• Yanik Comeau

8 décembre

Mis à jour : janv. 28

Qu'ont en commun Gratien Gélinas, Nadine Gillot, Muriel Dutil, Jacques Rossi, Antonine Maillet et Julien Daoust? Le 8 décembre et le théâtre, bien sûr!


1909 : Naissance de Gratien Gélinas

Auteur, comédien, metteur en scène et directeur de théâtre, Gratien Gélinas est souvent désigné comme le père de notre dramaturgie. Né à Saint-Tite, il commence à faire du théâtre au Collège de Montréal avant de faire ses débuts avec le Théâtre français du Montreal Repertory Theatre où il joue Shakespeare. En 1934, il fait ses débuts à la radio comme comédien avec la série Le Curé de village de Robert Choquette. Très vite, il commencera à écrire lui-même, créant à CKAC le personnage de Fridolin dans le cadre d'une émission qu'il écrit qui s'intitule Le Carrousel du rire. Celle-ci connaît un tel succès et son personnage est si apprécié du public qu'il décide de le porter vers le public en l'amenant sur scène. Ainsi naissent ses revues annuelles d'abord appelées Fridolinons puis rebaptisées Les Fridolinades. Fridolin, tel qu'incarné par Gélinas, est un petit coquin qui commente l'actualité et critique l'autorité et les incongruités sociales avec une telle désinvolture qu'il réussit toujours à passer sous le radar de la censure. Le public en redemande! Les textes des Fridolinades seront publiés, joués un peu partout et repris avec un succès hallucinant en 1988 sous la houlette de Denise Filiatrault, une production du Centre National des Arts d'Ottawa repris au Rideau Vert à Montréal. Deux des sketchs des Fridolinades, Le Conscrit et Le Retour du conscrit, seront si appréciés du public que Gélinas sera inspiré à créer une pièce autour de ce personnage. Ainsi naîtra Tit-Coq qu'il jouera, mettra en scène, adaptera pour le cinéma et présentera plus de 500 fois sur scène. Sa deuxième pièce aussi, Bousille et les Justes, dont il tient encore le rôle principal et signe la mise en scène, connaîtra un grand succès (330 représentations). C'est son désir de créer un théâtre national pour les francophones du Québec qui le poussera à acquérir l'immense théâtre Gaiety's (maintenant le TNM) et le baptiser Comédie-Canadienne en 1957. Malgré le succès des pièces qu'il y présente, la salle est trop vaste pour qu'il puisse la rentabiliser et il finit par céder son bail aux Gascon, Roux et compagnie en 1972. Gélinas continuera à jouer à la télé et au cinéma (Agnes of God de Norman Jewison et Les Tisserands du pouvoir de Claude Fournier, entre autres) mais reviendra à l'écriture théâtrale dans les années 90 pour écrire La Passion de Narcisse Mondoux, sa dernière pièce, un duo d'acteurs qu'il jouera en français et en anglais d'un océan à l'autre pendant trois ans avec sa deuxième femme, Huguette Oligny. Ses pièces sont encore jouées aujourd'hui, considérées comme les premiers classiques de notre dramaturgie. Gratien Gélinas s'est éteint le 16 mars 1999 à l'âge de 89 ans.



1937: Naissance de Nadine Gilliot


Née à Rouyn, Nadine Gilliot a été une de nos plus grandes maquilleuses en plus d'être assistante prothésiste auprès de René Demers à Radio-Canada, devenant ainsi experte en fabrication de jambes de bras et de jambes. Avant même d'entreprendre ses études aux Beaux-Arts de Montréal (1963-1966), elle travaillait comme assistante maquilleuse à Radio-Canada à laver les pinceaux et les éponges. Elle a pris sa retraite en 1994 mais a toujours continué à travailler comme pigiste. De nombreuses compagnies théâtrales ont aussi fait appel à ses services en commençant par le Théâtre Club, la Roulotte de Paul Buissonneau qui l'embauchera aussi pour la création de son Manteau de Galilée à la Place des Arts et les premières productions du QuatSous (notamment La Tour Eiffel qui tue). Elle sera de la Dame aux camélias du Rideau Vert et de la reprise de Charbonneau et le Chef à Montréal lorsque Jean Duceppe fondera sa compagnie. Avant ça, elle sera du Festival de l'Expo 67 maquillant les troupes invitées (les Ballets Bolshoï, la Laterna Magika de Prague) en plus du Grand Guignol de Paris à L'Orphéum. Dans le Dictionnaire des artistes du théâtre québécois, Michel Vaïs nous rappelle aussi qu'elle a maquillé Pavarotti de passage à la Place des Arts avec La Scala de Milan et qu'elle a participé au premier film de Radio-Canada Pierre Esprit Radisson «où, dehors, il fallait faire fondre la neige pour mouiller les éponges à 20 degrés au-dessous de zéro.» En plus d'enseigner le maquillage à l'École Nationale de Théâtre du Canada, aux Options-Théâtre des Cégeps de Saint-Hyacinthe et Lionel-Groulx, à l'UQAM et à l'Université de Montréal, elle fait des contrats de maquillage, notamment pour les brochures de saison du TNM en 206 et 2007 et assiste Jacques-Lee Pelletier sur Ubu roi en 2007.


