• Yanik Comeau

24 février

Plongez dans les souvenirs du théâtre québécois pour un 24 février. De belles choses se sont passées!


1949: Naissance de Gaston Lepage



C'est aujourd'hui qu'est né le comédien Gaston Lepage que j'ai découvert la première fois alors que j'étais en 1ère secondaire et qu'avec ma classe, j'étais allé voir L'Avare de Molière à la NCT (Théâtre Denise-Pelletier). Hé oui, l'Anatole des Brillant dans un classique ! Depuis ce temps - et même avant -, il en a joué quelques autres et il a toujours été marquant: notamment le Shylock du Marchand de Venise de Shakespeare sur la scène du TNM, là où il avait fait ses débuts en 1974 dans Ubu Roi d'Alfred Jarry dans une mise en scène de Jean-Pierre Ronfard. Son Shylock lui a mérité le Prix Gascon-Roux et, après cette performance mémorable, il annonçait qu'il prennait sa retraite de la scène, lui qui était très occupé par l'animation télé et qui souhaitait avoir plus de temps pour ses activités personnelles comme passer du temps à son chalet dans son petit coin de paradis isolé, comme il le raconte dans un documentaire qui lui est consacré. Néanmoins, il jouera au cinéma, pour Jean Beaudin (un rôle inoubliable dans Cordélia), son ami Jean-Claude Lauzon (Piwi) qui est, en fait, devenu son ami à la suite de ce tournage, Denys Arcand (Joyeux Calvaire, un délicieux duo avec Benoit Brière dans lequel ils jouent des itinérants, Les Invasions Barbares, L'Âge des ténèbres), André Forcier (La Comtesse de Bâton-Rouge, Les États-Unis d'Albert, Je me souviens, Coteau Rouge), Robert Morin (Que Dieu bénisse l'Amérique) et Louis Bélanger (Gaz Bar Blues, L'Heure de vérité), entre autres. Avant de quitter la scène, il aura beaucoup joué Molière, finalement: Le Misanthrope à La Poudrière, Les Fourberies de Scapin au TNM, Les Précieuses ridicules et Le Médecin Malgré Lui au Rideau Vert et dans d'autres registres de comédie, il aura joué au Théâtre de la Marjolaine, au Théâtre des Variétés, au Quat'Sous, à la LNI de 1977 à 1996. Bonne fête, monsieur Lepage!


1977: Création de Damnée Manon, Sacrée Sandra de Michel Tremblay dans une mise en scène d’André Brassard au Théâtre de Quat’Sous (Montréal)


Pièce qui s'inscrit dans le désormais célèbre «Cycle des Belles-Soeurs», Damnée Manon, Sacrée Sandra s'inscrit dans la lignée des «petites» pièces de Tremblay, dans le sens de «intimiste, petite distribution» comme Hosanna, La Duchesse de Langeais, À toi, pour toujours, ta Marie-Lou par opposition à En pièces détachées, Les Belles-Soeurs,

Demain matin, Montréal m'attend ou - à plus petite échelle - Albertine en cinq temps, Le Vrai Monde? ou Bonjour, là, bonjour. Créée en 1977, Damnée Manon, Sacrée Sandra, mise en scène par Brassard comme toutes les pièces du cycle, met en scène Rita Lafontaine dans le rôle de Manon, la fille dévote de Léopold et Marie-Louise dans À toi, pour toujours, ta Marie-Lou et le long-métrage Il était une fois dans l'est, et Sandra, incarnée par André Montmorency, le travesti qu'on rencontre aussi dans Il était une fois dans l'est. Cette pièce construite en monologues confirme le talent de Tremblay pour cet art du monologue. C'est un petit bijou trop souvent oublié.













1990: Création de Nelligan de Michel Tremblay et André Gagnon dans une mise en scène d’André Brassard à la salle Louis-Fréchette du Grand Théâtre de Québec, une production de l’Opéra de Montréal.


En 1990, Michel Tremblay, André Brassard et André Gagnon débarquent avec une oeuvre qui confirme la passion de Tremblay pour une autre forme d'art: l'opéra. La première production sera même créée par l'Opéra de Montréal. Bien qu'il ne s'agisse pas d'un opéra-rock comme Starmania ou un théâtre musical comme Demain matin, Montréal m'attend ou Pied de Poule, Nelligan est beaucoup plus théâtral que les opéras traditionnels, classiques, et c'est ce qui lui donne toute sa fraîcheur. Il raconte l'histoire d'un poète qui nous est cher, qui a eu une histoire tragique, digne du plus grand opéra mélodramatique et le résultat, qui mettait en vedette Yves Soutière, Michel Comeau, Jim Corcoran, Louise Forestier (qui avait été la première Louise de Demain matin, Montréal m'attend), Renée Claude, Marie-Jo Thério, Loui Mauffette, Dympna McConnell, Daniel Jean, Roger Bellemare, Jean Archambault et Brigitte Portelance, s'est avéré une première incursion concluante pour Tremblay dans l'univers de l'opéra. La récente reprise, 30 ans plus tard, mise en scène par Normand Chouinard, membre du conseil d'administration du TNM, a connu un succès impressionnant: 9 supplémentaires et 9 représentations en tournée. La distribution était tout aussi impressionnante: Marc Hervieux (à la source du projet), Kathleen Fortin, Dominique Côté, Jean Maheux, Linda Sorgini, Rosalie Asselin, Carla Antoun, Nadine Brière, Nathalie Doummar, Esther Gonthier, Noëlla Huet, Laetitia Isambert, Jérémie L'Espérance, Frayne McCarthy, Cécile Muhire, Jean-François Poulin, Isabelle Proulx-Lemire, Marie-Eve Scarfone et Léa Weilbrenner Lebeau.


2009: Création de La Grande Machinerie du monde, texte et mise en scène de Patrice Dubois à Espace GO, une production du Théâtre PàP (Montréal)

Sophie Cadieux, Patrick Drolet (en alternance avec Stéphane Franche) et Alexandre Goyette défendaient ce texte de Patrice Dubois porté à la scène par le Théâtre PàP. Patrice Dubois est maintenant directeur artistique de l'ancien Théâtre Petit à Petit, cofondé et codirigé par René Richard Cyr et Claude Poissant, entre autres. Il multiplie les créations et les résidences de création. Espace Go, Quat'Sous,... une compagnie en belle santé! Photo: Marie-Claude Hamel (sur la photo Alexandre Goyette et Sophie Cadieux)

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