• Yanik Comeau

23 mai

Qu'est-ce qui a marqué le 23 mai au fil des années dans le monde du théâtre québécois? Vous êtes au bon endroit pour le savoir!


1931: Naissance de Jacques Zouvi

Le comédien, animateur, metteur en scène et professeur à l'Option-Théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe - conjoint d'Amulette Garneau et père d'Alain Zouvi - est né à Paris. Au cours de sa trop courte carrière, il aura néanmoins été de l'aventure de L'Égrégore où il joue et signe des mises en scène, notamment une Fin de partie de Beckett qui lui mérite le prix de la meilleure mise en scène au Festival d'art dramatique de Montréal en 1960. Comme pédagogue, en plus du Cégep de Saint-Hyacinthe où il enseignera pendant 15 ans, il signe des mises en scène au Conservatoire d'art dramatique de Montréal et à l'École Nationale de Théâtre. Il jouera Molière en français et en anglais, Marivaux, Goldoni, Shakespeare sur plusieurs de nos plus grandes scènes, notamment le TNM, le Rideau Vert et le CNA (Ottawa). Parmi les pièces qu'il interprète, mentionnons Monsieur de Pourceaugnac et L'Impromptu de Versailles de Molière au Rideau Vert, L'Heureux Stratagème et Le Jeu de l'amour et du hasard de Marivaux tout en participant à la création de Visite libre de Michel Faure présentée au Quat'Sous. Il nous quittait en 1989 à l'âge de 57 ans dans un accident de voiture sur le Pont Jacques-Cartier.


1994: Décès de Dyne Mousso

C'est six jours après son 64e anniversaire de naissance que la comédienne Dyne Mousso, née Denise Guilbault, succombe à un cancer. Comme sa soeur Muriel Guilbault, elle était d'une grande beauté et avait un talent incommensurable. Née à Montréal, elle a fait ses débuts au théâtre dans une salle minuscule où trop peu de gens ont pu la voir épater dans deux spectacles du metteur en scène français Jacques Mauclair. Son mari Jean-Paul Mousseau, peintre et scénographe, cosignataire du Refus Global, travaillait également sur ces spectacles. C'est aussi en 1955 qu'elle fait son entrée au TNM, incarnant une saisissante Nina dans La Mouette de Tchekhov, rôle qu'elle reprendra treize ans plus tard à la Nouvelle Compagnie Théâtrale. En plus de multiplier les rôles dans des téléthéâtres et de séduire les téléspectateurs dans Le Survenant de Germaine Guèvremont et dans Sous le signe du lion de Françoise Loranger, elle joue des classiques tout autant que des créations à la scène: L'Oeil du peuple d'André Langevin, Lorrenzaccio d'Alfred de Musset, Catherine, la fille muette de Mère Courage de Bertholt Brecht aux côtés de Denise Pelletier, Abbie dans Désir sous les ormes d'Eugène O'Neill, Électre dans Oreste ou les Choéphores d'Eschyle... toutes au TNM où elle est dirigée par Jean-Louis Roux, Jean Gascon, Jean-Pierre Ronfard, John Hirsh, Olivier Reichenbach, Paul Hébert... et avant que le TNM ne s'établisse à la Comédie-Canadienne, elle joue Jeanne dans L'Alouette de Jean Anouilh dirigée par Gratien Gélinas sur cette scène. À la Nouvelle Compagnie Théâtrale, elle joue Molière pour Jean Dalmain, Shakespeare pour Pierre Dagenais, Jules Romains pour Georges Groulx et reprend Tchekhov pour Gilles Pelletier. En 1970, elle crée Bien à moi Marquise de Marie Savard présentée en programme double avec Claude Gai dans La Duchesse de Langeais de Michel Tremblay, un spectacle mis en scène par André Brassard au Quat'Sous. Au milieu de la quarantaine, elle cesse de jouer, semant la consternation dans le milieu et créant un mystère qui n'est toujours pas complètement résolu. Certains ont évoqué une peur de la scène, d'autres ont dit qu'elle avait des problèmes d'alcool. Ses performances sublimes demeurent inoubliables dans le coeur et la mémoire de ceux qui l'ont vue. Sa fille Katerine Mousseau est également comédienne et Dyne est la grand-mère du chef Antonin Mousseau-Rivard, propriétaire - avec sa mère - du restaurant Le Mousso.


