top of page
  • Photo du rédacteurYanik Comeau

Théâtre: «La Dernière Cassette» d’Olivier Choinière: Violette virtuose!

Dernière mise à jour : 17 oct. 2023

par Yanik Comeau (Comunik Média/ZoneCulture)

Quelle semaine fascinante pour l’amoureux de théâtre que je suis! Quatre spectacles, trois solos! Avec La Dernière Cassette, je vais à la rencontre de deux artistes qui me fascinent (Olivier Choinière et Violette Chauveau) et l’idole de tous, André Brassard, dont l’existence est au cœur du projet. Ces artistes, je les fréquente depuis 20 à 40 ans. Ils m’ont époustouflé, ils m’ont déçu. Ils m’ont confondu, ils m’ont ébloui.



La Dernière Cassette, c’est un hommage au grand metteur en scène André Brassard qui nous a quittés en octobre 2022 mais qui avait été sérieusement ralenti jusqu’à l’éventuel arrêt total de ses activités professionnelles par un accident vasculaire cérébral en 1999. Comme tant de personnes affaiblies par la maladie, Brassard recevait de moins en moins d’appels téléphoniques, de moins en moins de visites pendant les vingt dernières années de sa vie. Heureusement, il y a eu Violette Chauveau, qu’on disait sa muse et qu’il a dirigée dans Tremblay et Highway, dans deux de ses dernières mises en scène. Heureusement, il y a eu Olivier Choinière, Guillaume Corbeil, Marie-José Raymond et Claude Fournier, Alice Ronfard… des artistes qui ont pris soin de préserver la mémoire de Brassard et qui ont gardé sa flamme bien vivante jusqu’à la fin.



Qu’Olivier Choinière ait eu l’instinct de faire un clin d’œil à Beckett et à sa Dernière Bande est d’autant plus fascinant et à propos que Brassard avait un tel amour pour le maître de l’absurde d’origine irlandaise dont il a monté un mémorable En attendant Godot qui mettait en vedette l’amoureux de Violette, Normand Chouinard, et un Oh les beaux jours ! en fin de carrière avec une autre de ses muses, la regrettée Andrée Lachapelle.



Choinière construit donc un texte fragmenté, une série de tableaux parsemés d’extraits de monologues inspirés d’enregistrements de la voix de Brassard et de sa vie de semi-reclus en fauteuil roulant ponctuée de coups de téléphones ratés et de visites plus ou moins opportunes de préposées aux soins à domicile du CLSC qui ne seront pas toujours (même rarement) bien accueillies.



Ce qui relève de l’hallucination avec ce solo, c’est l’idée – vertigineuse sur papier – de faire jouer AB-le-metteur-en-scène-isolé par une comédienne. Mais dès les premières minutes, quand on réalise que c’est Violette Chauveau (même si on savait que c’était elle, la vedette du solo) sous les maquillages beckettiens de Justine Denoncourt-Bélanger et l’ingénieux costume (qu’on ne sait pas trop s’il faille utiliser le pluriel!) d’Elen Ewing, on est complètement soufflé non seulement par la proposition mais encore par l’interprétation magistrale bien que brillamment retenue de la comédienne qui livre une imitation (le mot est tristement réducteur parce que c’est tellement plus que ça!) aussi troublante que respectueuse, efficace et pil-poil du Brassard qu’on a vu dans le documentaire Notre été avec André de Raymond et Fournier.


Violette Chauveau était magnifique dans la lecture publique de la colossale Traversée du siècle il y a un an à Espace Libre, le jour du dernier anniversaire de naissance de Brassard sur cette terre, et je devine qu’elle l’est tout autant dans la production qui fera le tour de sept théâtres au courant de la saison dont cette légendaire scène du Quat’Sous où Brassard a signé 16 mises en scène. Mais avec son incarnation de ce personnage truculent bien qu’affaibli, résigné et combatif à la fois, résilient presque malgré lui, c’est un tour de force éblouissant, un master class renversant que nous livre Violette Chauveau.


Assister à une représentation de La Dernière Cassette, c’est un cadeau que l’on se fait et ce spectacle? C’est un cadeau qu’Olivier et Violette font à André qui, du haut de son nuage, doit sourire en alternant entre une puff de sa More Menthol et une aspiration sur la paille qui trempe dans son Cherry Coke.


La Dernière Cassette d’Olivier Choinière Mise en scène: Olivier Choinière Assistance à la mise en scène et régie: Stéphanie Capistran-Lalonde Avec Violette Chauveau Dramaturgie: Andréane Roy Décor: Simon Guilbault Costumes: Elen Ewing Assistante aux costumes: Fany McCrae Éclairages: Claire Seyller Conception sonore: Éric Forget Vidéo: Pierre Laniel Maquillage: Justine Denoncourt-Bélanger Accessoires: Nadine Jaafar Chef machiniste et régisseur de plateau: Jérémie Roy Direction de production: Vanessa Beaupré Direction technique: Jenny Huot Une production de L’Activité – Théâtre de création en codiffusion avec le Théâtre de Quat’Sous Du 5 au 30 septembre 2023 (2h10 minutes sans entracte) Mardi et vendredi à 19h, mercredi et jeudi à 20h, samedi à 16h Théâtre de Quat’Sous, 100, avenue des Pins Est, Montréal Réservations : 514-845-7277 Information: https://quatsous.com/programmation/saison-23-24/la-derniere-cassette Photos: Valérie Remise

Comments


bottom of page