• Yanik Comeau

16 août

Dernière mise à jour : août 16

Des naissances, un décès et des créations à souligner dans le merveilleux monde du théâtre québécois. Levons le rideau!


1947: Naissance de Marc Messier

Photo: Bruno Petrozza

Natif de Granby, Marc Messier a fait ses études en interprétation à l'Option-Théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe. Au début de sa carrière, il décroche de petits rôles dans des classiques sur les grandes scènes montréalaises: on le voit dans Cyrano de Bergerac auprès de Gilles Pelletier, François Tassé et Monique Lepage sur la scène du Gesù avec la NCT, La Ballade des morts d'Irwin Shaw au TNM et Un Tramway nommé Désir de Tennessee Williams chez Duceppe. Il sera également de plusieurs créations dont, bien sûr, l'incontournable Broue qu'il jouera d'abord dans une salle minuscule, le Théâtre des Voyagements, mais qui fera boule de neige. Tout ce qu'il touchera à partir de là se changera en or: les créations au théâtre du collectif Les Nerfs à l'air, Appelez-moi Stéphane et Les Voisins de Claude Meunier et Louis Saia, Les Noces de tôle de Meunier jusqu'à Neuf [titre provisoire] de Mani Soleymanlou au Théâtre d'Aujourd'hui en 2018. Il joue WIlly Loman dans La Mort d’un commis-voyageur, mise en scène par Serge Denoncourt, au Théâtre du Rideau Vert en 2017. À la télévision? Mentionnons Marc Gagnon dans Lance et Compte, Réjean dans La Petite Vie, Jacques Belhumeur dans Toute la vérité, Pierre Bernier dans Boomerang (prix Gémeaux meilleure interprétation masculine dans un role de soutien (comédie), 2017) et Hubert et Fanny. Au cinéma, il développe une complicité avec André Forcier: on le voit dans Une Histoire inventée et Le Vent du Wyoming en plus de travailler avec des éternels complices dans Le Grand Départ (Claude Meunier) et Le Sphinx (qu'il coscénarise avec Louis Saia). Parlant de Saia, Marc Messier est l'incontournable Bob dans l'univers des Boys à la télé et au cinéma. Excellent aussi dans des rôles plus dramatiques, mentionnons Portion d'éternité, le Kramer vs. Kramer du cinéma québécois. Quand on dit qu'un succès n'attend pas l'autre, on pense à Marc Messier. Bonne fête !


1956: Naissance de Denis Guérette

Le designer d'éclairages autodidacte Denis Guérette, né à Trois-Pistoles, a une feuille de route des plus impressionnantes. En plus de 35 ans de carrière, il a reçu plusieurs mentions et prix dont le très prestigieux Jacques-Pelletier pour ses éclairages de Phèdre de Racine à La Bordée. Reconnu partout au Québec autant qu'à l'international, c'est surtout dans la Vieille Capitale qu'il pratique son métier, signant les lumières de plus de 60 spectacles de théâtre, danse et opéra. Mentionnons en rafales Les Mains d'Edwige au moment de la naissance de Wajdi Mouawad et la création collective Lentement la beauté avec le Théâtre Niveau Parking, et Don Quichotte, Falstaff et Ines Pérée et Inat Tendu toutes trois mises en scène par Jean-Pierre Ronfard au Trident, Pour l'Opéra de Québec, il fera les éclairages de Carmen (1996), Les Noces de Figaro (1998), Madame Butterfly (1999) et Norma (2000), entre autres. Il fait aussi des éclairages pour des expériences muséales et des expositions, notamment au Musée de la Civilisation. Chef éclairagiste du Grand Théâtre de Québec à partir de 2004, il exerce son art dans les deux salles de cette institution depuis les années 80. Bonne fête, monsieur Guérette!


1975: Décès de Germaine Giroux

Comme sa soeur Antoinette, de trois ans son aînée, Germaine Giroux naît dans le quartier Saint-Henri de Montréal et étudie le théâtre au Conservatoire Lassalle. Elle entame sa carrière professionnelle à seulement 12 ans, carrière qui s'étendra sur plus d'un demi-siècle. Elle meurt à l'âge de 72 ans. C'est donc avant même d'entrer dans l'adolescence qu'elle donne la réplique à Eugénie Verteuil dans le drame Les Oiseaux de proie d'Adolphe d'Ennery sur la scène du Théâtre Canadien en septembre 1914. Elle jouera autant la comédie que le drame au Théâtre National, à l'Arcade et au Family. En 1930, elle suit Antoinette et leurs amis Albert Duquesne et Fred Barry dans l'aventure du Stella, comme nous le raconte Jean-Marc Larrue, historien du théâtre, dans le Dictionnaire des artistes du théâtre québécois. Dans le rôle-titre de Madame Sans-Gêne de Victorien Sardou, elle triomphe. Dix ans plus tard, elle jouera la Môme Crevette dans La Dame de chez Maxim's de Feydeau. Quand Pierre Dagenais fondera L'Équipe, elle se joindra à sa troupe, attirée par le génie du jeune prodige. En 1954, Jean Dalmain mettra encore son talent comique en valeur dans Trois Farces de Molière, Le Mariage forcé, Le Cocu imaginaire et La Jalousie du barbouillé. Toujours au TNM, elle alternera entre le drame et la comédie, jouant Pirandello sous la direction de Paul Hébert (Six Personnages en quête d'auteur), Irwin Shaw et Brecht sous la direction de Jean Gascon (Philippe et Jonas, L'Opéra de Quat'Sous), Michel Faure avec Paul Buissonneau (D.D.T.), Molière avec Jean Gascon (Le Médecin malgré lui en 1962 et L'Avare en 1963) et Feydeau avec Albert Millaire (La Main passe). Au Théâtre du Rideau Vert (la scène du Stella qu'elle revisitera périodiquement), elle est la première Thérèse Dubuc des Belles-Soeurs de Michel Tremblay et incarnera Germaine Lauzon à la reprise en 1971 (aussi au Centre National des Arts et au Grand Théâtre de Québec). La scène du Rideau Vert, elle la foulera souvent et dans un vaste éventail de textes: Assassins associés de Robert Thomas aux côtés de sa soeur Antoinette, Chat en poche de Feydeau, Fleurs de cactus de Barillet et Gredy, L'Oiseau bleu de Maurice Maeterlinck (trois productions!), La Poudre aux yeux de Labiche, Je veux voir Mioussov de Valentin Kataiev, Pour Lucrèce de Jean Giraudoux et dans les revues de fin d'année On grève... de rire (1965) et En rire... et en couleurs! (1966). À la radio et à la télé, elle sera la Lionne (Victorine) dans Les Belles Histoires des pays d'en haut, Acayenne dans Le Survenant et Au chenal du moine et jouera deux rôles différents à six ans d'intervalle dans Rue des Pignons. Elle jouera aussi en anglais, notamment dans le téléfilm Anne, la maison aux pignons verts en 1957.


