• Yanik Comeau

1er octobre

Dernière mise à jour : oct. 27

Chaque jour, Théâtralités souligne les naissances, les décès et les créations qui ont marqué le théâtre québécois. Que le rideau se lève!


1923: Naissance de Kim Yaroshevskaya

Photo: Jennifer Alleyn


Kim Yaroshevskaya est née à Moscou, en Russie. Lorsqu'elle est encore bébé, son père révolutionnaire est mis en prison et sa mère meurt. Elle passe deux ans dans un orphelinat avant de retourner vivre à Moscou avec sa grand-mère paternelle. Elle ne pourra pas aller rejoindre ses grands parents maternels qui habitent New York alors elle viendra s'installer à Montréal où vit une de ses tantes qu'elle ne connaît pas encore. Atteinte de tuberculose à l'adolescence, elle est isolée dans un sanatorium des Laurentides pendant deux ans. C'est à l'École des Beaux-Arts de Montréal qu'elle apprendra le français au début des années 1940, elle qui a surtout vécu en anglais dans ses premières années au Canada. Dans les années 1950, elle joint le Théâtre Le Grenier où elle crée le personnage de Fanfreluche qui, apparaîtra d'abord à la télé dans l'émission Fafouin en 1954, puis dans La Boïte à Surprise à partir de 1956 avant d'avoir sa propre émission de 1968 à 1971 (seulement 46 épisodes mais l'émission marquera toute une génération d'enfants québécois et canadiens-français). C'est elle qui écrit aussi tous les épisodes de Fanfreluche. Pour une autre génération d'enfants, elle sera bien sûr Grand-Mère dans Passe-Partout à Radio-Québec. À l'instar de ses personnages qui sont d'excellentes conteuses, Kim Yaroshevskaya donnera des spectacles dans les bibliothèques et les écoles, racontant à la fois des contes traditionnels russes et toutes sortes d'histoires empreintes d'imaginaire. La comédienne ne se limite pas pour autant au public jeunesse. Elle joue beaucoup au cinéma avec Léa Pool (La Femme de l'hôtel, Anne Trister, À Corps perdu) mais aussi avec André Melançon (Rafales), Roger Cantin (Simon les nuages), François Labonté (Henri et Manuel, le fils emprunté) et Paule Baillargeon (Le Sexe des étoiles et Sonia dans lequel elle tient le rôle-titre). À la télé, on lui écrit souvent des rôles de voisine russe sympathique. On la voit entre autres dans Peau de banane, D'Amour et d'amitié, Ent'Cadieux, Mon Meilleur Ennemi, Le Matou et Avec un grand A. Au théâtre, c'est plus de cinquante pièces qu'elle joue en carrière, foulant les planches du Théâtre du Nouveau Monde (Ionesco, Camus, Tchekhov, Shaw, Brecht, Pirandello...), du Théâtre Denise-Pelletier (Camus), du Théâtre du Rideau Vert (Henry James, Jorge Accame, Morris Panych), du Théâtre Port-Royal de la Place des Arts (Duceppe), du Centre National des Arts et du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui. Elle participe à plusieurs créations de pièces, notamment Mariaàgelas et La Veuve enragée d'Antonine Maillet, Baby blues de Carole Fréchette, Bois-Brûlés de Jean-Louis Roux, La P'tit Marchande de Michel Garneau, l'adaptation de Tremblay-Brassard de Lysistrata d'Aristophane, Dernier Recours de Baptiste à Catherine de Michèle Lalonde, Le Grand Théâtre du monde de Robert Gravel, Jean-Pierre Ronfard et Anne-Marie Provencher avec le Nouveau Théâtre Expérimental. Elle jouera dans l'adaptation d'Oncle Vania de Tremblay à laquelle elle contribue puis sera de l'adaptation de la même pièce par Elizabeth Bourget et René Gingras chez Duceppe. Bonne fête, Kim!



