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  • Yanik Comeau

20 février

Beaucoup de créations ont eu lieu un 20 février au fil des années... et la première Germaine Lauzon des Belles-Soeurs a vu le jour !


1929: Naissance de Denise Proulx

Pour la majorité des Québécois, Denise Proulx est la voix de Délima Caillou dans Les Pierrafeu, Gertrude dans Poivre et Sel, Marie-Rose dans Le temps d'une paix ou Marie-Madeleine dans Symphorien... ou toutes ces réponses, mais bien avant ça, elle était une comédienne de théâtre et de radioromans comme Un Homme et son péché et Rue Principale. C'est à quinze ans qu'elle fait ses débuts à la radio après avoir fait des études théâtrales auprès de Sita Riddez, Jeanne Maubourg et Eleanor Stuart du Studio XV. En 1949, elle est du spectacle inaugural du Théâtre du Rideau Vert, l'audacieuse pièce de Lillian Hellmann Les Innocentes. Au début des années 50, elle dirigera cet important incubateur de créations qu'a été La Troupe des Treize à Québec. Elle jouera beaucoup au Rideau Vert (Feydeau, Coward, Molière), mais aussi au TNM (La Cruche cassée de von Kleist, La Guerre, yes sir! de Roch Carrier) et profitera de sa notoriété pour soutenir l'écriture de Michel Tremblay dès le début. C'est elle d'ailleurs qui sera la toute première Germaine Lauzon des Belles-Soeurs à la première lecture publique, à la création et à la première reprise. Elle continuera à jouer du Tremblay, dirigée par Brassard, à la télé comme au cinéma et à la scène. Elle sera Betty Bird à la création de Demain matin, Montréal m'attend, Berthe dans Trois petits tours au téléthéâtre de Radio-Canada, en plus de jouer dans le court-métrage Françoise Durocher, waitress. Elle n'avait que 64 ans au moment de son décès.


1971: Première lecture publique de La Sagouine d’Antonine Maillet par le Centre d’essai des auteurs dramatiques à la Bibliothèque Nationale du Québec


Lors de la toute première lecture publique de La Sagouine, c'est l'auteure elle-même qui en a fait la lecture. Bien sûr, par après, c'est Viola Léger qui a rendu le personnage célèbre, le jouant sur toutes les scènes à plus de 2000 reprises entre 1971 et 2013. La pièce a aussi été traduite en anglais par Luis de Cespedes.


1978: Création de En pleine table (collectif) du Théâtre Expérimental de Montréal


Fondé en 1975 par Robert Gravel et Jean-Pierre Ronfard afin que l'expérimentation théâtrale sorte de l'exploration des classiques européens de l'avant-garde et crée sa propre avant-garde ici même, chez nous, le Théâtre Expérimental de Montréal, en plus d'être l'instigateur de la Ligue Nationale d'Improvisation, a aussi multiplié les créations, même avant de s'établir à Espace Libre en 1981. En pleine table, selon un article du journal Le Devoir paru en 2002, n'a pas été une des expériences les plus heureuses au final. Un des «quelques fours» de la compagnie, selon l'article. C'est sûr que... tant dans l'exploration, dans l'expérimentation que dans le théâtre plus «classique», il est impossible d'avoir une fiche parfaite.


1979: Création de L’Inceste (étude à trois) d’Alice Ronfard, Jean-Pierre Ronfard et Patricia Nolin au Théâtre Expérimental de Montréal


L'année suivante, jour pour jour, L'inceste recevait un «succès d'estime», selon le même article du Devoir.


1987: Création de Le Syndrome de Cézanne de Normand Canac-Marquis dans une mise en scène de Lorraine Pintal avec Robert Lalonde, Hélène Mercier et Clément Cazelais au Café-Théâtre La Licorne, boulevard Saint-Laurent, une production La Rallonge (Montréal)


J'ai eu la chance d'assister à la première de cette pièce de Normand Canac-Marquis quelques mois après avoir quitté l'Option-Théâtre du Cégep Lionel-Groulx où Robert Lalonde m'avait enseigné et où j'avais vu Lorraine Pintal diriger Benoit Vermeulen, Christian Bégin, Marjolaine Lemieux, Caroline Rémillard, Paule Laperrière, Joël Blais, Linda Roy et des élèves de deuxième année dans Comme il vous plaira de Shakespeare. Je me rappelle avoir été foudroyé par l'écriture de Normand Canac-Marquis et le jeu des comédiens sur cette minuscule scène du Café-Théâtre La Licorne lorsqu'il était encore sur Saint-Laurent. Une pièce puissante que je serais curieux de relire aujourd'hui.


