• Yanik Comeau

Danse/Performance: «Nightlight» de George Stamos en webdiffusion: Veilleuse vibrante

par Yanik Comeau (Comunik Média / ZoneCulture)

Comme la majorité, je préfère vivre mes arts vivants dans la vivacité d’une salle qui vibre de l’énergie des spectateurs présents en temps réel. Pendant la pandémie, comme bien des amateurs de théâtre, de danse, d’humour, de performance, j’ai dû consommer mes arts vivants dans «le confort de mon foyer». Ce soir, enfin, après plus d’une semaine de reports et d’interruptions, j’ai enfin donné à Nightlight de George Stamos, une production de l’Agora de la danse, New Dance Horizons et son créateur, le temps que méritait ce magnifique spectacle/film offert en webdiffusion.



Tourné en huis-clos dans les locaux de l’Agora de la danse, Nightlight marie danse, musique, spoken word pour créer une ode à la lumière, à la vie nocturne. Les éclairages magiques (George Stamos le dit lui-même, mais je ne le répéterais pas si je ne le pensais pas vraiment) viennent ajouter des ambiances variées et multiples aux rythmes de la batterie de Rémy Saminadin qui partage aussi la scène avec George Stamos comme danseur et narrateur.



Explorant tant la douceur et l’aspect rassurant de la veilleuse que l’éclairage parfois glauque, parfois blafard de la boîte de nuit, Nightlight est aussi un hommage à la vie nocturne qui a manqué à tant d’entre nous pendant les interminables confinements.



Manipulant des accessoires et se vautrant dans une fascinante couverture gonflée comme un manteau d’hiver qui se transforme en masse informe puis en genre de cocon duquel émergera une superbe créature qui enfilera ensuite une somptueuse robe de soirée, George Stamos va au-delà de la mise en valeur du corps que lui avait une fois reproché «a very wise woman» (une femme très sage). Lorsque Rémy Saminadin ressortira de derrière sa batterie et viendra offrir le yin au yang de George Stamos, on passe à côté d’une belle occasion d’explorer la chimie des corps, la sensualité inhérente à cette vie nocturne que suscitent le costume du monsieur et la robe métallique. Est-ce que les mesures sanitaires sont allées jusqu’à empêcher ce qui aurait pu s’avérer un magnifique rapprochement des corps ? Une complicité qu’on aurait tant eue besoin de voir comme un baume de chaleur après deux ans de froideur ? Je ne sais pas.



Qu’à cela ne tienne, cette deuxième incursion dans l’univers de George Stamos pour moi (j’avais tellement apprécié sa chorégraphie inspirée de Sang de Lars Norén lors du lancement de la saison 2019-2020 d’Usine C) est concluante. Voilà un chorégraphe/interprète que je prendrai plaisir à revoir sur scène maintenant que les mesures sanitaires le permettent. Si Toronto ne nous le ravit pas pour de bon.


Nightlight de George Stamos FILM

Direction artistique, coréalisation: George Stamos Assistante à la réalisation: Sarah Williams

Une production de l'Agora de la danse en collaboration avec George Stamos

Productions Agile

Coréalisation et montage: Jérémy Busque

Opération: Maxime Pelletier-Huot

Opération de caméras: Gabrielle Bergeron-Leduc, Keven Lachance

Prise de son et mixage: Alexandre Di Fiore

NIGHTLIGHT

Chorégraphie: George Stamos Musique et interprétation: George Stamos, Rémy Saminadin Scénographie: George Stamos, Antonio Ortega Dramaturgie: George Stamos, Helen Simard, Sophie Corriveau, Rémy Saminadin, Sarah Williams Répétitrice: Sarah Williams Éclairages: Tiffanie Boffa Direction technique et régie son: Baptiste Tissot Costumes: Pièces originales créées par Antonio Ortega, pièces préexistantes sélectionnées par George Stamos Texte: George Stamos, en collaboration avec Rémy Saminadin Chanson inspirée de Fade Away et Radiate de Blondie

Coproduction: Agora de la danse, New Dance Horizons, George Stamos

Résidences: Agora de la danse, New Dance Horizons, Zab Maboungou / Compagnie Danse Nyata Nyata, Par B.L.eux

Disponible en webdiffusion du 11 au 20 mars 2022 (32 minutes sans entracte)

www.agoradanse.com

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