• Facebook Social Icon

© 2017 by Théâtralités.  Proudly created with Wix.com by TRIO

  • Yanik Comeau

Interview: «Dans la poussière d’un jour» de Luc Arsenault: Fébrilité à quelques jours de la première

par Yanik Comeau (ZoneCulture / Comunik Média)


À quelques jours de la première de sa nouvelle production, le Théâtre de Neuf Saisons a invité ZoneCulture à un enchaînement de Dans la poussière d’un jour, un texte écrit et mis en scène par Luc Arsenault. Rencontre avec l’auteur et metteur en scène ainsi qu’avec les comédiens de la troupe.




Créée pour être présentée dans le cadre du Festival des Arlequins à Cholet en France en 2007, Dans la poussière d’un jour traite sans détour de la mort sous toutes ses formes. «Les Français ont été très surpris d’entendre parler de la mort aussi crûment,» confie Luc Arsenault en se remémorant la création du texte il y a plus d’une décennie. «Les Français ne parlent pas aussi ouvertement de la mort dans leur théâtre. Ils ont beaucoup apprécié, mais ils nous ont trouvés très audacieux.»





À l’époque, c’est Valérie Cabana qui avait signé la mise en scène. En douze ans depuis la création, Luc Arsenault raconte qu’il a remonté la pièce quelques fois, dans différents contextes, et que chaque fois, il l’a bonifiée de quelques nouveaux personnages. «Pour cette nouvelle mouture, c’est le personnage de Gabriel, le gardien bienveillant du columbarium qui s’est imposé à moi», révèle l’auteur-metteur en scène. Ce personnage, incarné avec une belle sensibilité et une grande sérénité par François-Xavier Tremblay, viendra tisser des fils dramatiques et créera une entrée en matière pertinente ainsi qu’un épilogue touchant.


Dans la poussière d’un jour, c’est une fascinante étude de la mort au cours de laquelle une quinzaine de personnages viendront raconter leur fin, leur dernier chapitre sur Terre. Qu’est-ce qui les rattache tous, eux qui sont pourtant tirés de toutes les époques, joués par six comédien.ne.s et présentés en rafale ? Luc Arsenault explique : «En plus d’être tous morts, bien sûr, les personnages ont en commun le 28 mai. Ils sont tous morts le même jour,» mais pas la même année. Ainsi, on fera la rencontre d’hommes et de femmes de siècles, de décennies différentes, de professions et d’occupations variées, de différents statuts sociaux, du riche homme d’affaires au jeune père de famille tatoueur, de Jeanne l’hérétique à la junkie, de l’infirmière de la Première Guerre à la jeune mariée en passant par la coiffeuse…



Selon la comédienne Michèle Macaigne, qui n’en est pas à sa première expérience à travailler avec Luc Arsenault, elle qui était de la distribution de Brèves de trottoirs du Théâtre de Neuf Saisons l’an dernier, «Nous sommes vraiment chanceux de pouvoir travailler avec Luc, un auteur et metteur en scène d’une grande sensibilité.» Avec sa collègue Chantale Cuggia, qui était aussi de la distribution de Brèves de trottoirs (comme Hélène Godbout, Charleyne Bachraty et Félix Tardif – signe que les comédiens qui travaillent avec Luc Arsenault apprécient assez l’expérience pour accepter de récidiver!), Michèle Macaigne avouera cependant que «ça peut quand même être stressant, par moments, de se faire diriger par l’auteur parce qu’on a peur de changer un mot, de ne pas dire le texte qui est là».

Luc Arsenault ajoutera rapidement que lui aussi, comme auteur qui signe la mise en scène, doit éviter certains pièges. «Il ne faut surtout pas que je vous fasse jouer comme j’entendais les personnages au moment de l’écriture,» lance-t-il à la distribution après un enchaînement devant invités auquel ZoneCulture était conviée cette semaine. «Mais nous arrivons avec des propositions et tu es totalement à l’écoute,» renchérit Chantale Cuggia.



Très avancée dans les répétitions à exactement deux semaines de la première, la troupe fait preuve non seulement d’une belle maîtrise des personnages et des nuances à apporter à chacun mais on s’étonne du rythme et de l’assurance déjà intégrés par les comédiens. Bien que la pièce traite d’un sujet qui pourrait s’avérer lourd, on se plait à découvrir de nombreux éléments de lumière, des moments qui font sourire tout autant que des passages très touchants.

Grâce à l’appui de Magnus Poirier et de la Maison Darche, la production disposera de boîtes de cendres authentiques, ce qui ajoute à la véracité des scènes de columbarium. Les costumes, minimalistes, sont ingénieux et bien trouvés ce qui semble être une des heureuses marques de commerce de Luc Arsenault dont la vision est toujours d’une grande finesse, tant lorsqu’il monte des pièces plus légères comme ces Brèves de trottoirs de Martinez que lorsqu’il dirige une pièce plus «grave».

Après avoir assisté à cet enchaînement, j’anticipe avec bonheur le soir de la première dans la sympathique salle Paul-Buissonneau du Centre Calixa-Lavallée, au cœur du Parc Lafontaine.









Dans la poussière d’un jour de Luc Arsenault Mise en scène: Luc Arsenault Avec Charleyne Bachraty, Chantale Cuggia, Erik Duhamel, Hélène Godbout, Michèle Macaigne, Félix Tardif et François-Xavier Tremblay Une production du Théâtre des Neuf Saisons Du 18 au 21 décembre 2019 à 20h + matinée le 21 décembre à 15h Salle Paul-Buissonneau, Centre Calixa-Lavallée, 3819, avenue Calixa-Lavallée (Parc Lafontaine), Montréal Billetterie: lepointdevente.com