1998: Création de Le Chemin des passes-dangereuses de Michel Marc Bouchard dans une mise en scène de Serge Denoncourt à la Compagnie Jean Duceppe (Montréal)

Avec Sébastien Delorme, Patrice Godin et Normand D'Amour dans les rôles des trois frères adultes et Guillaume Turcotte, François-Olivier Therrien et Christian Brisson-Dargis jouant Carl, Ambroise et Victor à 12, 14 et 16 ans, cette pièce a fait le tour du monde par la suite, comme en témoigne la vidéo préparée pour célébrer son 20e anniversaire. Italie, Espagne, Pérou, Mexique, France, Vancouver, Ottawa, Halifax, Allemagne, Suisse, Québec, Uruguay, Irlande, Australie... avant de revenir, 20 ans plus tard, sur la scène qui a vu sa création, le Théâtre Jean-Duceppe, pendant la dernière saison de Michel Dumont à la barre de la direction artistique, dans une toute nouvelle mise en scène de Martine Beaulne et mettant en vedette Félix-Antoine Duval, Maxime Denommée et Alexandre Goyette. Ma critique sur la page Facebook de ZoneCulture: https://www.facebook.com/notes/zoneculture/th%C3%A9%C3%A2tre-le-chemin-des-passes-dangereuses-de-michel-marc-bouchard-trois-fr%C3%A8res-pa/1688909837842886/



2004: Création de Louisiane Nord de François Godin dans une mise en scène de Claude Poissant à Espace GO, une production du Théâtre PàP


Abonné à Espace GO cette saison-là, entre Oreste: The Reality Show d'Euripide dans une mise en scène de Serge Denoncourt (une production du Théâtre de l'Opsis dans le cadre de son Cycle Oreste) et Le Peintre des Madones ou La Naissance d'un tableau de Michel Marc Bouchard, une autre mise en scène de Serge Denoncourt (un de mes plus beaux souvenirs de théâtre à vie), j'ai vu Louisiane Nord de François Godin, un auteur qui arrivait avec une langue singulière défendue par une impressionnante brochette de comédiens (Emilie Bibeau, Louise Bombardier, Marie-France Lambert, Vincent Leclerc, Olivier Morin) dirigés par Claude Poissant, cofondateur du Théâtre PàP qui produisait le spectacle. Malheureusement, la langue m'a complètement échappé. Je n'ai pas compris cette pièce et en suis ressorti frustré. À ce jour, c'est une de mes grandes déceptions, une de mes grandes frustrations théâtrales et j'aimerais revoir ou lire cette pièce pour tenter de mieux la saisir. Je ne crois pas qu'elle ait été reprise depuis.


2018: Création de Jean dit, texte et mise en scène d’Olivier Choinière au Centre du Théâtre d’Aujourd’hui (Montréal), une coproduction avec L’ACTIVITÉ

Jean dit... est une de mes grandes surprises à vie. Je n'avais pas un bon souvenir d'Olivier Choinière. J'avais détesté son Venise-en-Québec. Je ne suis pas un fan de death metal et on nous en promettait plein les oreilles avec Jean dit. J'arrivais donc avec des préjugés et des anticipations négatives à revendre. Finalement, j'ai été conquis. Une imposante distribution - Leo Argüello, Sylvie De Morais-Nogueira, Sébastien Dodge, Lévi Doré, Éric Forget, Émilie Gilbert, Johanne Haberlin, Noémie Leduc-Vaudry, Didier Lucien, Sébastien Rajotte, Julie Tamiko Manning et Lesly Velázquez accompagnés des musiciens Sébastien Croteau, Mathieu Bérubé, Dominic Forest Lapointe et Étienne Gallo - dirigée par l'auteur dans une fable politique absolument délirante et absurde? Jean dit... OUI! Et Yanik aussi. Ma critique sur la page Facebook de ZoneCulture: https://www.facebook.com/notes/zoneculture/th%C3%A9%C3%A2tre-jean-dit-de-olivier-choini%C3%A8re-jurez-vous-de-dire-toute-la-v%C3%A9rit%C3%A9-/1697409083659628/ Photo: Valérie Remise