• Yanik Comeau

7 août

Mis à jour : juil. 15

On souligne une naissance et une création en ce 7 août dans le monde du théâtre québécois.


1921: Naissance de Pierre Boucher


Président de l'Union des Artistes de 1962 à 1966, le comédien Pierre Boucher est né à Québec et est décédé à Longueuil en 1973 à l'âge de seulement 52 ans. Il étudie à l'Université Laval à Québec. Il obtient d'abord une licence en droit avant de faire une maîtrise en sociologie et une licence en philosophie. Tout au long de ses études, il s'intéresse également au théâtre et fonde la Troupe des Comédiens de la Nef en 1944. Il séjournera à Paris de 1946 à 1948 et, à son retour, donnera «un cours d'étude de textes dramatiques par la mise en scène» et fondera les Comédiens de Québec en 1950, nous apprend Renée Noiseux-Gurik dans le Dictionnaire des artistes du théâtre québécois. En 1953, il accepte la vice-présidence de la Société des artistes de Québec. Très impliqué dans la cause de la place des artistes dans la société, il oeuvrera comme secrétaire général de l'UDA peu de temps après son arrivée à Montréal. Il assumera aussi le poste de secrétaire général de la Caisse de sécurité du spectacle et sera président de la Fédération Internationale des Acteurs (FIA) jusqu'à son décès. C'est lui qui transforme l'Union des Artistes en véritable syndicat. Même s'il est très occupé à ce niveau, ça ne l'empêche pas de jouer à la télé, au cinéma et au théâtre où il est de la création de Les Beaux Dimanches et Un Simple Soldat de Marcel Dubé. Il sera d'ailleurs du téléthéâtre de cette dernière pièce ainsi que de L'Héritière et Le Manteau de Nicolai Gogol, Le Juge de Malte de Denis Marion, La Mort dans l'âme de Claude Jasmin, Le Temps des lilas de Marcel Dubé et La Mercière assassinée d'Anne Hébert. Parmi les séries télé dans lesquelles il joue, mentionnons Radisson, Les Belles Histoires des pays d'en haut, Le Chenal du Moine, Les Filles d'Ève, Rue de l'Anse, Rue des Pignons et Le Paradis terrestre. Sur scène, il joue Knock ou le Triomphe de la médecine de Jules Romains aux côtés d'un de ses futurs successeurs à la présidence de l'UDA, Serge Turgeon, sur la scène du Rideau Vert, théâtre dont il foulera régulièrement les planches (Le Contrat de Francis Veber, La Cerisaie de Tchekhov, Treize à table de Marc-Gilbert Sauvajon, La Vie est un songe de Pedro Calderón de la Barca). Il jouera également à L'Égrégore (Victor ou Les Enfants du pouvoir de Vitrac), avec la Nouvelle Compagnie Théâtrale (dans la reprise d'Un Simple soldat, bien sûr, mais aussi dans L'Idiot de Dostoïevski), au TNM (Six Personnages en quête d'acteurs de Pirandello) et au Quat'Sous. Un parc porte son nom au coin des rues Gilford et Henri-Julien non loin du Conservatoire d'art dramatique de Montréal et le prix Pierre-Boucher du Ministère de la Culture et des Communications, destiné aux finissants des conservatoires, a été remis de 1988 à 1994.


1969: Naissance de Frédéric Desager

Né à Bruxelles en Belgique, Frédéric Desager s'installe au Québec en 1995 après y avoir travaillé régulièrement pendant trois ans. Comédien, auteur et metteur en scène, il travaille à la fois au théâtre, à la télé, au cinéma et en doublage en plus d'offrir de la formation dans ce domaine tant à l'INIS qu'au Conservatoire d'art dramatique de Montréal. On a pu le voir dans de nombreux rôles à la télévision (Duceppe, L'Auberge du Chien Noir, Les Argonautes, Mauvais Karma, Autant en emportent les framboises), au cinéma (La Grande Séduction, Ma Vie en cinémascope, La Comtesse de Bâton-Rouge, Hochelaga, Terre des âmes, Tous les autres, sauf moi, Les États-Unis d'Albert) et au théâtre (L'Oiseau vert, Songe d'une nuit d'été, Le Visiteur, Marius et Fanny, La Chaise, Le Prince des jouisseurs, La Maison aux 67 langues...). Comme scénariste et réalisateur, il a travaillé entre autres sur la série web des Argonautes et sur Ma voisine danse le ska. En doublage, il a prêté sa voix à Simon Pegg, John Slattery, Woody Harrelson, James Gandolfini, Denis O'Hare et plusieurs autres tout en travaillant comme directeur de plateau sur des séries et des films comme Les Kennedy, The Delicate Art of Parking, Les Piliers de la Terre, From Paris with Love et Durham County. Bonne fête, Frédéric! Photo: Stéphane Dumais


