Théâtre: «Fleurs d’acier» de Robert Harling: Sextet Spraynet
- il y a 6 jours
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par Yanik Comeau (Comunik Média / ZoneCulture)
C’est en 1987 que l’auteur étatsunien Robert Harling a écrit son œuvre la plus marquante, sa pièce Steel Magnolias, comme une forme de thérapie et d’hommage à sa sœur décédée de complications liées au diabète à une époque où la maladie était beaucoup moins facile à traiter qu’elle l’est aujourd’hui. À chaque fois que je pense à Fleurs d’acier (aussi rebaptisée Coiffure pour dames dans certaines des adaptations), je ne peux m’empêcher d’avoir une pensée pour Jean Duceppe qui était lui-même affligé de cette condition et y a laissé sa peau en 1990 et à sa fille Monique qui aura mise en scène la première production montréalaise de la pièce sur la scène du Théâtre Jean-Duceppe en 2001.
25 ans plus tard, Jean-Bernard Hébert réalise un rêve en remontant cette pièce dans une nouvelle traduction/adaptation de Michel Tremblay qui ne s’est pas gêné pour faire tout plein de clins à son propre univers tout en déménageant l’action à Iberville, patelin voisin du directeur artistique quand il était enfant. Celles et ceux qui auront vu l’adaptation cinématographique avec Shirley McLaine, Sally Field, Julia Roberts, Olympia Dukakis et compagnie ou même la ducepienne avec les légendaires Béatrice Picard, Françoise Faucher, Véronique Le Flaguais et Josée Deschênes ne pourront qu’être ravis de replonger dans l’univers à la fois comique et touchant de Harling (qui a aussi cosigné les scénarii de Soapdish, The First Wives Club et L’Étoile du soir, suite du grand film Terms of Endearment).

Au début de la pièce, on peut trouver qu’il y a des longueurs, que toute cette mise en situation avant de plonger dans l’histoire est un peu superflue, voire inutile. Mais c’est là toute l’intelligence du texte de Harling et de l’adaptation de Tremblay. Il faut s’attacher à ces femmes en apparence dépareillées avant de plonger avec elles dans tout ce qui s’ensuivra.
Bien que la mise en scène d’Alain Zouvi puisse donner l’impression qu’elle manque d’inventivité, il aurait été maladroit de tenter d’accoler une signature au spectacle. Le metteur en scène a plutôt choisi de diriger habilement ses actrices, toutes des comédiennes de talent qui brillent de tous leurs feux.

Autant on se régale des envolées comiques de Josée Beaulieu et de Nathalie Mallette, autant on apprécie leurs moments de douceur et leurs scènes plus touchantes. On ne s’étonne pas de l’interprétation magistrale de Louise Cardinal (une des meilleures comédiennes de sa génération) qui, toute en finesse et en subtilité, livre le cœur et l’âme de sa Louisette avec un doigté qui pourrait s’avérer une classe de maître si elle n’était pas si modeste. Quel bonheur de la voir jouer la mère de sa véritable progéniture, la comédienne Flavie Bourgeois, qui suit avec une beauté désarmante dans les traces de ses parents, elle qui incarne la fragile mais déterminée Shirley par qui le drame arrive.
Enfin, tout en étant épaté par la composition de Louise Deschâtelets en Claire (vraiment, je trouve que c’est un des meilleurs rôles qu’elle ait joué), on tombe absolument sous le charme de l’Anaëlle de Myriam Poirier, cette comédienne au talent fou, muse de Jean-Bernard Hébert, qui prend n’importe quel personnage à bras-le-corps et envoûte le spectateur sans qu’il ne la voit venir. Elle est tout simplement remarquable !
Comme d’habitude, Jean-Bernard Hébert ne lésine pas sur la qualité. Le décor de Jean Bard, les costumes de Marie-Lune Falardeau-Drolet, les perruques de Louis Bond et la musique de Christian Thomas nous replongent avec bonheur dans les années 1980.

Après Douze hommes en colère – succès fulgurant encore repris cet été -, Jean-Bernard Hébert marche encore dans les pas du grand Jean Duceppe (et ici, de son dauphin Michel Dumont) et frappe dans le mille avec Fleurs d’acier.
Fleurs d’acier de Robert Harling Traduction et adaptation québécoise: Michel Tremblay Mise en scène: Alain Zouvi Assistante à la mise en scène: Charlotte Ménard Avec Josée Beaulieu, Flavie Bourgeois, Louise Cardinal, Louise Deschâtelets, Nathalie Mallette et Myriam Poirier Conception Décor: Jean Bard Conception Costumes: Marie-Lune Falardeau-Drolet Conception musicale: Christian Thomas Conception Lumières: Marguerite Hudon Accessoires: Ghislain Gagnon Régie: Martin Émond Direction technique: Rémy Cloutier Les Productions Jean-Bernard Hébert Durée: 2h + un entracte Information et billetterie Rougemont: https://theatrederougemont.com/ Représentations: 2 au 26 juillet 2026 Salle Kingsey (Kingsey Falls)
30 juillet au 29 août 2026 Théâtre de Rougemont
12 et 13 septembre 2026 Le Patriote (Sainte-Agathe-des-Monts)
19 septembre 2026 Salle Alphonse-Desjardins (Saint-Georges-de-Beauce)
23 septembre 2026 Salle André-Mathieu (Laval)
3 octobre 2026 Théâtre Desjardins (LaSalle)
24 octobre 2026 Centre Culturel Desjardins (Joliette) 29 octobre 2026 Lac Mégantic
6 novembre 2026 Salle Georges-Codling (Sorel-Tracy)
7 novembre 2026 Pavillon de l’Île (Châteauguay)
14 novembre 2026 Salle Gilles-Vigneault (Saint-Jérôme)
20 novembre 2026 Salle Méchatigan (Sainte-Marie-de-Beauce)
23 novembre 2026 Théâtre du Centre communautaire (Lebel-sur-Quévillon)
24 novembre 2026 Théâtre du Cuivre (Rouyn-Noranda) 25 novembre 2026 Témiscaming
26 novembre 2026 Théâtre des Eskers (Amos)
27 novembre 2026 Théâtre Télébec (Val d’Or)
28 novembre 2026 Salle de spectacles Desjardins (La Sarre) 1er décembre 2026 Trois-Rivières
4 et 5 décembre 2026 Salle L’Odyssée – Maison de la Culture (Gatineau)
12 décembre 2026 Valspec – Salle Albert-Dumouchel (Salaberry-de-Valleyfield)
23 janvier 2027 Théâtre C (Saguenay) 26 janvier 2027 Rivière-du-Loup 27 janvier 2027 Salle Jean-Cossette (Amqui) 28 janvier 2027 Chandler 29 janvier 2027 New Richmond 30 janvier 2027 Sainte-Anne-des-Monts




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