• Yanik Comeau

25 avril

En ce 25 avril, nous avons plusieurs anniversaires et plusieurs créations à souligner. Levons le rideau !


1934: Naissance de Maurice Podbrey

Cofondateur avec Herbert Auerbach de la Centaur Theatre Company de Montréal, Maurice Podbrey est né à Durban en Afrique du Sud où il fait ses études universitaires en enseignement avant de s'établir en Angleterre en 1957. À Londres, il étudie aussi auprès de Richard Ainsley au Rose Bruford College of Speech and Drama. Il fonde le Chester Playhouse avant d'être invité à l'École Nationale de Théâtre du Canada à Montréal en 1966. Il en deviendra le directeur adjoint de la section anglaise. Trois ans plus tard, il installe ce qui deviendra le Centaur dans les locaux partiellement rénovés (par une compagnie de théâtre francophone qui fait faillite) de l'ancienne Bourse de Montréal. Comme il l'explique dans la vidéo plus bas, il louera une partie de l'immeuble pendant un moment puis s'en portera acquéreur, aménageant le Centaur 1 (une salle de 250 places) et le Centaur 2 (un théâtre de 440 sièges). Entre 1969 et 1997, l'année de sa retraite, il teinte ses saisons de sa vaste connaissance de répertoires variés. Au début, il y va de Shakespeare, Tchekhov, Brecht, Arthur Miller et présente aux Montréalais des auteurs britanniques contemporains comme Harold Pinter, Tom Stoppard, John Osborne et Paul Brenton. Au fil des saisons, il fait découvrir des auteurs canadiens anglais, Judith Thompson, Rick Salutin et, de par son pays d'origine, se sent une affinité toute particulière avec la dramaturgie du Sud-Africain d'Athol Fugard dont il met à l'affiche huit pièces, quatre qu'il met en scène lui-même dont bien sûr «Master Harold»... and the Boys.... Il fera également découvrir des auteurs montréalais dont David Fennario qu'il encourage à écrire pour le théâtre. Balconville, pièce bilingue, remporte le Prix Chalmers, mais ce sont huit pièces de Fennario qui seront créées au Centaur et qui rayonneront par la suite sur les scènes canadiennes et étrangères. Il proposera des traductions d'auteurs québécois dont Michel Tremblay, bien sûr, contribuant à réduire l'écart entre les deux solitudes. En 1995, il recevra le premier Prix Chalmers pour la direction artistique. Son livre Half Man, Half Beast: Making a Life in Canadian Theatre sera publié au moment de sa retraite du Centaur en 1997. Il retourne ensuite en Afrique du Sud pour fonder le Mopo, une compagnie orientée vers la création. Ses successeurs, Gordon McCall, Roy Surette et Eda Holmes, poursuivent son oeuvre dans la plus belle tradition de diversité proposée par monsieur Podbrey. Happy birthday, sir.



1939 : Naissance de Michel Garneau



Auteur, dramaturge, poète, musicien, professeur et comédien à ses heures, Michel Garneau est né à Montréal. Autodidacte, il a quitté l'école à 14 ans quelques mois après le suicide de son frère, le poète Sylvain Garneau. Il quitte le foyer familial à 15 ans décidé à suivre dans les traces de son frère. Il entre à l’École du Théâtre du Nouveau Monde mais la quitte rapidement, rejettant encore toute forme d'enseignement. Pourtant, il s’inscrit (en auditeur libre, quelque chose qui serait impossible aujourd'hui) au Conservatoire d’art dramatique de Montréal. Puis, encore adolescent, il devient ensuite annonceur de radio puis animateur, réalisateur et scripteur dans plusieurs émissions à Radio-Canada. Il écrit surtout de la poésie jusqu'à son emprisonnement pendant la crise d'octobre en 1970. Toujours en 1970, il participe à la Nuit de la poésie où il fait la lecture de Panneaux-réclame de Michèle Lalonde avec l'auteure et la comédienne Michelle Rossignol sur la scène du Gesù. Les rencontres qu'il fait pendant cette période d'effervescence politique et culturelle l'emmènent à écrire pour le théâtre. On lui doit Quatre à quatre, Abriés, désabriés, Avant la nuit... Offenbach, Le Bonhomme 7 heures, Les Célébrations (qu'Yves Simoneau adaptera pour en faire son premier long-métrage et qui, avec Adidou Adidouce lui méritera son premier Prix du Gouverneur Général en 1977), Les Guerriers, Émilie ne sera plus jamais cueillie par l'anémone, Héliotropes, Nasopodes et autres bêtes merveilleuses, Les Voyagements et Strauss et Pesant, entre autres. Il écrit également pour le jeune public, notamment la pièce Mademoiselle Rouge qui lui mérite son deuxième Prix du Gouverneur Général, L'Épopée de Gilgamesh, Joséphine la pas fine et Itoff le toffe ainsi que des traductions et adaptations d'oeuvres de Shakespeare qui ont remporté beaucoup de succès, dont son Macbeth monté au Trident et à la Bordée à Québec et par La Manufacture au Cinéma Parallèle à Montréal, son Coriolan monté par Robert Lepage, et sa version de La Tempête publiée chez VLB Éditeur. En 1978, il devient professeur de dramaturgie et d'improvisation à l'École Nationale de Théâtre du Canada dont il dirigera la section française à partir de 1986. De 1985 à 1987, il a été président du Conseil d'administration du Centre d’essai des auteurs dramatiques (CEAD). Il a aussi remporté la Coupe Charade comme entraîneur à la Ligue Nationale d'Improvisation et a reçu le Prix Victor-Morin en 1989. Bonne fête, monsieur Garneau!