2011: Création de Deux ans de votre vie de Rébecca Déraspe, mise en scène de Jacques Laroche, à la Salle Jean-Claude Germain du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui (Montréal), une production de Biches Pensives

Photo: Jérôme Leclerc


La nouvelle création de Rébecca Déraspe a été si bien accueillie que le public lui a donné le Prix Auteur Dramatique BMO Groupe financier. Benoît Drouin-Germain, Annie Darisse et Dominique Leclerc défendaient ce nouveau texte de celle qui allait ensuite nous donner, entre autres, Peau d'ours, Je suis William, l'adaptation d'Une Maison de poupée et Ceux qui se sont évaporés.

Photo: Jérôme Leclerc




2018 : Création de Sapientia de Hroswitha de Gandersheim par Scapegoat Carnivale Theatre au Main Line Theatre, Espace MiniMain (Montréal)


J'ai vraiment beaucoup aimé cet ingénieux théâtre d'objets de Scapegoat Carnivale, adapté par Joseph Shragge, mis en scène par Mia van Leeuwen et mettant en vedette Alison Darcy, Robert Leveroos, Alexandra Petrachuk, Paul Van Dyck et le musicien Evan Stepanian. Vivement la prochaine production de cette compagnie novatrice.



2021: Décès de Pascal Rollin


Atteint d'un cancer des poumons en phase terminal, le comédien Pascal Rollin passe les dernières semaines de sa vie à la Maison Saint-Raphaël en soins palliatifs. Il s'éteint à 81 ans. Né à Montréal et formé au Conservatoire d'art dramatique de Montréal ainsi qu'auprès de la célèbre Mme Audet et du comédien Henri Norbert, Pascal Rollin est un de nos grands comédiens qui aura tout fait, même propriétaire de théâtre! Il aura joué dans plus d'une cinquantaine de productions théâtrales, prêtant son talent, sa voix chaude et son élégance aux textes classiques autant qu'aux pièces contemporaines. Tout jeune, il travaillera beaucoup avec Paul Buissonneau (les créations québécoises La Passion ou le Manteau de Galilée et D.D.T. et la pièce française Malbrough s'en-va-t'en guerre de Marcel Achard), avec Jean-Louis Roux et Jean Gascon au TNM (Paulin dans Bérénice de Racine, Cléante dans Le Tartuffe de Molière, des rôles dans On n'a pas tué Joe Hill de Barrie Stavis, dans la création des Bois-Brûlés de Jean-Louis Roux et dans Jeux de massacre d'Ionesco avec le premier, la création de Klondyke de Jacques Languirand et Tebaldeo dans Lorenzaccio de Musset avec le second) et d'autres jeunes premiers avec Jean Dalmain, Georges Groulx, Yvan Canuel, Paul Hébert et Florent Forget à la Nouvelle Compagnie Théâtrale, au Rideau Vert ou au TNM jouant Molière, Sophocle, Pirandello. Le Théâtre Sans Fil profite de sa voix magnifique pour lui confier la narration de ses spectacles Ciel bleu prend femme et Le Hobbit tout en lui proposant des personnages dans Jeux de rêves et dans Le Seigneur des anneaux. Dans le deuxième chapitre de sa carrière théâtrale, il jouera Neil Simon (Suite californienne au Café-théâtre du Bois-de-Coulonge à Québec, Des moutons noirs pure laine au Théâtre des Cascades dont il sera co-propriétaire pendant quelques années), Brecht (La Vie de Galilée au TNM), Romain Gary (La Vie devant soi au Rideau Vert), Racine (Phèdre au TNM) et Tchekhov (La Mouette au Rideau Vert), entre autres. Il est également de plusieurs autres créations québécoises, notamment La Guerre, Yes Sir! de Roch Carrier et Messe solennelle pour une pleine lune d'été de Michel Tremblay pour Le Trident. Il prêtera sa voix à plusieurs publicités, à plusieurs doublages (le Dr. Marcus Welby, pour le Québec, c'est lui!) et à Millimagino dans Les Oraliens! À la télé, on le voit dans bon nombre de téléthéâtres, téléromans et téléséries, notamment Le Clan Beaulieu, L'Or du temps, La Maison Deschênes, Scoop et plus récemment 19-2 et Les Pays d'en haut. Il joue aussi dans Le Confessionnal de Robert Lepage au cinéma. (Photo: Agence Diane Riel)

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