• Yanik Comeau

4 mars

Mis à jour : mars 20

En plus de souligner les anniversaires de la comédienne Évelyne Rompré et du dramaturge Olivier Sylvestre, on vous parle de plusieurs créations qui ont marqué le théâtre québécois le 4 mars. Vous vous en souveniez? Rafraîchissez-vous la mémoire !


1968: Lecture publique de Les Belles-Soeurs de Michel Tremblay au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui par le Centre d’essai des auteurs dramatiques (Montréal).


Moment historique et incontournable de l'histoire du théâtre québécois s'il en est un, la première lecture publique de la pièce Les Belles-Soeurs de Michel Tremblay marque un tournant majeur dans notre dramaturgie. À l'époque, plusieurs théâtres étaient frileux à l'idée d'aller si loin dans la «langue du peuple». Malgré la notoriété que se construisait déjà le jeune metteur en scène André Brassard, s'il n'avait pas réussi à rallier des comédiennes déjà adorées du public comme Denise Filiatrault, Denise Proulx, Janine Sutto, qui sait ce qui serait advenu de ce texte maintenant devenu le classique des classiques du théâtre québécois? Comme ce fut le cas pour plusieurs textes importants de notre dramaturgie au fil des années, le Centre d'essai des auteurs dramatiques aura aussi joué un rôle important dans la naissance de Germaine Lauzon et de ses belles-soeurs. Au mois d'août suivant, Mercedes Palomino et Yvette Brind'Amour ouvraient leurs coeurs, leur théâtre et leur saison avec Les Belles-Soeurs au Théâtre du Rideau Vert, créant une controverse, un scandale et une révolution.



1975: Naissance d'Évelyne Rompré



comédienne


1976: Création d’Évangéline Deusse d’Antonine Maillet dans une mise en scène d’Yvette Brind’Amour au Théâtre du Rideau Vert (Montréal)

Après la création de La Sagouine par Les Feux-Chalins à Moncton en 1971 et au Rideau Vert en 1972 et de la pièce Les Crasseux par la Compagnie Jean-Duceppe en 1974, Antonine Maillet est arrivée avec la poétique et touchante Évangéline Deusse en 1976. Cette pièce à quatre personnages à l'âge de la retraite - dont deux qui trouvent l'amour sur le tard - mettait en vedette Viola Léger (Évangéline), Guy Provost (Le Breton), André Cailloux (Le Rabbin) et Paul Guèvremont (Le Stop... aujourd'hui on l'appelerait un brigadier, mais Évangéline l'appelle un «travorsier, mais un travorsier à pied qui travorsions le monde d'un sidewalk à l'autre»). François Barbeau signait les costumes. Lors de l’adaptation en téléthéâtre pour Radio-Canada, Jean Lapointe remplaçait Paul Guèvremont dans le rôle du Stop. À la reprise, à la Compagnie Jean Duceppe en mars et avril 1996, Barbeau signait la mise en scène, Viola Léger et Guy Provost reprenaient les rôles d’Évangéline et du Breton alors que Benoît Girard et Michel Daigle interprétaient le Rabbin et le Stop, respectivement. Une pièce magnifique que j'ai vue en téléthéâtre et que j'ai enregistrée sur une cassette VHS pour pouvoir la regarder plusieurs fois par la suite. Tellement que j'en ai appris des bouts par coeur dont je me souviens encore plus de 35 ans plus tard. Malheureusement pour ma cassette VHS, mon petit frère Maxime a enregistré des épisodes de Sharon, Lois & Bram's The Elephant Show par-dessus. Je ne lui ai jamais pardonné. ;-)


