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Théâtre musical: «Le Bodyguard – la comédie musicale»: Canaliser le souvenir de Whitney Houston

par Yanik Comeau (Comunik Média / ZoneCulture)

Le jukebox musical est né en 1999 avec Mamma Mia!, le théâtre musical inspiré des chansons d’ABBA. Depuis ce temps – et grâce à ce succès planétaire – le genre a explosé. Les chansons de dizaines d’artistes aussi variés que Carole King (Beautiful), Tina Turner (Tina), Alanis Morissette (Jagged Little Pill), Sonny & Cher (The Cher Show), Green Day (American Idiot), Donna Summer (Summer) et Frankie Valli and the Four Seasons (Jersey Boys) ont donné naissance à des musicals. Sans parler de Rock of Ages né des succès metal de groupes comme Twister Sister, Foreigner, Quiet Riot, Bon Jovi, Journey, GunsNRoses… Des films à succès ont aussi été transposés à la scène alors il ne faut pas s’étonner que The Bodyguard, le drame romantique qui se voulait un véhicule pour la regrettée Whitney Houston, se soit retrouvé sur les planches.




Cependant, bien que l’on reconnaisse plusieurs des scènes du scénario de Lawrence Kasdan porté à l’écran par Mick Jackson en 1992 et surtout les chansons de la bande originale du film qui s’est mérité le prix Soundtrack of the Year aux Brit Awards et trois prix aux American Music Awards en 1994, Le Bodyguard – la comédie musicale déborde de la copie conforme du film en devenant plus globalement un hommage aux succès de Whitney Houston, une des plus grandes voix de l’histoire de la musique pop. Ainsi, tant le livret d’Alexander Dinelaris que la traduction française de Christophe Ladan (qui s’est fort heureusement bien gardé de ne pas traduire les paroles des chansons écrites par des légendes comme Ashford & Simpson, Gerry Goffin, Jeffrey Osborne et bien sûr Dolly Parton pour n’en nommer que quelques-unes) ou l’adaptation québécoise de Joël Legendre respecte le film tout en ajoutant près d’une dizaine de chansons tirées du répertoire de Whitney mais qui ne se retrouvaient pas dans le film.


Contrairement à des musicals plus traditionnels comme Chicago ou Annie dont les chansons font progresser l’histoire, la majorité de celles de Le Bodyguard sont là pour mettre en valeur les personnages chanteurs (la superstar Rachel Marron, sa sœur Nicki, son fils Fletcher et les filles de la soirée karaoke). Il n’est donc pas essentiel qu’un spectateur non-bilingue comprenne les paroles.


C’est avec un décor multifonctionnel transformé par des projections impressionnantes et efficaces que la production arrive à faire croire au luxe du manoir de Rachel, aux décorations des théâtres où elle se produit, au bar où chante Nicki, à l’aéroport, au hangar où loge le jet privé de la star, etc. Rapidement, le décor se transforme et le public n’a pas le temps de s’ennuyer avec de longues transitions. Le metteur en scène Joël Legendre est allé à la bonne école, celle de Denise Filiatrault.


Ce qui nous amène à parler de la distribution. Malgré quelques petites lacunes qui trahissent son bilinguisme imparfait, Jennifer-Lee Dupuy est une très grande chanteuse qui réussit à faire honneur à toutes les grandes chansons popularisées par Whitney Houston, de How Will I Know à I Wanna Dance with Somebody (que toute la distribution se partage ingénieusement pour le salut/numéro final) en passant par I Have Nothing, All the Man that I Need, Run to You, One Moment in Time et bien sûr l’incontournable I Will Always Love You.


Il faut aussi souligner l’immense talent de Sharon James qui, dans le rôle de Nicki, a la chance de briller tant dans les duos avec Jennifer-Lee Dupuy (Run to You, Jesus Loves Me) que dans ses solos, les classiques Saving All My Love For You et All at Once. Sublime. Dans le rôle-titre du garde du corps Frank Farmer, Frédérick De Grandpré est suave, élégant et raide comme une barre. Il n’a pas la souplesse ou l’agilité d’un James Bond ou d’un Jean-Claude Van Damme mais ce n’est pas ce qu’on attend de lui non plus. Autour d’eux, il faut souligner le talent et le charisme du petit Roman Viau Diadhiou (qui joue Fletcher en alternance avec Jayden Henry) qui a complètement séduit le public avec son sourire, ses pirouettes et ses irrésistibles pas de danse ainsi que le formidable talent du danseur Tommy Durand qui incarne tout en mouvement le harceleur de Rachel dont Frank doit la protéger. Magnifique!


Widemir Normil, Normand Carrière et Mathieu Lévesque incarnent les hommes dans l’entourage de Rachel, son gérant Bill, son responsable de la sécurité Tony et son attaché de presse Sy Spector respectivement, apportant tour à tour gravité et comic relief au spectacle. Pour leur part, les sept danseurs/danseuses qui composent l’ensemble apportent tous et toutes leur petite touche personnelle, livrant à merveille les chorégraphies pétillantes de Steve Bolton.


Le Bodyguard ne révolutionnera certainement pas le genre mais voilà un spectacle qui séduira les fans de Whitney et les grands romantiques qui se feront prendre par cette histoire d’amour bourgeonnant dans les pires circonstances. À voir à Montréal, Québec, Trois-Rivières, Gatineau.



Le Bodyguard – la comédie musicale

Livret de Alexander Dinelaris

Inspiré du scénario de film écrit par Lawrence Kasdan pour le compte de David Ian Productions

Traduction: Christian Ladan

Mise en scène et adaptation: Joël Legendre

Assistante à la mise en scène: Marie-Hélène Dufort

Avec Megan Brydon, Normand Carrière, Anne-Rose Cupidon, Frédérick De Grandpré, Roman Viau Diadhiou, Jennifer-Lee Dupuy, Tommy Durand, Kathline Gréco, Maëva Grelet (qui jouera Nicki à Québec), Jayden Henry, Sharon James, Yannick Moisan, Widemir Normil, Raiko Portuondo, Jacqueline Trudel et Song Wang

Chorégraphe: Steve Bolton

Scénographie et vidéo: Normal Studio

Concepteur costumes: Sylvain Genois

Assistante costumes: Estelle Charron

Coupe et confection des costumes: Atelier Violi - Léa Lisa Lurette

Coach vocale/Tournée: Estelle Esse-Éthier

Coach de jeu: Lise Martin

Accessoiriste: Madeleine St-Jacques

Conception maquillage: Sophie Parrot

Perruques et coiffures: Marie-Josée Corneau

Directeur musical: Gabriel Bertrand-Gagnon

Une production Musicor Spectacles / Gestev (Durée : 2h incluant entracte)

6 au 15 avril 2023 au Théâtre Saint-Denis de l’Espace Saint-Denis, Montréal

28 juin au 6 août 2023 au Théâtre Capitole, Québec

8 et 9 septembre 2023 à l’Amphithéâtre Cogeco, Trois-Rivières

28 septembre au 21 octobre 2023 au Théâtre du Casino du Lac-Leamy, Gatineau

23 novembre au 3 décembre 2023 au Théâtre Saint-Denis de l’Espace Saint-Denis, Montréal


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