1943: Naissance de Muriel Dutil

Photo: Stéphane Dumais


Formée au Conservatoire d'art dramatique de Montréal, la comédienne Muriel Dutil, native de Sainte-Claire-de-Colombourg, oeuvre dans le milieu théâtral depuis maintenant cinquante ans! Sur scène seulement, c'est presque 90 productions - dont plus de la moitié des créations ! - qui se sont inscrites à son curriculum vitae au fil des années. De Jean-Claude Germain à Olivier Choinière, de Claude Gauvreau et Roland Lepage à Emmanuelle Jimenez et Catherine Léger, elle est inoubliable dans de nombreuses pièces dont les créations d'Albertine en cinq temps (la première Madeleine) et Messe solennelle pour une pleine lune d'été de Michel Tremblay (la première Jeannine) et, plus récemment, Opium_37 de Catherine Léger mis en scène par Éric Jean (Théâtre de Quat’ Sous), Félicité d’Olivier Choinière mis en scène par Sylvain Bélanger (Espace Go), Sacré Cœur d’Alexis Martin et Alain Vadeboncoeur et Manifeste de la Jeune-Fille de Choinière présentées au Nouveau Théâtre Expérimental et au Théâtre Outremont respectivement puis en tournée au Québec. À la télévision, on l'a vue dans Les Girouettes, La Fricassée, Graffiti, Radio Enfer, SOS j’écoute, Bonjour docteur, Tandem, Chartrand et Simonne, Virginie, Portrait vidéo, Le Cœur découvert, Les Voisins, Mirador, Le Gentleman, La Promesse, Nouvelle adresse et L'Âge adulte. Au cinéma, elle a tourné dans Parlez-nous d'amour de Jean-Claude Lord, Mario de Jean Beaudin, Mourir à tue-tête et Salut Victor d'Anne-Claire Poirier, Idole instantanée d’Yves Desgagnés, Revoir Julie de Jeanne Crépeau, Curling de Denis Côté, Aurore de Luc Dionne, La Neuveine de Bernard Émond et Ressac de Pascale Ferland. Lors du premier gala des prix Gémeaux (1987), elle s'est mérité le trophée de la meilleure interprète pour son rôle de Marie dans l’épisode Marie et François de la série L’Amour avec un grand A de Janette Bertrand. Par la suite, elle s’est retrouvée en lice pour ses rôles dans Portrait vidéo, Graffiti, Le gentleman et La promesse. En 2005, au gala des Masques, elle reçoit le prix de la meilleure interprète de l’année pour le rôle de Grace qu’elle interprète dans la pièce Grace et Gloria. En 2019, elle est sublime dans Les Coleman-Millaire-Fortin-Campbell de Claudio Tolcachir à la Salle Fred-Barry. Bonne fête, Muriel!


