant un moment, sans doute trop occupée par ses activités à la direction, elle y revient périodiquement pour le plus grand bonheur de tous. Une créatrice audacieuse qui a été nommée Artiste pour la Paix (de l'année en 1996). Bonne fête, madame Noiseux!


1978: Décès d'André Paiement

André Paiement, Gaston Tremblay et Denis Courville dans la pièce «Moé j'viens du Nord stie» PHOTO : DOUG KINSEY (site de Radio-Canada)


Figure emblématique du théâtre franco-ontarien, André Paiement était le leader de CANO Musique et un des membres fondateurs du Théâtre du Nouvel-Ontario. Il n'avait que 27 ans au moment de son décès mais avait déjà marqué son époque avec l'écriture de deux pièces, À mes fils bien-aimés (1972) et Lavalléville (1974), toutes deux produites par le Théâtre du Nouvel-Ontario. Il a aussi collaboré à plusieurs créations collectives dans une période bouillonnante de contre-culture qui a encore des répercutions aujourd'hui selon Joël Beddows, directeur artistique du Théâtre Français de Toronto. L'Assemblée des Centres culturels de l'Ontario a créé une bourse qui porte son nom et, depuis 2002, la salle de spectacle du Théâtre du Nouvel-Ontario porte également son nom.