1982; Naissance d'Olivier Sylvestre

Photo: Patrick Palmer


Natif de Laval, Olivier Sylvestre est auteur et traducteur. Après avoir obtenu son baccalauréat en criminologie de l’Université de Montréal, il s'est inscrit au programme d’écriture dramatique de l’École Nationale de Théâtre du Canada. Il a œuvré pendant plus de dix ans comme intervenant social en dépendance. Sa première pièce, La Beauté du monde, publiée chez Leméac, a remporté le Prix Gratien-Gélinas et a été finaliste aux Prix littéraires du Gouverneur général. Chez Hamac, il a publié un recueil de récits, Noms fictifs, finaliste au Prix des libraires du Québec catégorie roman, aux Prix littéraires du Gouverneur général et lauréat du Prix du premier roman de Chambéry, la pièce Le Désert, créée en janvier 2018 au Théâtre Prospero, sa pièce La Loi de la gravité (lauréate de plusieurs prix, produite au Québec et en Europe en plus d'être traduite en anglais et en allemand) ainsi que Guide d’éducation sexuelle pour le nouveau millénaire, créée à la Salle Fred-Barry du Théâtre Denise-Pelletier en 2020. Sa pièce jeune public La Grande Échappée est publiée chez Lansman. Parmi les oeuvres qu'il a traduites, mentionnons Madame Catherine prépare sa classe de troisième à l’irrémédiable d’Elena Belyea créée au Théâtre Prospero en 2018, Agokwe de Waawaate Fobister publiée chez Dramaturges Éditeurs et La Serre Concorde de Jordan Tannahill. À l’automne 2018, il était accueilli comme dramaturge en résidence en Guyane sur un projet de médiation. La création Les Verdicts guyanais, mise en scène par Roberto Jean, ressortait de cette expérience enrichissante. Dans la forêt disparue, sa plus récente œuvre tout public, et Les Sentinelles, pour chœur d’ados, qu’il a mise en scène au Théâtre Université de Montréal en 2020, ont remporté l’Aide à la création d’ARTCENA (Paris). Bonne fête, Olivier!


1994: Création de La Reprise de Claude Gauvreau au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui (Montréal)

Bien qu'il ait écrit cette pièce en 1958 et en ait créé d'autres versions par la suite, culminant en une version finale en 1967, Claude Gauvreau n'aura jamais vu cette pièce montée puisqu'il meurt en 1971 et que la pièce n'est pas créée au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui avant 1994. C'est Michèle Magny (qui avait été de la création de La Charge de l'orignal épormyable dans la mise en scène de Jean-Pierre Ronfard au TNM en 1974) qui signe la mise en scène sous la direction artistique de Michelle Rossignol qui avait été de la création de Les Oranges sont vertes sur la scène du TNM en 1972, toujours dans une mise en scène de Ronfard. Sur scène, Pierre Curzi, Frédéric Desager, James Hyndman, Élisabeth Lenormand, Jean Maheux, Catherine Pinard et Serge Postigo prêtent vie aux personnages avant-gardistes de Gauvreau.


1997: Création de Motel Hélène de Serge Boucher dans une mise en scène de René Richard Cyr à Espace GO, une production du Théâtre PàP (Montréal)


Après la création de sa pièce Natures mortes (d'abord baptisée Le Printemps de Stef et présentée en lecture publique par le CEAD) en 1993 dans une mise en scène (sa seule et unique) de Michel Tremblay, l'enseignant de français au secondaire Serge Boucher explose sur la scène théâtrale avec sa pièce Motel Hélène mettant en vedette un puissant trio d'acteurs, Maude Guérin, François Papineau et Stéphane Gagnon, mis en scène par René-Richard Cyr qui s'éprendra tant de l'écriture de Boucher qu'il signera à peu près toutes les mises en scène de ses créations à venir, programmant au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui, sous sa direction artistique, 24 poses (portraits) et Avec Norm, entre autres. Depuis, Serge Boucher est partout. Ses pièces à grosses distributions Des Bonbons qui sauvent la vie, Là et Excuse-moi ont par la suite toutes été créées chez Duceppe dans des mises en scène de René Richard Cyr et ses séries télé Aveux, Apparences, Feux, Fragile et Olivier ont toutes été accueillies chaleureusement par le public et la critique.


2003: Création de La Société des loisirs de François Archambault dans une mise en scène de Michel Monty, une production de La Manufacture, à La Licorne (Montréal)

Pièce marquante de François Archambault, La Société des loisirs met en scène un couple qui a tout pour être heureux et qui, pourtant... Avec Christian Bégin, Marie-Hélène Thibault, Geneviève Néron et Normand D'Amour à la création, la pièce a connu un vif succès et a fait l'objet d'une tournée par la suite. Elle a aussi été publiée chez Dramaturges Éditeur et a été traduite en anglais (The Leisure Society) et en italien (Giochi di società).


2008: Création de La petite pièce en haut de l’escalier de Carole Fréchette dans une mise en scène de Lorraine Pintal au Théâtre du Nouveau Monde (Montréal)


Nouvelle exploration du mythe de Barbe-Bleue par l'auteure Carole Fréchette, Lorraine Pintal signait la mise en scène de cette production au Théâtre du Nouveau Monde, s'associant encore à la formidable Danièle Lévesque à la scénographie. Isabelle Blais, Tania Kontoyanni, Julie Perreault, Louise Turcot et Jean Régnier entouraient Henri Chassé dans cette création plus ou moins bien accueillie par le public et la critique malgré toutes ses belles qualités.


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