• Yanik Comeau

16 juin

Deux naissances et une création à souligner dans les éphémérides du théâtre québécois. Bonne fête, Micheline Bernard!


1949: Naissance de Pierre-A. Larocque

Natif de Mont-Laurier, Pierre-André Larocque était écrivain, metteur en scène, acteur et scénographe à ses heures. Autodidacte, il se passionnait adolescent pour les oeuvres de Genet, Duras et Robbe-Grillet. Dès son arrivée à Montréal, il s'affirme rapidement comme un des créateurs les plus originaux de la scène expérimentale montréalaise, se joignant à Jacques Crête qui vient de fonder L'Eskabel. Il écrit des textes de réflexion dans Le Baroque, «organe maison (1976-1978)», nous dit Gilbert David dans le Dictionnaire des artistes du théâtre québécois. Il y monte ses premiers spectacles: Opéra-fête, La dernière scène et La Chambre pourpre de l'archevêque. En 1979, il quitte L'Eskabel pour fonder le groupe Opéra-Fête avec lequel il se permet «d'explorer une esthétique où le kitsch et la vulgarité se conjuguent volontiers à des images archétypales ou fantasmagoriques», dixit Gilbert David. En plus de L'Usage des corps dans la Dame aux camélias (1981), il développe, en collaboration avec Yves Dubé, Splendide Hôtel, un projet ambitieux qui consiste en une série de neuf spectacles théâtraux et de performances qui demeurera inachevé: Générique et fin (1982), Luna Hollywood I, II et III (1983) et Ultraviolet (1986), «sans doute la réalisation la plus achevée de cet auteur et concepteur scénique qui a puisé dans un imaginaire à la jonction de l'hyperréalisme et de ce qu'on allait appeler le théâtre de l'image». Il fait une maîtrise en art dramatique à l'UQAM avant de mourir prématurément deux jours après ses 40 ans en 1989. Une carrière qui aura duré une quinzaine d'années laissant derrière lui une vingtaine de mises en scène mémorables mais ayant tristement laissé la critique officielle et les organismes subventionnaires indifférents, nous rappellera Gilbert David. Pierre-A. Larocque est néanmoins un des précurseurs de ce qui s'est fait hier et se fait aujourd'hui, directement ou indirectement, chez Momentum, au MainLine, à La Chapelle Scènes Contemporaines, à l'Usine C...


1955: Naissance de Micheline Bernard

Native de Québec et cousine du comédien, metteur en scène et ancien directeur artistique du Théâtre de La Manufacture/La Licorne Denis Bernard (qui l'a dirigée dans le solo Des promesses, des promesses de Douglas Maxwell à La Licorne, La Bordée et en tournée pendant plus de deux ans), la comédienne et metteure en scène Micheline Bernard reçoit son diplôme du Conservatoire d'art dramatique de Québec et complète sa formation par un stage en commedia dell'arte à Venise en 1977 avant d'être de toutes les saisons du Trident pendant plusieurs années. Elle joue aussi régulièrement au Théâtre du Bois de Coulonge et à la Commune à Marie où sont présentées plusieurs créations dont les nouvelles pièces de Marie Laberge. En 1985, elle reçoit le Prix Paul-Hébert et, l'année suivante, le public du Trident la couronne meilleure interprète féminine pour sa performance dans L'Éduction de Rita de WIlly Russell. C'est Guillermo de Andrea, directeur du Trident pendant onze ans, qui la fera découvrir au public montréalais dans ses mises en scène au Rideau Vert, notamment dans La Cerisaie de Tchekhov en coproduction avec le Trident pendant la saison 1987-1988. Elle jouera avec tous les plus grands metteurs en scène: Martine Beaulne (Cinq Nôs modernes de Mishima, coproduction CNA/TRV; Top Girls de Caryl Churchill à Espace GO et Les Saisons de Sylvie Drapeau et Isabelle Vincent à Espace GO et à La Licorne), Denise Filiatrault (Joue le pour moi, Sam de Woody Allen, Les Palmes de monsieur Shutz à Juste Pour Rire et Qu'est-ce qu'on a fait au bon Dieu? de Philippe de Chauveron au Rideau Vert) et Jean-Pierre Ronfard (son Don Quichotte au Trident), entre autres. Elle multipliera les rôles dans les créations et les reprises des pièces de Marie Laberge, dirigée par l'auteure, par Denise Gagnon, par Lorraine Pintal... dans Ils étaient venus pour..., C'était avec la guerre à l'Anse-à-Gilles, Jocelyne Trudelle trouvée morte dans ses larmes, Charlotte, ma soeur... tout en se mettant au service du répertoire américain et européen (Amadeus et Equus de Peter Shaffer, La Vérité des choses de Tom Stoppard, L'Enfant-problème et La Fin de la civilisation de George F. Walker, Scratch de Charlotte Corbeil-Coleman (canadienne) et La Reine de beauté de Leenane de Martin McDonagh et des auteurs de chez nous (À qui le p'tit coeur après neuf heures et demie? de Maryse Pelletier, À propos de la demoiselle qui pleurait d'André Jean, Le Jeu des oiseaux de Michelle Allen, Féroce de Christian Fortin et Une mort accidentelle (ma dernière enquête) de François Archambault). À la télé, elle a remporté deux Gémeaux pour sa mémorable Jocelyne dans Radio-Enfer et a ravi tant dans la comédie que dans le dramatique dans Histoires de filles, Destinées, Aveux, Mauvais karma, 30 Vies, L'Échappée, Lâchez prise et Léo, entre autres. Elle devait être de la production Les Enfants de Lucy Kirkwood au printemps 2020 chez Duceppe, mais a été remplacée par Chantal Baril. Cette production a été interrompue par la #covid19. Bonne fête, Micheline!

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