2006: Décès de Pierre Gobeil

C'est à l'âge de 68 ans que le comédien, metteur en scène et cofondateur du Théâtre de L'Atelier de Sherbrooke nous quittait en 2006. Né à Grand-Mère en 1938, Pierre Gobeil a joué dans plus d'une trentaine de productions et signé 33 mises en scène au cours de sa carrière en plus de se faire connaître du grand public par ses performances mémorables dans trois téléromans de Lise Payette, Des Dames de coeur, dans lequel il remplace Raymond Bouchard dans le rôle de Roger Lamontagne, personnage qu'il reprend dans Un Signe de feu, puis dans la première quotidienne de Radio-Canada, Marilyn, dans laquelle il incarne Gilles Touchette aux côtés de Louisette Dussault. Au théâtre, il montera des auteurs aussi variés que Ionesco, Arrabal, Tremblay, Garneau, Albee, Schisgall, Vian et Saïa. Il dirigera le Théâtre de L'Atelier de 1968 à 1982, le Piggery de North Hatley pendant trois saisons et fondera le Festival de théâtre étudiant du Lac Mégantic. Au cinéma, il tournera avec Jean Beaudin (J.A. Martin Photographe, Cordélia), Anne-Claire Poirier (La Quarantaine, Mourir à tue-tête) et Léa Pool (À Corps perdu). En 1984, à quelques jours de la première de la pièce Le Clan de George Sibbald, il est victime d'un infarctus et doit être remplacé. Il se remettra et reprendra le boulot. En 1986, la Société Saint-Jean-Baptiste de Sherbrooke lui décerne son Prix littéraire et artistique et en 1994, il reçoit le prix Hommage de l'Académie Québécoise du Théâtre à titre de bâtisseur de notre théâtre.


2017: Décès de Nicole Leblanc

Née à Saint-Jogues/Maria en Gaspésie, Nicole Leblanc a complété sa formation à l'École Nationale de Théâtre du Canada en 1965 et a passé ensuite deux ans à parcourir le monde avec deux spectacles présentés en tournée. En 1971, elle fonde le Théâtre du Même Nom, une des compagnies qui fait partie du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui. Sorte de pied de nez au Théâtre du Nouveau Monde (TNM, TMN) qu'ils jugent trop formel, pas assez «nouvelles voix, nouveaux textes», Jean-Claude Germain, Nicole Leblanc et leurs complices multiplieront les créations. Elle participe à une dizaine de ses nouvelles pièces en douze ans, dont Les Hauts et les Bas dla vie d'une diva, L'Indiva, L'Affront commun, Dédé Mesure et Diguidi diguidi ha! ha! ha! S'imposant aussi à la télé dans Rue des Pignons puis dans l'univers de Pierre Gauvreau (la Rose-Anna du Temps d'une paix et la Bella de Cormoran) avant de devenir l'adorable Paméla de 4 et demi..., le public court la voir au théâtre d'été (Bateau-théâtre L'Escale, Théâtre Beaumont-Saint-Michel, Théâtre du Lac Delage, Théâtre du Bois de Coulonge) tout autant que pendant la saison régulière. Elle sera de la création des Belles-Soeurs de Michel Tremblay (jouant à 28 ans la vieille Olivine Dubuc de 93 ans en fauteuil roulant !) et sera de deux autres productions de cette pièce, jouant Germaine Lauzon à la NCT en 1984 et Des-Neiges Verrette chez Duceppe en 1993 dans une mise en scène de Denise Filiatrault. Elle sera Marie-Lou dans À toi, pour toujours, ta Marie-Lou et Denise dans Bonjour, là, bonjour au TNM. En plus de ses solos avec Jean-Claude Germain, elle monte sur scène seule dans Valentine de Willy Russell au Rideau Vert (mise en scène de son deuxième Joseph-Arthur du Temps d'une paix, Jean Besré) et dans Maudite machine d'Abla Farhoud. Elle jouera beaucoup - et surtout - les auteurs québécois, en reprise et en création: Bousille et les Justes de Gratien Gélinas, En attendant Trudot de Victor-Lévy Beaulieu, Mon homme de Suzanne Aubry, Élizabeth Bourget et Maryse Pelletier, Le Faucon de Marie Laberge, Un Simple Soldat de Marcel Dubé, Août - Un repas à la campagne de Jean-Marc Dalpé et Sur le bord de la fenêtre, un tout petit chien en flammes de Patrick Quintal (avec le Théâtre du Double Signe en tournée à travers le Québec pendant deux ans). C'est à 75 ans qu'elle nous quittera après une longue maladie.

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