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Cinéma: «Kanaval» d’Henri Pardo: À hauteur de Tinom

par Yanik Comeau (Comunik Média/ZoneCulture)


   Après le magnifique Hôtel Silence de Léa Pool, le cinéma québécois poursuit sa belle année – 2023 sera dure à battre, mais quand même… – avec le magnifique Kanaval, premier long-métrage de fiction du scénariste et cinéaste Henri Pardo qui a fait belle figure au Toronto International Film Festival l’été dernier (Meilleur Film Canadien et Meilleur Film BIPOC – Amplify Voices Award), qui enchaîne les festivals et qui sort enfin sur nos écrans de cinéma le 3 mai.



   Réalisateur et scénariste des documentaires Dear Jackie consacré à la légende du baseball Jackie Robinson et Afro Canada, une série télé, Henri Pardo propose une première fiction très personnelle, à la limite autobiographique, avec de magnifiques parcelles de fantastique. Kanaval raconte l’histoire du jeune Rico, superbement incarné par le petit Rayan Dieudonné qui porte le film de façon absolument redoutable pour un si jeune acteur, qui doit quitter Haïti avec sa mère Erzulie (brillamment interprétée par Penande Estime, une actrice puissante) en 1975 et apprivoiser une nouvelle vie au Québec après un arrêt à Chicago aux États-Unis. Dans son petit village québécois, Rico est aidé dans son adaptation difficile par une famille «adoptive», des aînés sans enfant, Albert et Cécile Cyr, interprétés avec beaucoup de sensibilité et de subtilité par Martin Dubreuil et Claire Jacques (qui forment un couple très touchant et crédible) et par Kana, un demi-dieu de la mythologie haïtienne qui prend la forme d’un enfant de l’âge de Rico et qui est magnifiquement joué par Tyler Epassy.



   Oscillant habilement entre le français, l’anglais et le créole, cette quête identitaire, tournée à hauteur d’enfant, du point de vue du petit Rico, nous permet une fascinante incursion dans l’univers haïtien au moment de la didacture. À l’instar de Rû, le récit initiatique de Kim Thuy, porté à l’écran par Charles-Olivier Michaud, Kanaval nous présente une autre belle histoire d’immigration, d’intégration à la culture québécoise.


   Tout de ce film est créatif et magnifique: le scénario, la direction photo, la direction artistique, la direction d’acteurs (Henri Pardo semble avoir un don particulier avec les enfants à la André Melançon), les effets spéciaux qui nous plongent dans le fantastique., la musique qui permet aussi un beau plongeon dans la culture haïtienne.


   On ne peut que souhaiter que Kanaval atteigne le succès qu’il mérite au box-office. Comme il a été partiellement financé par Netflix, on peut s’attendre à ce qu’il se retrouve éventuellement sur cette plateforme, mais souhaitons qu’il soit vu sur grand écran par le plus grand nombre parce qu’il s’agit d’un film grandiose.


   Chaudement recommandé.



Kanaval

Réalisation et scénario d’Henri Pardo

Interprétation: Rayan Dieudonné, Penande Estime, Martin Dubreuil, Claire Jacques, Tyler Epassy, Jean Jean, Hana Sofia Lopes, Sylvain Massé

Directeur-photo: Glauco Bermudez

Musique: Noah Sherrin

Montage: Marc Recchia

Production: Eric Idriss Kanago, Daniela Mujica

Maison de production: Yzanakio

Pays: Canada, Luxembourg

Distribution: Maison 4:3

En salle à partir du 3 mai 2024 (durée: 1h53)

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