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Théâtre: «Grandeur minimale requise» de Simon Boudreault: Le Bossu du Royaume

Dernière mise à jour : 4 août 2023

par Yanik Comeau (Comunik Média/ZoneCulture)

Après avoir connu un gros succès avec En cas de pluie, aucun remboursement, production qui, après tout l’été 2015 au Petit Théâtre du Nord, a ouvert la saison 2016-2017 de Duceppe, la dernière de feu Michel Dumont à la barre de la direction artistique, la formidable équipe du Petit Théâtre, qui célèbre ses 25 ans cette année, renoue avec l’écriture de Simon Boudreault et les personnages du Royaume du Super Fun. Je suis fan de l’écriture de Simon Boudreault qui, au fil des années, nous a habitués à des comédies socio-pertinentes qui s’attaquent avec intelligence aux travers de l’humain et à son «hommerie».



J’aurais voulu voir En cas de pluie, aucun remboursement mais la preuve est maintenant faite qu’il n’est pas essentiel de l’avoir vue pour comprendre Grandeur minimale requise. Le soir de la première, entouré de fans de la première heure du Petit Théâtre du Nord (que j’ai seulement pu découvrir à l’été 2017), les références aux personnages disparus régalaient ceux et celles qui se rappelaient Louis Le Juste, Marie-Jeanne la Bien-Aimée et Henri Le Bègue mais sans que ceux et celles qui en étaient à leur première visite au Royaume du Super Fun soient le moindrement perdu.e.s. En effet, l’auteur met en contexte sans appuyer et… comme il s’est écoulé huit ans entre les deux textes, ce n’est peut-être pas mauvais pour ceux et celles qui avaient vu la première de toute façon.


Aux personnages de Sébastien Gauthier (François le Bel), Mélanie St-Laurent (Lucille la Grasse), Louise Cardinal (Charlotte la Hardie devenue Carol le Hardi) et Lucien Bergeron (Le Bossu) s’ajoutent Fabrice dit l’illustre (Luc Bourgeois) et Inès-Élizabeth la Douée (Sarah Cloutier Labbé), deux experts en marketing auto-proclamés qui prétendent venir «reniper» le parc d’attraction (le mot est mince!) et le remettre sur la voie du succès, pour le plus grand bonheur du Bossu qui en a hérité et qui a le signe de piastre dans l’œil. À cette joyeuse bande s’ajoute un nouvel employé, le jeune Tybalt Junior Lajeunesse (Jérémie St-Cyr) qui verra ses belles valeurs de millénial sérieusement mises à l’épreuve. Comme avec Je suis un produit et Comment je suis devenu musulman, Simon Boudreault nous plonge dans un univers singulier qui lui permet d’explorer des thèmes brûlants d’actualité. Pourtant, sa très grande force est de ne pas tomber dans la morale ou dans le jugement, de garder un bon équilibre entre le grave et le ludique, pour ne pas dire le loufoque dans certaines scènes (notamment la scène des tubes gonflables qui descendent la cascade d’eau, un rappel à la pièce précédente, m’a-t-on dit – un véritable délice qui, à lui seul, vaut le déplacement!).



Les comédiens sont tous formidables, maniant le texte fin et exigeant de Boudreault avec une aisance impressionnante. Parce qu’on est loin du théâtre d’été traditionnel ici, et c’est tant mieux. On se bidonne, oui, on passe un bon moment, oui, mais on en sort avec beaucoup plus qu’un simple divertissement.



Luc Bourgeois, qui sortait à peine de l’univers de Larry Tremblay avec Abraham Lincoln va au théâtre au TNM, plonge dans une nouvelle partition exigeante mais clairement écrite sur mesure pour lui, un personnage qui n’est pas sans rappeler celui que défendait Éric Bernier dans Je suis un produit. Louise Cardinal, que j’aime d’amour depuis Les Coleman-Millaire-Fortin-Campbell, est géniale dans le rôle de Charlotte devenue Carol, homme trans. Un sans faute! Ensuite, il serait dommage de ne pas souligner le travail formidable de Lucien Bergeron dans le rôle du Bossu, un personnage exigeant physiquement et riche en émotions variées. Enfin, j’ai eu un véritable coup de cœur pour la découverte du spectacle, Jérémie St-Cyr, qui excelle dans toutes les facettes (nombreuses !) de son personnage, tirant son épingle du jeu avec brio, entouré de vétérans impressionnants.



La mise en scène de l’auteur est à la fois ingénieuse et efficace et le décor de Francis Farley est brillant. Cette pièce aura-t-elle une deuxième vie au-delà de l’été 2023? C’est à souhaiter, mais ne prenez pas de chances. Faites-vous plaisir et allez dire au Petit Théâtre du Nord que le travail qu’il fait mérite d’être reconnu.


Grandeur minimale requise de Simon Boudreault

Mise en scène: Simon Boudreault

Assistance à la mise en scène et régie: Martine Richard

Avec Luc Bourgeois, Sébastien Gauthier, Mélanie St-Laurent, Louise Cardinal, Lucien Bergeron, Sarah Cloutier-Labbé et Jérémie St-Cyr

Décors: Francis Farley

Accessoires: Laurianne Gagnon

Costumes: Juliette Dubé-Tyler

Éclairages: Christophe Saint-Denis

Son et musique: Larsen Lupin

Direction technique: Ghislain Dufour

Direction de production:Emmanuelle Nappert

Conseillère chorégraphique: Éléonore Gauthier

Conseillère coiffures: Isabel Cardin

Assistance costumes: Mayumi Ide-Bergeron

Techniciens: Annie Paquin, Alexandre Daneau, Marguerite Hudon, Louis Martz et Brigitte Théroux

Une production du Petit Théâtre du Nord

Du 22 juin au 26 août 2023 les jeudis, vendredis et samedis (relâche du 27 juillet au 5 août)

Voir le calendrier complet : https://petittheatredunord.com/calendrier/ (Durée : 1h20 plus un entracte)

Petit Théâtre du Nord, 305, chemin de La Grande-Côte, Boisbriand

Information et billetterie: 450-419-8755 ou www.petittheatredunord.com

Photos: François Larivière

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