1947 : Naissance de Daniel Gadouas

Photo: Catherine Faucher


Natif de Montréal, le comédien Daniel Gadouas est ce que l'on appelle un enfant de la balle. Né de l'union des comédiens Robert Gadouas et Marjolaine Hébert, il commence jeune dans le métier. À la télé, il est des téléromans Rue de l'Anse, Rue des Pignons, de la série jeunesse Maigrichon et Gras-Double. Plus tard, il sera le Lionel du Temps d'une Paix, Moïse dans L'Héritage, Malahide dans Jalna... Il sera de plusieurs séries marquantes dont Omertà, la loi du silence, Le Masque, Nos étés, La Promesse, En thérapie (qui lui mérite une nomination aux Gémeaux) jusqu'à Unité 9, Au secours de Béatrice, Une Autre Histoire et Léo. Au théâtre, on le voit dans plusieurs rôles-titres ou plusieurs rôles principaux: il est Allan Strang dans Equus de Shaffer, Ben-Ur dans la pièce de Jean Barbeau, Tit-Coq dans la pièce de Gratien Gélinas, Tarzan dans Zone de Marcel Dubé, Britannicus de Racine dans le téléthéâtre de Paul Blouin, Stéphane dans Appelez-moi Stéphane de Claude Meunier et Louis Saia... Il joue dans des classiques (Cléante dans L'Avare de Molière, Don Gormas dans Le Cid de Corneille, Arnolphe dans Trois Écoles des femmes avec L'Opsis) autant que des créations (L'Exécution de Marie-Claire Blais, Avaler la mer et les poissons de Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent, Le Scalpel du diable de Jean-François Caron, L'Écolière de Tokyo de Jean-Philippe Lehoux). Au cinéma? De Quelques arpents de neige de Denis Héroux dans son enfance à Écho à Delta de Patrick Boivin tout récemment, on le voit dans Portion d'éternité, Sous-Sol, Gaz Bar Blues, Monsieur Lazhar, Paul à Québec... Daniel Gadouas a aussi écrit Québec-Love que Robert Charlebois a mis en musique. Bonne fête, Daniel!


1953: Naissance de Michel Crête



Le scénographe Michel Crête fait ses études en arts plastiques au Cégep du Vieux-Montréal avait de s'inscrire au Conservatoire d'art dramatique de Montréal qu'il quitte pour l'École Nationale de Théâtre du Canada. Sa première production professionnelle est le décor de la création de Being at Home with Claude de René-Daniel Dubois au Théâtre de Quat'Sous que lui confie Daniel Roussel. Il travaillera ensuite à répétition avec Gilbert Lepage qui le fait travailler au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui (Les Baleines de Jean-Raymond Marcoux), au Bateau-Théâtre L'Escale, chez Duceppe (notamment la trilogie de Neil Simon, Souvenirs de Brighton Beach, Biloxi Blues et Bonjour Broadway!) et au Théâtre Populaire du Québec (Le Temps d'une vie de Roland Lepage). Il travaille beaucoup avec un autre Lepage - Robert, celui-là - pour qui il crée la gigantesque machine sphérique, l'astrolabe de La Vie de Galilée de Brecht (Prix Gascon-Roux), la scénographie du Songe d'une nuit d'été de Shakespeare, celle de l'opéra Carmen et de Pour en finir une fois pour toues avec Carmen au Quat'Sous. Il conçoit les costumes du Cirque réinventé pour Franco Dragone et le Cirque du Soleil, des collaborations qui se multiplieront. Il réinvente justement la traditionnelle piste de cirque pour la transformer en plateau de théâtre pour Saltimbanco, Alegria, O, Quidam, La Nouba). Il ne néglige pas pour autant le théâtre, contribuant allégrement avec André Brassard tant pour des créations (La Charge de l'orignal épormyable de Gauvreau au Quat'Sous, La Maison suspendue de Michel Tremblay chez Duceppe, Conte d'hiver '70 d'Anne Legault au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui) que pour des classiques (Bousille et les Justes de Gratien Gélinas, Six personnages en quête d'acteurs de Pirandello). Il travaille avec Lorraine Pintal (Ha ha! de Réjean Ducharme, Florence de Marcel Dubé...), Dominic Champagne (Le Boss est mort d'Yvon Deschamps, Moby Dick de Melville-Perro) tout en poursuivant sa relation privilégiée avec Dragone et sa compagnie, Création du Dragon. Bonne fête, Michel!