1973: Création de Qui est le père? de Félix Leclerc dans une mise en scène d’Yves Massicotte au Théâtre d’été Le Galendor de l’Île d’Orléans

Fondé en 1971 par Jean Royer, le Théâtre Le Galendor allait être rebaptisé Théâtre de l'Île d'Orléans en 1974, l'été après la création de Qui est le père? de Félix Leclerc qui a connu un beau succès et dont les représentations ont été prolongées jusqu'au 7 octobre. Yves Massicotte (Centour dans Les 100 Tours de Centour) signait la mise en scène et interprétait Jean-Baptiste, le Québécois. Jean-Pierre Masson incarnait Uncle Sam, Basil Fitzgibbon jouait John Bull, Louis de Santis devenait Spy et Lam Cham Tho jouait le rôle de Tokyo. Très impliqué politiquement, Félix Leclerc n'avait pourtant pas, jusque-là, écrit de pièces de théâtre politiques. Il remédiait à ça avec Qui est le père?, ne pièce qui avait été bien reçue par les critiques si l'on se fie aux extraits publiés dans l'édition 1977 du texte dans la collection Théâtre Leméac.



1987: Décès de Roger Garand

Né à Montréal le 30 octobre 1921, le comédien et auteur Roger Garand meurt le 7 août 1987 à Saint-Jérôme à l’âge de 65 ans. Il avait une résidence à Piedmont dans les Laurentides. Très connu du grand public pour son personnage d'Isidore Leclerc dans Le Temps d'une paix, Roger Garand fait ses débuts sur scène avec les Compagnons de saint Laurent et s'impose à la radio dans des émissions comme Les Carabins et Voici Roger Garand. À la télé, il sera des séries La Boîte à surprises, Toi et moi, La Pension Velder, Duplessis, Grand-papa, Race de monde et L'Agent fait le bonheur, entre autres, en plus de jouer en anglais dans la série comique de CTV Snow Job. Il est aussi du téléthéâtre En pièces détachées de Michel Tremblay dans lequel il joue un Gérard touchant et pathétique à la fois. Au cinéma, il tourne avec Claude Jutra (Mon Oncle Antoine), Michel Brault (Les Ordres), Jean Beaudin (Cordélia) et Jean-Claude Lord (Parlez-nous d'amour) pour n'en nommer que quelques-uns. Il est aussi scénariste sur quelques Bye-Bye, la série télé Rosa et le film Les Lumières de ma ville. Au théâtre, il est de nombreuses créations québécoises chez Duceppe (En ville d'Élizabeth Bourget, Les Passeuses de Pierre Morency, Il n'y a pas de pays sans grand-père de Roch Carrier, Medium saignant de Françoise Loranger), au Théâtre du Nouveau Monde (Les Traitants de Guy Dufresne, La Guerre, yes sir! et Floralie de Roch Carrier, D.D.T. de Michel Faure et Paul Buissonneau, Un jour, ce sera notre tour! de Serge Sirois), au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui (Les Faux- Brillants de Félix-Gabriel Marchand et Jean-Claude Germain) et au Théâtre Denise-Pelletier (Bobby Boom de Jean-Marie Apostolidès).


2015: Décès de Jerry Snell

C'est chez lui, à Bangkok, où il avait élu domicile depuis quelques années et où il faisait des projets de médiation culturel auprès des jeunes, que Jerry Snell est trouvé mort à 58 ans. Né à Vancouver le 17 avril 1957, le comédien, musicien, chorégraphe et metteur en scène est considéré comme un des piliers de Carbone 14 avec laquelle il travaille de 1980 à 1995. On le voit dans Pain blanc ou l'esthétique de la laideur, Hamlet-Machine, Le Rail, Marat-Sade, Le Dortoir, Vies privées, Opium, Krieg et Le Titanic. Avec le Nouveau Théâtre Expérimental, il joue dans Le Cyclope de Jean-Pierre Ronfard d'après Euripide. En 1996, il cofonde à Paris avec Nadine Thouin la compagnie de théâtre physique Snell-Thouin Project (STP). Il joue aussi au cinéma et à la télévision (Un Zoo la nuit de Jean-Claude Lauzon, Map of the Human Heart de Vincent Ward, Le Dortoir (d'après le spectacle de Carbone 14) de François Girard et 15 février 1839 de Pierre Falardeau). Comme compositeur, chanteur et guitariste, Snell a écrit, composé et interprété des textes et des musiques pour le cinéma et le théâtre. La musique de son premier disque Life in the Suicide Riots (1993, sous étiquette Ambiances Magnétiques) a été présentée en concert et a été à l’origine de la pièce Le Café des aveugles de Carbone 14. À l’automne 2001, il lançait un deuxième disque CASH (sous étiquette La Tribu). Même après être déménagé en Thaïlande, il continuait à multiplier les projets de création avec des artistes montréalais, avec la TOHU et avec la SAT (Société des Arts Technologiques).

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