• Yanik Comeau

10 janvier

Dernière mise à jour : janv. 10

Théâtralités présente ses éphémérides du théâtre québécois. Que s'est-il passé dans le monde du théâtre québécois un 10 janvier... ?


1979: Création de Profession : je l’aime de Marie Laberge, dans une mise en scène de l'auteure, au Théâtre du Vieux Québec


Vraiment drôle de lire, dans la critique de Joceline Hardy des cahiers de théâtre JEU, «on connaissait surtout Marie Laberge comme comédienne» alors que maintenant, plusieurs oublient même qu'elle a aussi écrit beaucoup de théâtre et signé plusieurs mises en scène (souvent de ses propres oeuvres) maintenant qu'elle se concentre surtout sur le roman. Mais oui, Marie Laberge a été (et sera peut-être encore) une dramaturge prolifique et importante dans notre dramaturgie. Avec Profession, je l'aime, elle mettait en scène trois de ses courtes pièces sous le titre parapluie de Profession: je l'aime. La distribution? La regrettée Ginette Guay qui nous quittait l'automne dernier, Manon Vallée et Pierrette Robitaille. La biographie de Marie Laberge sur son site web est aussi très intéressante. Suivez ce lien pour en savoir davantage: http://www.marielaberge.com/biographie/1979.


1980: Création de Les Nuits de l’Indiva, texte et mise en scène de Jean-Claude Germain avec François Dubé et Nicole Leblanc au Théâtre d’Aujourd’hui, rue Papineau (Montréal)


Muse incontestable de Jean-Claude Germain, la regrettée Nicole Leblanc a beaucoup joué les personnages créés pour elle par son conjoint. Les Nuits de l'Indiva, pièce dans laquelle on retrouve le personnage de Sarah Ménard mais devenue aigrie et frustrée et portant la charge politique de l'auteur contre cette quête de «l'internationalisation» de «l'art», était une suite attendue de Les Hauts et les Bas d'la vie d'une Diva.

image tirée du site du Centre du Théâtre d'aujourd'hui


1995: Création de Lucky Lady de Jean-Marc Dalpé, une coproduction Théâtre du Niveau Parking (Québec) et Théâtre de la Vieille 17 (Sudbury)


Après le succès d'Eddy et Le Chien (prix du Gouverneur Général en 1988), Lucky Lady a poursuivi l'incroyable lancée de Jean-Marc Dalpé dans l'univers du théâtre franco-canadien, québécois. Le comédien franco-ontarien formé au Conservatoire d'art dramatique de Québec et cofondateur du Théâtre de la Vieille 17 connaît tant de succès avec son écriture qu'on le voit moins comme acteur (bien qu'on l'ait vu dans Le Wild West Show de Gabriel Dumont pendant la saison 2017-2018. En 1990, le Théâtre Niveau Parking de Québec présentait un spectacle concept intitulé Passion «Fast Food» qui consistait en une douzaine de courtes pièces commandées à d'une douzaine d'auteurs et dont deux ou trois versions étaient disponibles. Le public participait au choix des pièces, distributions et versions présentées. Parmi ces courtes pièces, il y avait Blazing Bee to Win de Jean-Marc Dalpé, une pièce qui se passait dans le monde des paris de courses de chevaux. La pièce fut si appréciée du public, des comédiens, du metteur en scène Michel Nadeau qu'on en commanda en quelques sortes une version longue à Dalpé à qui on imposa certaines contraintes. Plus de deux ans plus tard, l'auteur arrivait avec une première version. Et pour faire une histoire courte, Lucky Lady, dans sa version finale, voyait finalement le jour en 1995. À sa création, Lucky Lady regroupait sur scène Benoit Gouin, Josée Deschênes, Marie-Thérèse Fortin, Sophie Dion et Robert Bellefeuille dirigés par Michel Nadeau. «... un des beaux exemples de suspense qu'il m'ait été donné de voir au théâtre...» disait à l'époque le critique du journal Le Devoir à l'époque. Je viens de relire cette pièce en 2021 et j'ai encore été séduit par la musicalité des dialogues et la lumière malgré l'univers "tragique" dans lequel sont plongés les personnages. Notons que Dalpé à écrit bien sûr plusieurs autres pièces depuis dont La Queens', pièce créée à La Licorne à Montréal à laquelle participait encore Marie-Thérèse Fortin.


1995: Inauguration officelle du nouvel Espace GO, boulevard Saint-Laurent (Montréal)


Après avoir occupé un petit théâtre de poche de la rue Clark pendant plusieurs années, le Théâtre Expérimental des Femmes, issu lui-même de la scission du Théâtre Expérimental de Montréal, investit un nouveau lieu, boulevard Saint-Laurent, qui s'appellera Espace GO. C'est avec une reprise d'Inventaires de Philippe Minyana, mise en scène par Louise Laprade, que le nouveau théâtre prendra vie. La pièce mettait en vedette Sophie Faucher, Diane Lavallée, Suzanne Champagne et Gerry Leduc.

Photo: André Panneton


2012: Création de L’Anatomie du chien de Pier-Luc Lasalle, mise en scène de Charles Dauphinais, à la Salle Jean-Claude-Germain du Centre du Théâtre d’Aujourd’hui (Montréal), une production du Théâtre Sans Domicile Fixe


Parlant du chien de Jean-Marc Dalpé, un des dignes héritiers dramaturgiques de Dalpé est sans doute Pier-Luc Lasalle. Sa pièce L'Anatomie du chien était créée pendant une résidence du Théâtre Sans Domicile Fixe... qui a eu un domicile temporaire (!) à la Salle Jean-Claude-Germain. La distribution comprenait Sébastien Dodge, Marie-Michelle Garon, Sharon Ibgui, Agathe Lanctôt, Emmanuel Reichenbach et Simon Rousseau.


2012: Création de Moi, dans les ruines rouges du siècle d’Olivier Kemeid au Centre du Théâtre d’aujourd’hui (Montréal)

La même année et le même soir que L'Anatomie du chien voyait le jour dans sa petite salle, le Centre du Théâtre d'Aujourd'hui accueillait dans sa grande salle une pièce fascinante d'Olivier Kemeid (dont la compagnie Trois Tristes Tigres était aussi en résidence au CDTA) inspirée de l'histoire d'immigration de Sasha Samar qui jouait aussi le personnage principal entouré de Robert Lalonde dans le rôle de son père, Sophie Cadieux, Annick Bergeron et Geoffrey Gaquère. Une pièce que j'ai beaucoup aimée. Elle a connu un tel succès qu'elle a été reprise en septembre 2013 et présentée au Théâtre du Bic à Rimouski le 18 octobre 2013, Puis, à la saison 2014-2015, elle est présentée à nouveau au Théâtre de Quat'Sous (Montréal) et au Périscope (Québec). Cette fois, Sophie Cadieux et Annick Bergeron sont remplacées par Marilyn Castonguay et Pascale Montpetit.





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