1970: Création de Joualez-moi d’amour de Jean Barbeau dans une mise en scène de Claude Septembre au Chanteauteuil de Québec par le Théâtre Quotidien du Québec.


Dorothée Berryman et Jean Guy créaient les personnages de Julie et Jules, la prostituée et son client timide, dans Joualez-moi d'amour de Jean Barbeau. Le 13 février 1972, Jean-Louis Roux montait la pièce au Théâtre du Nouveau Monde, inaugurant ainsi le programme Théâtre-midi, des courtes pièces présentées à l'heure du lunch. Guy Godin jouait alors Jules et Geneviève Deloir et Anne Caron jouaient toutes deux Julie. Après 25 représentations en théâtre-midi, la production reprenait du service à l'été en programme double avec une autre pièce de Barbeau, Manon Lastcall. Le spectacle connût un tel succès qu'il fut repris au TNM, au Patriote et au Centre National des Arts à Ottawa jusqu'au 1er mai 1975.


Par la suite, à l'été 1979, Andrée Lachapelle et Bernard Meney reprenait la pièce dans un nouveau programme double avec Manon Lastcall produit par le Théâtre de Quat'Sous au Manoir Richelieu à La Malbaie. La mise en scène était signée Jean Dalmain. L'été suivant, le Quat'Sous, dans le cadre de son programme Le 4 Sous en vacances, offrait une nouvelle production de Joualez-moi d'amour au Cabaret-théâtre Belle Montagne de Saint-Jean-de-Matha. Anouk Simard et Carl Béchard étaient dirigés par Jean-Pierre Ménard et les décors et les costumes étaient signés Paul Buissonneau!


En mars 1987, La Troupe Entre Nous, ma première compagnie professionnelle, montait Joualez-moi d'amour et Goglu de Jean Barbeau au Théâtre du Vieux-Laprairie. La mise en scène était signée Dominic Trudel, Jacinthe Larivière et Martin Fillion incarnaient Julie et Jules alors que Goglu et Godbout étaient joués par Martin Fillion et moi. De beaux souvenirs!


1986: Création de Garrochés en paradis d’Antonine Maillet dans une mise en scène de Roland Laroche au Théâtre du Rideau Vert (Montréal).


Un an avant la création de Margot La Folle, la prolifique Antonine Maillet arrivait avec Garrochés en paradis au Théâtre du Rideau Vert. Roland Laroche dirigeait Gilles Pelletier (Don L'Orignal), Yvette Brind'Amour (La Veuve du docteur), Diane Lavallée (Mariaagélas), Alain Lamontagne (Noume), Hélène Loiselle (La Sagouine), Janine Sutto (La Sainte) et Roger Blay (Gapi). La pièce était ensuite présentée au Centre National des Arts à Ottawa et au Grand Théâtre de Québec.


2001 : Décès de Guy Beaulne


Né à Ottawa, le 23 décembre 1921, fils de Léonard Beaulne et père de Martine Beaulne, Guy Beaulne mourait à Montréal à l'âge de 79 ans après avoir eu une carrière théâtrale bien remplie. Diplômé en enseignement de l'École Normale, bachelier ès arts et bachelier en philosophie de l'Université d'Ottawa, il a été critique dramatique au journal Le Droit et réalisateur à CKCH-Hull en plus d'être animateur, comédien et metteur en scène. En 1948, le Gouvernement français lui offre une bourse en art dramatique qui lui permet de faire des études au Conservatoire national supérieur d'art dramatique de Paris où il étudie avec Denis d'Inès et à l'Institut de phonétique de la Sorbonne. Pendant deux années en Europe et à Paris, il est correspondant canadien de la Radiodiffusion française et délégué canadien aux congrès de l'Institut international du théâtre à Zurich et à Paris.