1966: Naissance de Stéphane Jacques

Originaire de Saint-Jean-Port-Joli, Stéphane Jacques a reçu son diplôme de l'École Nationale de Théâtre du Canada en 1991 et s'est tout de suite fait remarqué aux auditions du Quat'Sous avec le duo de clown qu'il avait monté avec son partenaire de promotion, Benoît Brière. Ensemble, les confrères créeront Nez à nef ou Duel de naïfs qui sera présenté au même théâtre avec grand succès en 1992 et 1994. En 1992, il participe aussi à la cofondation du Théâtre Urbi et Orbi et interprète de nombreux textes d'un autre des cofondateurs de cette compagnie, Yvan Bienvenue. Jusqu'à maintenant, on a pu le voir dans plus de trente productions théâtrales. Bien qu'on ait tendance à le cantonner dans des rôles de psychopathes, de tueurs, de durs, dans les univers troublants de Brad Fraser (L'Homme laid, 1993, avec James Hyndman), George F. Walker (L'Enfant-problème, 1998), Hrito Boytchev (Le Colonel oiseau, 2001) tous au Quat'Sous, Gregory Burke (Gagarin Way, 2003, à La Licorne) ou Wajdi Mouawad (Willy Protagoras enfermé dans les toilettes, 1998 au Centre du Théâtre d'Aujourd'hui) mais peut tout autant s'éclater dans des comédies de Ray et Michael Cooney comme Pierre, Jean, Jacques au Théâtre du Vieux-Terrebonne, de Carlo Goldoni comme Barouf à Chioggia au Rideau Vert, d'Alfred Jarry comme Ubu roi au Théâtre Denise-Pelletier ou de Florian Zeller comme Une Heure de tranquillité chez Duceppe. À la télé, il reçoit des nominations aux Gémeaux pour des rôles variés également: Alain dans Jamais sans amour: Le Piège de Janette Bertrand, Vincent dans Virginie de Fabienne Larouche et Suzanne «Suzon» Mercier, une femme trans dans Une autre histoire de Chantal Cadieux, auteure qu'il retrouve après avoir joué le troublant Frank Manseau-Fisher dans Mémoires vives. Il a aussi laissé sa marque dans des séries comiques (La Petite Vie, Rock et Rolland, Histoires de filles, Mauvais karma) tout autant que dans des séries dramatiques (O', District 31, La Faille, Léo...). Bonne fête, Stéphane ! (Photo: Rolline Laporte)


1979: Création de Bachelor de Louise Roy et Louis Saia avec la collaboration de Michel Rivard, par le Théâtre des Voyagements (Montréal), une production Le Rideau de Tweed


Cette pièce solo tragi-comique connaîtra un succès phénoménal et fera l'objet de plusieurs tournées. Mettant en vedette Pauline Martin, elle propose de la musique originale et une chanson écrite par Robert Léger, chanson qui sera interprétée par Marie-Michèle Desrosiers, anciens partenaires du coauteur Michel Rivard dans Beau Dommage, bien sûr. Plusieurs années plus tard, une nouvelle production était montée avec Sylvie Léonard dans le rôle de Dolorès.


1979: Création de Cheval de fer de Réjean Vigneault dans une mise en scène de Rémy Girard, une production du Théâtre de l’Équinoxe au Théâtre du Vieux Québec.


2006: Création de Désordre public d’Evelyne de la Chenelière dans une mise en scène d’Alice Ronfard à Espace GO


Photo: Robert Etcheverry


Cette pièce d'Évelyne de la Chenelière est l'aboutissement d'une expérimentation d'écriture vertigineuse qui a commencé au Nouveau Théâtre Expérimental et qui était intitulée Aphrodite en '04. Par la suite, une version aboutie du texte a été créée sous le titre Désordre public à Espace GO à l'invitation de Ginette Noiseux. Alice Ronfard dirigeait Maxim Gaudette, Sophie Cadieux, Anna Liana, Didier Lucien, Jean Marchand, Marie Michaud, Édith Paquet, Dominique Leduc et Jacinthe Laguë.


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