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«Nous irons cirer nos canons numériques dans un sweatshop portugais» de M. Brillon: Plus ça change

Mis à jour : 10 mars 2019


par Yanik Comeau (Comunik Média / ZoneCulture)



La première pièce du jeune auteur Maxime Brillon, comédien fraîchement diplômé de l’Option-Théâtre du Cégep Lionel-Groulx en 2016, a été accueillie favorablement lorsqu’elle a été présentée pour la première fois dans son intégralité au festival JAMAIS LU. Pas étonnant parce que c’est le genre de délicieuse folie qui fait du bien. Des personnages volontairement caricaturaux, des situations toujours plus loufoques et des dialogues audacieux. Pour ce qui est du titre ? Il ressemble à un cadavre exquis et ça peut prendre un moment pour le retenir, mais bon…


Nous irons cirer nos canons numériques dans un sweatshop portugais (respirez ici) nous projette dans un avenir «proche et trafiqué» où l’on rencontre Paulo, un adolescent qui apprend par hasard qu’il est adopté. Il y a vingt ans, il aurait trouvé un baptistère ! Dans l’avenir, il tombe sur une vieille vidéo de son père sur Internet. Cette révélation lui fera réunir ses amis et partir à l’aventure. Un genre de road trip théâtral (Maxime Brillon ne se gêne pas pour multiplier les clins d’œil aux pires clichés) qui impliquera aussi les parents de ses amis (la mère de l’une, une MILF lubrique zéro subtile incarnée avec dynamisme – le mot est mince ! – par une Lise Martin en feu, et le père de l’autre, un cowboy «testostéroné» d’une absurdité incroyable, pleinement assumé par Louis-Olivier Mauffette).



Ensemble, ils se retrouveront au zoo et dans un cours de cirque, rien de moins! Rien de cette pièce n’est ordinaire, normal, typique. On s’éclate à tous les niveaux… exception faite, peut-être – et c’est ce qui est le plus bizarre – dans la mise en scène convenue de Justin Laramée qui ne s’écarte pas assez de la mise en lecture… sans texte. On se réjouit néanmoins de voir à quel point les acteurs sont bien dirigés et on se plait à voir sur scène Maxime Brillon lui-même, entouré de Marjorie Gauvin, Marie-Ève Groulx, Karlo Vince Marra, Frédéric Paquet et Joakim Robillard. Une distribution rafraîchissante !



C’est pour ce texte éclaté et ces comédiens 100% investis dans le délire que la représentation devient une expérience ludique qui ne laisse pas indifférent. On s’amuse, on s’esclaffe, on reste bouche bée devant plusieurs audaces du texte et on passe un bon moment. Après la pétillante Le Clone est triste d’Olivier Morin et Guillaume Tremblay que présentait le Théâtre du Futur le mois dernier (et qui, quand même, comporte certains rapprochements avec la pièce de Brillon, sans pour autant dire qu’elles se ressemblent), Nous irons cirons nos canons numériques dans un sweatshop portugais est aussi accueillie avec bonheur.


Nous irons cirer nos canons numériques dans un sweatshop portugais Texte: Maxime Brillon Mise en scène: Justin Laramée Assistance à la mise en scène: Marie-Claude D’Orazio Avec Maxime Brillon, Marjorie Gauvin, Marie-Ève Groulx, Karlo Vince Marra, Lise Martin, Louis-Olivier Mauffette, Frédéric Paquet et Joakim Robillard. Une production Collection des Canons numériques en collaboration avec Tôle 26 février au 16 mars 2019 (Durée: 1h30 sans entracte) Théâtre Aux Écuries, 7285, rue Chabot, Montréal Billetterie: 514-328-7437 www.auxecuries.com

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