1943: Décès de Julien Daoust


Natif de Saint-Polycarpe en Montérégie, le comédien, metteur en scène et dramaturge Julien Daoust était reconnu pour sa polyvalence. Il commence sa carrière d'acteur auprès de Blanche de la Sablonnière dans Marie Tudor de Victor Hugo en 1883. Il joue aussi sous la direction d'Edmond Templé avant de se joindre au Kate Claxton Company, une troupe américaine. Lorsqu'il revient à Montréal, il reprend sa carrière de comédien, metteur en scène et auteur de théâtre. C'est lui qui fait construire le Théâtre National au coin des rues Beaudry et Sainte-Catherine. Il le dirige pendant quelques temps et souhaite qu'il devienne le lieu où pourra se développer le théâtre canadien-français. Il sera un peu trop avant-gardiste, malheureusement, mais connaîtra un énorme succès avec la pièce La Passion qu'il coécrit avec Germain Beaulieu et dans laquelle il tient le rôle du Christ. Selon le regretté historien du théâtre Jean-Cléo Godin dans le Dictionnaire des artistes du théâtre québécois, Julien Daoust «aurait écrit plus d'une vingtaine de pièces, dont plusieurs sont perdues; le fonds déposé aux Archives de la Bibliothèque nationale du Québec conserve 13 textes dramatiques.» Les trois autres grands succès de sa carrière, comme dramaturge et comédien, ont été Le Triomphe de la croix (1903 publiée vingt-cinq ans plus tard), Le Chemin des larmes (1915) et La Conscience d'un prêtre qui aurait inspiré Alfred Hitchcock pour I Confess. Le Chemin des larmes a connu un tel succès qu'elle a été reprise plusieurs fois entre 1915 et 1936 et, selon Henry Deyglun, elle a été si rentable qu'on l'appelait parfois Le Chemin des piastres. Jean-Cléo Godin nous apprend aussi que Daoust ne s'est pas limité au drame religieux et au mélodrame. Il a aussi fait dans la revue musicale, notamment avec sa première femme, Bella Ouellette qu'il a dirigée dès ses débuts et dont il s'est éventuellement séparé mais avec laquelle il a connu beaucoup de succès. Son spectacle La Belle Montréalaise (1913) - qui sera aussi joué à Québec sous le titre Allo Québécoise - «présentait un couple de jeunes campagnards dont les noms deviendront célèbres: Tit-Coq Sansette et La Poune. Daoust joindra la troupe de Fred Barry et Albert Duquesne à partir de 1920, mais Jean-Cléo Godin nous dit que sa popularité diminuera à partir de 1930, à un point tel que, même si Gratien Gélinas organise une fête en son honneur en 1941, lorsqu'il meurt deux ans plus tard, il est déjà un peu oublié. Nous espérons remédier à ce triste fait en parlant de lui ici, en lui redonnant sa place dans le monde du théâtre québécois.comédien


1948: Naissance de Jacques Rossi

Né à Montréal, Jacques Rossi est comédien, metteur en scène et pédagogue, particulièrement rattaché à l'Option-Théâtre du Cégep de Saint-Hyacinthe dont il sera le coordonnateur de 1988 à 1994 en plus d'enseigner l'interprétation, l'improvisation et de monter de nombreux spectacles. Il se spécialise dans la méthode Feldenkrais et l'intègre à son enseignement. En 2002, la IIIe Conférence mondiale des écoles de théâtre lui accorde le stutut d'expert international de la chaire UNESCO-IIT en enseignement supérieur du théâtre. Comme comédien, on l'a vu dans de nombreuses productions dont plusieurs créations sur les scènes du Centre du Théâtre d'Aujourd'hui (Yves Sauvageau, Victor-Lévy Beaulieu, Jean-Claude Germain), du Théâtre Denise-Pelletier (Marcel Dubé, Molière, Brecht, Roland Lepage, Arthur Miller, un spectacle Shakespeare qu'il adapte et met en scène lui-même), du Théâtre du Nouveau Monde (Feydeau, Molière, O'Neill, Dario Fo, Jean Frigon) en plus de plusieurs créations avec le Théâtre de la Nouvelle Lune, le Carrousel... Comme metteur en scène et comédien, il a beaucoup travaillé avec les Productions Jean-Bernard Hébert et la Comédie Humaine signant des pièces de Sam Shepard, John Herbert, Reginald Rose, Terrence McNally, Lyle Kessler. George F. Walker et Jeff Baron mais aussi les Québécois Marcel Dubé, Jean-Pierre Ronfard, Michel Garneau, Marc Favreau, Suzanne Aubry, Francine Ruel et François Cervantès, Christian Fortin et une création des jeunes Amélie Prévost et Annie Girard. Quatre de ses mises en scène ont été finalistes aux Masques et en 2006, il recevait le prix du Théâtre Privé pour Une Dangereuse Obsession de Norman James Crisp. Bonne fête, Jacques!


1977: Création de La Veuve enragée d’Antonine Maillet dans une mise en scène d’Yvette Brind’Amour au Théâtre du Rideau Vert (Montréal)



C'est une distribution 5 étoiles que dirige la directrice artistique du Rideau Vert dans cette nouvelle création d'Antonine Maillet: Denise Filiatrault, Janine Sutto, Viola Léger, Benoit Marleau, Kim Yaroshevskaya et Adriana Roach. Après la fin des représentations au Rideau Vert le 28 janvier 1978, la production déménagera au Centre National des Arts à Ottawa pour 10 représentations en février. Les Productions Mercedes Palomino agiront à titre de producteur pour ces représentations.



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