De retour au Canada, il est réalisateur aux émissions dramatiques à Radio-Canada (1950-1963) où il fonde Nouveautés dramatiques, un laboratoire de théâtre radiophonique pour auteurs, techniciens et comédiens. Premier réalisateur de La Famille Plouffe de Roger Lemelin, il dirige plusieurs séries consacrées au roman, au conte et au théâtre canadien.

Comédien et metteur en scène, il est associé au Caveau et au Canadian Repertory Theatre d'Ottawa; au Montreal Repertory Theatre, au Mountain Playhouse, à la Jeune Scène, au théâtre Chantecler et au Théâtre du Rideau Vert. C'est d'ailleurs avec le théâtre d'Yvette Brind'Amour et Mercedes Palomino qu'il crée le rôle du Curé dans Sonnez les matines de Félix Leclerc. Gouverneur du Festival d'art dramatique du Canada à partir de 1951, il fonde l'Association canadienne du théâtre amateur en 1958 et devient animateur et chargé de cours du Camp Orford des Jeunesses musicales du Canada (1958-1964). Il assumera la présidence du Centre du théâtre canadien (I.I.T.) en 1961 en plus d'être membre du conseil d'administration du Centre dramatique du Conservatoire (Théâtre populaire du Québec) de 1964 à 1976. Le ministère des Affaires culturelles l'invite à mettre en place le Service du théâtre en 1963. Il est nommé directeur général de l'enseignement artistique (Conservatoires) en 1965 et directeur général du théâtre et des conservatoires d'art dramatique en 1967. Il conduit plusieurs missions culturelles en France, en Allemagne, à Monaco, en Angleterre, en Norvège et en Tchécoslovaquie. Premier directeur général du Grand Théâtre de Québec, en 1970, il est aussi membre du conseil de l'Opéra de Québec en 1971. Nommé conseiller culturel à la Délégation générale du Québec à Paris (1979), il devient directeur du Conservatoire d'art dramatique de Montréal en 1981. Président du comité de fondation du Musée de la marionnette (1988), il est aussi membre du comité de rédaction de l'Annuaire théâtral (S.Q.E.T.) et du conseil d'administration de l'École supérieure de danse du Québec (1992). Élu membre de la Société royale du Canada (1972), membre de l'Ordre du Canada (1975), membre d'honneur de l'Association for Canadian Theatre History (1982) et membre d'honneur de la Société québécoise d'études théâtrales (1990), il a été une figure déterminante dans le monde du théâtre québécois mais bien au-delà.


2018: Création de Je suis mixte de Mathieu Quesnel dans une mise en scène de l’auteur à La Petite Licorne (Montréal), une production Tôtoutard


Benoit Mauffette, Yves Jacques et Navet Confit présentent pour la première fois cette nouvelle pièce de Mathieu Quesnel qui connaîtra un énorme succès. Elle sera présentée en tournée, notamment au Théâtre du Bic à Rimouski et à L'Agora des Arts de Rouyn-Noranda.



2019: Création de Tout inclus de François Grisé, mise en scène d'Alexandre Fecteau, une production Porte Parole et Un et Un font Mille en collaboration avec le collectif Nous sommes ici, présentée au Théâtre La Licorne en codiffusion avec La Manufacture (Montréal)


Les premiers volets de Tout inclus, le résultat d'un séjour d'un mois que François Grisé a fait en résidence pour personnes âgées privée, question d'observer nos aînés dans leur milieu de vie, étaient présenté à La Licorne à Montréal puis au Théâtre du Bic à Rimouski. Deux ans plus tard, le spectacle tout entier, 3h25 incluant un entracte, est présenté au Périscope à Québec et chez Duceppe à Montréal. La distribution comprend Marie Cantin, Marie-Ginette Guay, François Grisé et André Lacoste à la création, Jean-François Gaudet lors de la reprise. C'est la version finale que je verrai chez Duceppe.






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