• Yanik Comeau

28 juillet

Théâtralités souligne les naissances et les décès qui ont marqué le 28 juillet au fil des années dans le monde du théâtre québécois.


1953: Naissance de Léo Munger

Originaire de Saint-Bruno au Lac Saint-Jean, la comédienne, chanteuse, directrice artistique et auteure Léo Munger termine sa formation au Conservatoire d'art dramatique de Québec en 1975 et plonge rapidement dans le métier comme interprète avec des rôles dans plusieurs créations (parfois collectives) québécoises. On la voit dans Le Club Frank Eros Robidoux, Célébrations avec le Théâtre Expérimental des Femmes, La Gloire des filles à Magloire d'André Ricard, La Complainte des hivers rouges de Roland Lepage et Les 7 Péchés québécois au Trident, Perles rares, une comédie musicale de Clémence DesRochers au Grand Théâtre de Québec et L'Amère à boire au Théâtre du Petit Champlain. Souvent sur scène avec les Rémy Girard, Marie Tifo, Normand Chouinard et Yves Jacques qui finiront par s'en venir à Montréal, elle vient surtout poursuivre ses études dans la métropole, obtenant un brevet en phonétique et diction du Conservatoire d'art dramatique de Montréal et un baccalauréat en chant jazz et classique à l'Université de Montréal. Elle participe à la fondation du premier café-théâtre du Québec, Le Hobbit, et collabore à la fondation de la Commune à Marie qui deviendra le Théâtre de la Commune. Mettant à profit ses talents vocaux, elle ravit en Polly Peachum dans L'Opéra de Quat'Sous de Brecht au Trident, remporte le Prix Paul-Hébert et le Prix des Abonnés pour le rôle titre dans Piaf de Pam Gems et reprendra le rôle de la Môme dans un autre spectacle qu'elle crée elle-même, Cri du coeur, qu'elle jouera sur plusieurs scènes tant au Québec qu'au Canada, en Belgique et ailleurs. Plus de 300 représentations de ce spectacle qui lui méritera le Pirx RTL-TVI en 1990. Elle créera ensuite Regards d'outre-mer qui inaugurera la salle de spectacles multifonctionnelle de son village natale. Elle a aussi coécrit quelques pièces, notamment Le Fleuve au coeur avec Danielle Bissonnette et Manon Vallée. Bonne fête, Léo!


1960: Naissance de Pascale Montpetit

La première fois que j'ai vu Pascale Montpetit sur scène, elle était en deuxième année au Conservatoire d'art dramatique de Montréal et jouait La Gamine avec les finissants dans Et à la fin était le bang de René de Obaldia. L'année suivante, en 1985, elle graduait et commençait la carrière qu'on lui connaît au théâtre, au cinéma et à la télévision. Dès sa sortie du Conservatoire, elle excelle autant dans les créations que les classiques. On la voit avec le Théâtre Petit à Petit à la Salle Fred-Barry dans Ce qui reste du désir de Claude Poissant, dans Chandeleur de Francine Noël mise en scène par François Barbeau et dans Conte d'hiver 70 d'Anne Legault mise en scène par André Brassard, Furieux et désespérés d'Olivier Kemeid, Moi dans les ruines rouges du siècles de Sasha Samar au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui, Billy Strauss de Lise Vaillancourt mise en scène d'Alice Ronfard à Espace Go et dans une multitude de productions du Nouveau Théâtre Expérimental avec Jean-Pierre Ronfard (Les Mots, Les Amours), Robert Gravel (L'Homme qui n'avait plus d'amis, Il n'y a plus rien), Louise Laprade (Sieste), Marie Laberge (Regards)... incluant quelques créations collectives comme Variations (six objets expérimentaux), À Beloeil ou ailleurs et L'Apocalypse de Jean. Sur le grand plateau du TNM, elle joue autant Molière (Le Malade imaginaire) que Goldoni (L'Impressario de Smyrne) avec Carl Béchard, Claude Gauvreau (Les Oranges sont vertes et La Charge de l'orignal épormyable) que Réjean Ducharme (Ines Pérée et Inat Tendu) avec Lorraine Pintal, Shakespeare (L'Histoire du roi Lear) avec Denis Marleau que Botho Strauss (Le Temps et la Chambre) avec Serge Denoncourt. Avec André Brassard, elle joue Tchekhov (La Mouette), Dubé (Le Temps des lilas) et Shakespeare (Richard III) au Rideau Vert, Brad Fraser (Des Restes humains non-identifiés et la Véritable Nature de l'amour) au Quat'Sous et Arthur Miller (Les Sorcières de Salem) chez Duceppe. Elle est aussi du Hamlet-Machine de Gilles Maheu avec Carbone 14 et de la création de la pièce Le Joker de Larry Tremblay au Quat'Sous. Au cinéma, c'est une quinzaine de films qu'elle a tournés dont trois avec Charles Binamé (La Beauté de Pandore, Le Cœur au poing et Eldorado). À la télévision, depuis le rôle de Marie-Louise dans Blanche qui l'a rendue célèbre, on l'a vue dans plusieurs séries comiques et dramatiques dont Sous un ciel variable, Mon Meilleur ennemi, Réseaux, Diva, Maman chérie, Pure Laine, Histoires de filles, Destinées, 30 Vies et District 31.


