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Théâtre: «Les Remugles ou La Danse nuptiale est une langue morte» de Caroline Bélisle: Sens unique

par Yanik Comeau (Comunik Média/ZoneCulture)

À l’École Nationale de Théâtre, dans le programme d’écriture, on «reprochait» à Caroline Bélisle d’écrire trop «à l’extérieur d’elle-même», trop en observatrice. Avec Les Remugles ou La Danse nuptiale est une langue morte, elle plonge avec un humour rafraîchissant, touchant, tellement humain et centré sur l’émotion – olfactive, oui, mais pas que – dans les odeurs, anciennes et nouvelles, celles qui éveillent de bons et de mauvais souvenirs, celles qui sont des triggers pour nous ramener dans des chocs post-traumatiques mais aussi celles sur lesquelles on peut construire du neuf.



Les Remugles ou La Danse nuptiale est une langue morte, c’est aussi une référence à la danse que font les oiseaux pour attirer une partenaire d'existence avec qui ils feront leur vie de couple… d’oiseaux. Et combien cette danse semble avoir bien changé chez l’animal qu’est l’humain. À travers cinq personnages dont un livreur FedEx qui tissera des liens bien malgré lui mais qui s’avérera encore plus qu’un fil conducteur sympathique, Caroline Bélisle tricote avec de magnifiques métaphores, une écriture délicieusement hilarante mais tout aussi savoureusement poétique et belle. Comme comédienne, entourée d’interprètes du Théâtre L’Escaouette de Moncton, elle semble avoir gommé son accent acadien mais elle n’aura rien perdu de son naturel, de sa vérité.



Si on n’a pas d’empathie et d’affection pour ces jeunes dans la vingtaine aux prises chacun.e avec leurs bibittes amoureuses, c’est qu’on est mort à l’intérieur. Ils s'exprimeront avec leurs coeurs mais aussi avec leurs corps dans des danses - nuptiales ou pas - qui ne laisseront pas le spectateur indifférent non plus.



Non seulement tous les comédiens sont d’une efficacité déconcertante, ils nous rendent ces personnages absolument irrésistibles, faisant honneur à l’écriture rafraîchissante de cette partition qui ne réinvente pas la roue (mais la roue a peut-être été trop réinventée ces dernières années et il fait bon revenir aux belles racines des histoires bien ficelées, à une écriture qui rappelle Des fraises en janvier d’Évelyne de la Chenellière). On adore le pétillant Nicolas Dupuis, l’insécure Frédérique Cyr-Deschênes, le tout aussi touchant que maladroit Ludger Beaulieu, l’entreprenante mais solitaire Cassidy Lynn Gaudet et la troublée mais pas encore complètement désespérée Caroline Bélisle… ou plutôt leurs personnages à qui l’on devrait attribuer ces qualificatifs. Le bonheur de voir de jeunes talents émergeants qui méritent de briller fort, voilà aussi le mandat de la Salle Fred-Barry.



Impossible de ne pas se laisser séduire par une programmation tout aussi variée que pertinente qui fait de la place à des compagnies du viennent de partout et qui peuvent rayonner au cœur d’Hochelaga-Maisonneuve.



Les Remugles ou La Danse nuptiale est une langue morte de Caroline Bélisle Mise en scène et direction artistique: Marcia Babineau Assistance à la mise en scène: Jacques André Lévesque Interprétation: Caroline Bélisle, Ludger Beaulieu, Frédérique Cyr-Deschênes, Nicolas Dupuis et Cassidy Lynn Gaudet Lumières: Marc Paulin Scénographie et costumes: Noémie Avidar Environnement sonore: Jean-François Mallet Mouvement: Monique Léger Une production du Théâtre L’Escaouette Du 31 octobre au 11 novembre 2023 (1h05 sans entracte) Salle Fred-Barry (Théâtre Denise-Pelletier), 4353, rue Sainte-Catherine, Montréal Réservations : 514-253-8974 Photos: Mathieu Léger

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