1973: Naissance de Ludovic Bonnier

Né à Paris en France, le compositeur et musicien Ludovic Bonnier a plus d'une cinquantaine de musiques de théâtre sous la cravate. Il multiplie les collaborations avec des metteurs en scène qui lui sont fidèles dont Martine Beaulne, Denis Bernard, Dominic Champagne, Patrice Dubois, Philippe Ducros et Omnibus. Parfois, ses musiques de théâtre sont si prisées qu'elles se retrouvent sur disque comme ce fut le cas pour sa trame sonore de Moby Dick au Théâtre du Nouveau Monde (album disponible sur étiquette Analekta). Parmi les productions dont il a signé la musique, mentionnons Race de David Mamet chez Duceppe, Deux pas vers les étoiles (Masque de la conception sonore) de Jean-Roch Gaudreault, une production de Mathieu, François et les autres..., Coma Unplugged de Pierre-Michel Tremblay pour La Manufacture. Parfois, il collabore avec d'autres musiciens comme André Barnard (Circus Minimus de Christian Bégin, L'Autre Monde d'Antoine Laprise et Francis Monty, La Caverne de Dominic Champagne) ou avec Barnard et Pierre Benoît pour L'Odyssée et Vacarmes, cabaret perdu, ces quatre dernières étant des productions du Théâtre Il va sans dire. Il travaillera beaucoup avec le PàP (Couteau (sept façons originales de tuer quelqu'un avec....) d'Isabelle Hubert, Le Goûteur de Geneviève Billette, Louisiane Nord de François Godin, Courir l'Amérique d'Alexandre Castonguay dont les représentations ont été interrompues par le #covid19), avec le Sous-Marin Jaune (Candide, La Bible, Discours de la méthode), Omnibus (Dans la tête de Proust de Sylvie Moreau, Plywood, Rue Fable, Spécialités féminines...) et à Québec au Trident (Oublier de Marie Laberge, Première Jeunesse de Christin Giudicelli et Les Femmes de bonne humeur de Goldoni) et au Gros Mécano (La Maison bleue de Lise Castonguay, Le Champ de Louise Bombardier et L'Orchidée de Michel Nadeau). Il est aussi à l'aise sur de grosses productions comme Le Bizarre Incident du chien pendant la nuit de Simon Stephens chez Duceppe que sur des petites comme Monsieur Ratichon dans... La vie est un match de Marc Mauduit pour le Théâtre de La Pire Espèce à la Petite Licorne et à la Salle Jean-Claude-Germain du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui. À la télé, il a composé la musique pour plusieurs émissions dont la télésérie Un sur 2, Recettes de chefs, Fais ça court!, S.O.S proprios, Au cœur de l’Inde et Coureur des bois. En tant que propriétaire du Studio du Chemin 4 à Joliette, il travaille avec Les Charbonniers de l’Enfer, Richard Desjardins, Nicolas Pellerin, Les Country Girls et d'autres musiciens à l'enregistrement de leurs albums. Bonne fête, Ludovic!


2014: Décès de Marjolaine Hébert

Native d'Ottawa, Marjolaine Hébert obtient un brevet d'enseignement tout en suivant les cours de la célèbre Mme Audet ce qui lui ouvre les portes de la radio où elle joue (Madeleine et Pierre, Le Survenant, Faubourg à m'lasse, Je vous ai tant aimé) et anime (Radio Petit-Monde et elle sera la première annonceure à CKVL, rôle réservé aux hommes avant elle). Dès les débuts de la télévision et tout au long de sa carrière, elle sera des séries de Germaine Guèvremont, Jovette Bernier, Marcel Dubé (La Côte de Sable, De 9 à 5), Janette Bertrand et Jean Lajeunesse (Quelle famille!) et Mia Riddez-Morrisset (Terre humaine). Sur scène et dans des téléthéâtres, elle jouera autant des classiques (Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, L'École des femmes de Molière) que des créations de pièces québécoises qui deviendront des classiques de chez nous comme Les Beaux dimanches et Au retour des oies blanches de Marcel Dubé, et Encore cinq minutes de Françoise Loranger travaillant avec nos plus grands metteurs en scène qui réalisent aussi pour la télévision (Paul Blouin, Jean Fugère, Florent Forget, Jean Faucher, Louis-Georges Carrier). En plus de jouer partout, elle fonde le Théâtre de La Marjolaine à Eastman où elle crée les premières comédies musicales québécoises avec Marcel Dubé, Jean Barbeau, Claude Léveillée, Louis-Georges Carrier. C'est là qu'on verra la naissance de Dites-le avec des fleurs, Doux Temps des amours, Elle tournera la terre et L'Arche de Noé. En 1976, elle propose Les Héros de mon enfance de Michel Tremblay et Sylvain Lelièvre. Elle y présente aussi des pièces de Maryse Pelletier et Élizabeth Bourget. Au fil des années, elle joue les grands personnages de la dramaturgie mondiale: Estelle dans Huis-clos de Sartre au Théâtre Anjou avec le Rideau Vert, Amanda dans La Ménagerie de verre de Tennessee Williams au Gesù avec la NCT, Dorine dans Le Tartuffe de Molière et Maria dans La Nuit des rois de Shakespeare au Théâtre Port-Royal de la Place des Arts avec le TNM, Martha dans Qui a peur de Virginia Woolf? d'Edward Albee et Anfissa dans Les Trois Soeurs de Tchekhov chez Duceppe. La Société Saint-Jean-Baptiste lui remet son Prix Victor-Morin en 1984, elle devient chevalier de l'Ordre national du Québec en 1991 et officier de l'Ordre du Canada en 1995. Elle est la mère du comédien Daniel Gadouas avec le comédien Robert Gadouas. C'est en 2014 qu'elle meurt à l'âge de 88 ans.

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